Anne-Sophie Lapix

[CRITIQUE] : Bon Rétablissement !


Réalisateur : Jean Becker
Acteurs : Gérard Lanvin, Jean-Pierre Darroussin, Fred Testot, Claudia Tagbo, Anne-Sophie Lapix,...
Distributeur : SND
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h21min.

Synopsis :
Suite à un accident, Pierre, la soixantaine, se retrouve cloué au lit avec une jambe dans le plâtre. Misanthrope au caractère bien trempé rêvant de silence et de solitude, voilà que le monde s’invite à son chevet. Il assiste alors impuissant à la valse quotidienne des médecins, infirmières et personnels hospitalier, puis de ses proches dont son frère Hervé. Au fil de rencontres inattendues, drôles ou touchantes, Pierre reconsidère certains a priori et pose sur les autres un regard différent. Et, contre toute attente, ce séjour à l’hôpital finit par ressembler à une renaissance…


Critique :

Force est d'admettre qu'il y a très rarement en salles chaque année, des péloches venant nourrir le genre de la comédie hospitalière.

Pire, c'est encore moins commun d'en trouver des remarquables et inoubliables.
Du coup depuis plus d'une décennie, tous les cinéphiles reportent leur culte sur le petit écran, avec des séries cultes aussi bien française - la sympathique et potache H - qu'américaine - la précieuse et regretté Scrubs.

Pourtant, bien conscient du terrain hautement casse-gueule que représente ce sous-genre de la comédie, deux péloches made in France vont tenter de redorer le blason du genre sur grand écran en cette rentrée 2014.
D'un côté Thomas Lilti avec son Hippocrate - présenté à Cannes et au Champs-Elysées Festival -, déjà dans les salles obscures depuis deux mercredi, et de l'autre le grand Jean Becker avec son attendu Bon Rétablissement !, en salles dès ce mercredi et dans lequel on espère y trouver un Gérard Lanvin des grands jours.


Becker ou l'un des derniers grands et incontournables cinéastes français, à la filmographie de péloches cultes longue comme le bras mais dont les derniers essais furent très loin d'égaler l'exception à laquelle il nous a si souvent habitué (La Tête en Friche oui, Bienvenue Parmi Nous moins...).

C'est d'ailleurs avec deux de ses collaborateurs habituels de ces dernières années - Marie-Sabine Roger et Jean-Loup Dabadie, déjà au script de La Tête en Friche -, qu'il nous revient avec cette comédie sous forme de huit clos en monde hospitalier pour le meilleur et pour le rire, et avec un casting indécent de talent.

Bon Rétablissement ! donc, ou l'histoire de Pierre, la soixantaine bien présente et qui, suite à un accident, se retrouve cloué au lit avec une jambe dans le plâtre.
Le bonhomme est un solitaire, un misanthrope au caractère bien trempé qui ne rêve que de silence et de solitude pour sa convalescence.
Le problème, c'est que tout le monde profite de l'occasion pour s'inviter à son chevet.

Il assiste alors impuissant à la valse quotidienne des médecins, infirmières et personnels hospitalier, des membres des forces de l'ordre puis de ses proches dont son frère Hervé.
Au fil de rencontres inattendues, drôles ou touchantes, Pierre reconsidère certains a priori et pose sur les autres un regard différent.
Et même mieux, contre toute attente, ce séjour à l’hôpital finit par ressembler à une renaissance pour lui...


Autant l'avouer tout de suite, si son casting et son affiche attisaient toutes les attentes de la part de cinéphiles étonnement surpris par la qualité des métrages hexagonaux depuis le début de cette rentrée (Hippocrate, Maintenant ou Jamais, Gemma Bovery et Saint Laurent, pour ne citer que), force est de constater que le nouveau film de Jean Becker est un divertissement efficace et mordant, mais il ne tient jamais vraiment toutes ses promesses, la faute à un rythme trop bancal et à une gestion des personnages assez maladroite.

Entièrement situé dans une chambre d'hôpital, Bon Rétablissement ! démarre sur les chapeaux de roues avec une première moitié hautement désopilante, ou s'enchainent les scènes et répliques comiques à un rythme soutenu, avant de peu à peu baisser le pied dans une seconde moitié moins équilibré, dont les longueurs et les lacunes se font (trop) souvent ressentir.
Avec une histoire aussi linéaire et une unité de lieu aussi restreinte, la moindre baisse de ton se paye cash, et encore plus quand la majeur partie des seconds couteaux peine à faire exister ses personnages.

Si Claudia Tagbo - l'une des comiques les plus sous-estimées de l'humour hexagonale sur grand écran -, y est désopilante en infirmière décontractée, et que le précieux Jean-Pierre Darroussin est excellent (quand ne l'est-il pas ?) dans la peau du frangin du héros, pour le reste en revanche, c'est moins glorieux, d'un Fred Testot transparent en flic ou même la journaliste Anne-Sophie Lapix qui, justement, est bien meilleure journaliste qu'actrice.

Reste que Jean Becker a plus d'un tour dans son sac pour redresser la barre, notamment sa maestria niveau mise en scène (théâtrale et maitrisée) mais avant tout et surtout un immense Gérard Lanvin devant la caméra, et inutile de dire que quand l'acteur est en forme et inspiré, il peut porter aisément un film sur ses larges épaules.



Dans la peau du malchanceux Pierre, il est d'une justesse remarquable, faisant oublier ses récents choix discutables (Angélique quoi), et prouvant une fois de plus si besoin était, qu'il est l'un des caméléons les plus talentueux de l'histoire du septième art français.
Rien que pour sa rencontre avec Becker - qui réalise sans doute ici, l'un des si ce n'est son dernier film -, le long métrage vaut à coup sur son pesant de popcorn.

Offrant une vision réaliste du milieu hospitalier, certes moins " de l'intérieur " que le récent Hippocrate de Thomas Tilti,  mais suffisamment impliqué pour comprendre la vie des équipes médicales qui nourrissent son quotidien, souvent drôle, émouvant et juste mais péchant lourdement dans la maitrise de son rythme, Bon Rétablissement ! est une comédie sympathique et efficace, qui se hisse sans forcer dans le haut du tableau des meilleurs essais du genre cette année, joliment plus florissante que les précédentes.

Qu'on se le dise, face au ton très sérieux des sorties majeurs de la semaine (Un Homme très Recherché, Sin City : J'ai Tué pour Elle) et de celle à venir (Get on Up, Saint Laurent, Avant d'Aller Dormir), un petit écart aussi léger et captivant ne peut être que salvateur pour tous les cinéphiles et spectateurs amateurs de bon gout...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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