Agents Très Spéciaux : Code U.N.C.L.E

[CRITIQUE] : Agents Très Spéciaux - Code U.N.C.L.E


Réalisateur : Guy Ritchie
Acteurs : Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Elizabeth Debicki, Luca Calvani, Hugh Grant, Jared Harris,...
Distributeur :Warner Bros. France
Budget : 75 000 000 $
Genre : Comédie, Action, Espionnage.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h57min.

Synopsis :
Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E. retrace l'histoire de l'agent de la CIA Solo et de l'agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s'engagent dans une mission conjointe : mettre hors d'état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l'heure, Solo et Kuryakin n'ont qu'une piste : le contact de la fille d'un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d'infiltrer l'organisation criminelle. Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire.



Critique :


Étrange destin que celui de l'adaptation ciné de la série culte The Man From U.N.C.L.E, un temps cornaqué par Steven Soderbergh avant d'être confié à Guy Ritchie par une major (la Warner) l'ayant jalousement couvé pour finalement le balancer à l'arrache en cette fin d'été ciné 2015.

Certainement que celle-ci avait senti de loin le flop de la chose au box-office, flop fort heureusement mineur vu le coup assez moindre (75M$) de ce blockbuster symptomatique du mal qui ronge Hollywood depuis plus d'une décennie maintenant.

Tout comme l'adaptation de Chapeau Melon et Bottes de Cuir en son temps (déjà produite par la Warner), Agents Très Spéciaux incarne l'exemple parfait de la modernisation improbable d'un produit vieillot mais référencé, visant non seulement à asseoir le statut bankable de ses interprètes vedette (Uma Thurman pour Chapeau, Henry Cavill, Armie Hammer et Alicia Vikander ici) tout autant que de combler un manque évident d'originalité et de fraicheur dans une production annuelle bourrée jusqu'à la gueule de suites, remakes, préquelles ou même reboots.


Pas forcément connu du grand public, la série Agents Très Spéciaux comptait l'histoire en pleine guerre froide, de deux agents secrets - un russe et l'autre américain -, faisant équipe pour lutter contre une pluie de méchants internationaux.
Un buddy movie d'espionnage des plus sympathique qui s'inscrivait dans la même veine que l'inestimable Amicalement Votre.

Le film de Ritchie suit la même intrigue mère, à savoir l’alliance forcée de l'agent de la CIA Napoleon Solo et de l'agent du KGB Illya Kuryakin contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral et de s'engager dans une mission conjointe : mettre hors d'état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l'heure, Solo et Kuryakin n'ont qu'une piste : le contact de la fille d'un scientifique allemand porté disparu, Gaby Teller, le seul à même d'infiltrer l'organisation criminelle.

Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire...


Après quatre ans d'absence mais surtout après deux opus de Sherlock Holmes divertissant mais inégaux, Guy Ritchie revient dans le game en pleine possession de ses moyens avec ce film de commande, une adaptation au potentiel énorme (la guerre froide traitée à la manière d'un buddy movie d'action comique et old school, difficile de faire plus bandant sur le papier) et très proche dans le ton du récent Kingsman de Matthew Vaughn (en moins barré).

Comédie d'espionnage simpliste et légère mais musclé et efficace s'intéressant à la formation de l'unité U.N.C.L.E (et ne s'épargnant pas d'annoncer en grande pompe les velléités de franchise de la Warner), The Man From U.N.C.L.E incarne sans conteste le blockbuster estival type dans toute sa splendeur, une bande au scénario convenu voir même assez prévisible (les grosses facilités du script sont assez voyantes et l'intrigue ne traite ses thèmes qu'en surface)  mais constamment contrebalancé par un second degré salvateur et un enthousiasme communicatif.

Maitrisé et ludique même si un peu chiche en action (et pas dénué de quelques longueurs non plus), la bande retranscrit intelligemment le contexte historique de l'époque (guerre froide, course à l'armement nucléaire) au lieu de bêtement modernisé son propos voir même son cadre, par ailleurs ici joliment rétro via une esthétique élégante et appliquée (des costumes aux décors, le cinéaste offre une plongée irréprochable dans le grand bain des 60's) que vient appuyer une mise en scène stylisée dans le pur style Richien - reconnaissable entre mille quoique ici un brin muselé - ainsi qu'une bande son jazzy énergique.


Dommage donc que Ritchie ne se soit pas montré plus ambitieux sur le fond dans cette hommage assumé aux premiers opus de 007, surtout que ses interprètes vedette, il est vrai pas forcément aidé par des personnages stéréotypés, offrent des prestations impliqués.

Armie Hammer (dont l'accent russe est bien le seul bémol) et Henry Cavill (dans un récital Bondiesque même si il ne ressemble pas du tout à un espion british) sont excellent et leur duo à une dynamique des plus convaincante (ils s'éclatent et cela se voit), les deux se tirant mutuellement dans les pattes de l'autre au sein d'une pluie de gags franchement réussis.

Mieux, la délicieuse Alicia Vikander - de plus en plus présente et c'est loin de nous en déplaire -, leur vole littéralement la vedette, envoutante dans la peau de l'unique (mais pas des moindres) atout charme du métrage.


Décomplexé, drôle et rarement sérieux, Agents Très Spéciaux est un divertissement sympathique et vintage certes loin du canon espéré (on lui préférera bien plus les deux OSS 117 d'Hazanavicius) mais suffisamment prenant et plaisant pour convaincre au sein d'un mois ciné de septembre qui avait bien besoin d'une séance aussi fun.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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