Chris Williams

[CRITIQUE] : Les Nouveaux Héros


Réalisateur : Don Hall et Chris Williams
Acteurs : avec les voix de Scott Adsit, Ryan Potter, Daniel Henney, T.J. Miller, Jamie Chung, Damon Wayans Jr, James Cromwell, Genesis Rodriguez,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : 165 000 000 $
Genre : Animation, Aventure, Action, Comédie, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h42min.

Synopsis :
Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…



Critique :

Force est d'admettre que la firme aux grandes oreilles aura pris son temps, depuis 2009 et le rachat de Marvel, pour pondre le fantasme de fan de son premier film d'animation impliquant des super-héros, et répondre aux Indestructibles du jadis ennemi - mais aujourd'hui membre de la même écurie - Pixar.

Mais quel intelligent timing que de sortir ces Nouveaux Héros pile poil un an après le raz de marée La Reine des Neiges, au sein d'un premier trimestre ciné 2015 sans grande concurrence (mis à part Bob l’Éponge, peut-être), tout comme les fêtes de fin d'année dernière ou il a fait plié un box-office totalement voué à sa cause - Les Pingouins de Madagascar étant étonnement boudés en salles.

Si sa " Pixarisation " de ces productions (Le Monde de Ralph) avait du mal à nous convaincre alors que son retour aux sources salvateur (La Reine des Neiges et Raiponce) nous avait joliment conquis, Disney prenait donc un petit risque (mais maitrisé, on est d'accord) en piochant dans son catalogue Marvelien pour parler à un public cible généralement masculin - comme le sympathique mais bancal Les Mondes de Ralph -, mais pas forcément connaisseur tant, à l'instar des Gardiens de la Galaxie, le comics Big Hero 6 ne parle décemment pas à tout le monde.


Les Nouveaux Héros donc, ou l'histoire d'Hiro Hamada, une jeune adolescent de quatorze ans surdoué et fasciné par le domaine de la robotique, tout comme son grand frère Tadashi, ingénieur en robotique.
Celui-ci lui propose d'ailleurs de mettre son savoir-faire à l'épreuve en intégrant son école, plutôt que de vulgairement le mettre en pratique dans des batailles de robots (dit " Bot Fight ").

Là-bas, il va faire la connaissance d’une petite équipe d’intellos composée de Fred Zilla, Honey Lemon, Gogo Tamago et Wasabi qui deviendront ses amis.
Mais surtout, il va faire la découverte de la grande invention de son grand frère, Baymax, un robot medical bibendum dont la fonction est de guérir les maux physiques des êtres humains.

A la suite d'événements terribles, Hiro va voir sa vie totalement bouleverser, et va vite devoir se lancer avec Baymax à sur les traces de Yokai, un mystérieux super vilain masqué chef d'un complot menaçant de détruire sa paisible ville high-tech de San Fransokyo...

Ce qui surprend agréablement à la vision de ce Big Hero 6 - titre en v.o -, outre son ton profondément asiatique (jusque dans les surnoms de l'équipe, Wasabi, Gogo Tamago...) et dopé à la culture manga dans son approche de la fibre héroïque (bon point pour investir encore un peu plus le marché nippon), fusion parfaite entre deux cultures (US et asiatique donc) qui trouve son paroxysme dans la gigantesque et crédible ville futuriste San-Fransokyo, c'est qu'il s'avère totalement indépendant du Marvel Cinematic Universe (même si quelques Avengers sont cités et que le légendaire Stan Lee a de nouveau droit à son caméo de choix).


Un choix fait par défaut mais pour le coup assez salvateur - même si le film a un cachet Marvel indéniable -, puisque la major a dut faire avec les soucis de la firme cher à Iron Man and co, et de ses droits éparpillées un peu partout à Hollywood (Sunfire et le Samouraï d’argent composent la team des anti-héros, mais les droits des personnages appartenant à la Fox, Disney a dut s'en passer), pour mettre en boite une adaptation propre du comics qui fera certainement tiquer les puristes, mais pas les spectateurs moins initiés que nous sommes.

Drôle juste ce qu'il faut, touchant, plus mature (pas de love-story ici, et une bande originale bien plus rock n' roll), coloré et épique, thématiquement riche (la quête de soi, l'adversité, la lutte contre la différence et les préjugés), l'intrigue traitant notamment du deuil et de la douleur face à la perte d'un être cher de manière poétique et avec une infinie justesse, mais également de la passion scientifique et u génie créatif qui mue aussi bien Hiro que son frère Tadashi; Les Nouveaux Héros est purement et simplement un bijou d'animation aussi intelligent qu'inspiré.

Motivé par un soucis du détail remarquable (que ce soit dans l'architecture poussé de San Fransokyo, ou la modélisation des personnages), jouant avec intelligence des passages obligés de toute quête initiatique super-héroïque jusqu'à un fabuleux climax, glorifiant les nerds en tout genre en en faisant les véritables héros de son histoire, le film cible logiquement les plus jeunes dans une sorte d'Avengers plus abordable et délirant que l'aventure signé Joss Whedon.

Mais pas uniquement, puisque l’œuvre de Don Hall et Chris Williams s'adresse également avec amour aux geeks et aux fanboys à coups de références appuyées à la pop culture et aux nouvelles technologie, mais aussi aux fans orphelins du studio Ghibli, Disney, bien consciente qu'une immense place dans l'animation mondiale est à prendre, vise souvent juste avec son nouveau hit animé, pour séduire le public de masse.


Reste que la péloche, même dans son infini qualité - on notera aussi une excellente B.O et une 3D du plus bel effet -, n'est pas exempt de quelques défauts dommageable, que ce soit au niveau de son script, balisé et fleurant un brin le déjà-vu, ou celui de ses seconds couteaux manquant un peu de consistance et de relief, tout autant d'ailleurs que le vilain principal (très Doc Octopus), dénué de tout charisme et cruellement absent à l'écran.

La faute, certainement, à la grande - et justifiée - importance apportée au traitement remarquable de la relation entre Hiro et Baymax, un lien très fort entre un jeune garçon et un robot, qui n'est pas sans rappeler celle entre le jeune Elliott et E.T. dans le chef d’œuvre de Spielberg (Intelligence Artificielle, et même l'esprit familial d'Amblin, ne sont d'ailleurs jamais très loin), mais aussi celle du merveilleux Le Géant de Fer de Brad Bird.

Leur duo fonctionne très bien, et ils portent sur leurs larges épaules la réussite du métrage, surtout Baymax, sorte de Bibendome Michelin/Sans-Visage du Voyage de Chihiro au grand cœur (son intelligence artificielle fait vite place à la compassion), véritable révélation du métrage qui crève littéralement l'écran à chaque apparition et auquel il est (très) difficile de ne pas s'attacher.

Logiquement toujours un petit cran en-dessous des productions Pixar et Warner (La Grande Aventure Lego, qui joue sur le même terrain de jeu et qui le bat sur tous les fronts) mais surtout des récentes pépites signées Dreamworks, le métrage n'en est pas moins une franche et solide réussite, un honnête et dynamique divertissement familiale finalement plus Akira que Iron Man, au capital sympathie imposant et savoureusement parsemé de quelques petites touches dramatiques et mélancoliques surprenantes.


Vivement Les Nouveaux Héros 2 donc pour que l'on puisse revoir très vite le duo-titre savoureusement attachant, mais également pour que Disney confirme pleinement la réussite de sa collaboration animée d'avec Marvel.

On est tout de même sur la bonne voie pour...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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