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[CRITIQUE] : Transformers : l'Age de L'Extinction


Réalisateur : Michael Bay
Acteurs : Mark Wahlberg, Nicola Petz, Jack Reynor, Stanley Tucci, Kelsey Grammer,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : 210 000 000 $
Genre : Action, Science-Fiction.
Nationalité : Américain et Chinois.
Durée : 2h46min.

Synopsis :
Quatre ans après les événements mouvementés de "Transformers : La Face cachée de la Lune", un groupe de puissants scientifiques cherche à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie.
Au même moment, un père de famille texan, Cade Yeager, découvre un vieux camion qui n’est autre qu’Optimus Prime. Cette découverte va lui attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer les Transformers. Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Décepticons refait surface…



Critique :

Depuis toujours, le cinéma de Michael Bay s'est vu caractérisé par un fort penchant pour les effets pétaradants et bigger than life, une anthologie de la destruction en plusieurs tomes qui si elle était fortement jouissive un temps, s'est vu devenir méchamment éreintante à l'aube de son attachement à la franchise Transformers - outre son excellent écart (rachat auprès des cinéphiles ?) de conduite sur le délirant No Pain No Gain.

Si le troisième opus, Transformers : La Face Cachée de la Lune, s'était avéré être un meilleur divertissement que le second film, La Revanche (que l'on peut résumer en trois phases : gros plan sur la plastique de Megan Fox - explosions - gros plan sur la plastique de Megan Fox), il provoqua en revanche, plus d'un bâillement face à son final interminable - plus de quarante-cinq minutes -, et son accumulation un poil abusif, de destructions réellement massives.

Tourné justement pile poil après No Pain No Gain et avec toujours en vedette l'excellent et baraqué Mark Wahlberg, on était en droit donc d'espérer que ce reboot/suite à la nécessité discutable, soit un poil plus éloigné des tics habituelles du cinéma du bonhomme, sachant que pendant un temps, il avait émis l'idée de passer à autre chose.
Exit Shia LaBoeuf bonjour Wahlberg et les Dinobots, exit Megan Fox et bonjour Nicola Peltz (la même mais en blonde) mais in fine - et malheureusement -, pas exit le Bay style super bourrin.


Car si Transformers : l'Age de l'Extinction est un divertissement encore plus jouissif que ces trois petits ainés, et qu'il repousse encore plus loin le standard du blockbuster imposant et impressionnant, il démontre surtout une fois de plus, les limites de la méthode Michael Bay de moins en moins défendable avec le temps, tant ses délires du toujours plus grand, toujours plus long, toujours plus spectaculaire, toujours plus cher et étonnement toujours plus rentable, frise lourdement avec l'agacement général.

Bigger, faster, stronger but not better anymore...

Cinq ans après les événements mouvementés de Transformers : La Face cachée de la Lune, un groupe de puissants scientifiques cherchent à repousser, via des Transformers, les limites de la technologie.
Au même moment, un père de famille texan inventeur raté et fauché, Cade Yeager, découvre dans un vieux cinéma abandonné, un vieux camion qui n’est autre qu'Optimus Prime.
Cette découverte va lui attirer les foudres d’un certain Savoy, dont le but est d’éliminer tous les Transformers.

Pendant ce temps, le combat entre les Autobots et les Decepticons refait surface…


S'inscrivant dans la droite lignée des précédents opus tout en les dépassant clairement de la tête et des épaules (même si dans le fond, le premier opus reste le plus plaisant et moins abrutissant de tous), L'Age de l'Extinction épouse donc indubitablement toutes leurs tares, à savoir un scénario méchamment fantomatique, qu'une multitude de sous-intrigues et de méchants (en gros, le charismatique chasseur de prime Lockdown - proprement viré au bout d'une heure avant de revenir pour le final -, Galvatron à l'arrivée expédiée, un sous-Steve Jobs et la CIA quoi) balancées sans grandes convictions, peine à en masquer les (grosses) faiblesses.

Tournant en rond depuis le second métrage, la franchise semble ne plus rien avoir de bon à raconter et cela se sent très vite, trop même, au point que la lassitude guète le spectateur dès les premières incohérences.
Encore une fois ici, les méchants robots en veulent aux gentils et nous nous retrouvons incompréhensiblement encore de nouveau en plein milieu de leur gué-guerre, toujours aussi impuissant, même si les enjeux montent d'un cran et que la survie de l'humanité est également dans la balance.

Certes, la franchise Transformers n'a jamais véritablement brillée pour ses scénarios, mais se borner à calquer plus ou moins la même recette (efficace et facile) et le même pitch sur quatre épisodes, cela force évidemment avec la fainéantise pure et simple, tant aucune franchise à l'heure actuelle, semble autant se rebooter à chaque film.

Ici, la seule véritable différence avec les autres films, outre un prologue et une première heure vraiment maitrisée - la moins pétaradante des presque trois heures, et la plus joliment terre-à-terre -, ainsi qu'un arc intéressant focalisé sur Optimus Prime (en une sorte de vétéran de guerre abandonné qui doit retrouver foi en l'humanité), c'est la petite bouffée d'air frais incarnée par un changement radical du cadre - la Californie luxueuse laisse sa place au Texas et sa réalité sociale - et du casting titre.


Dit casting attachant mais qui se trouve au final presque tout autant perdu dans la bataille que le précédant, des causes d'un enchainement de dialogues creux et de personnages au manque de profondeur flagrant (même si la relation père/fille/petite ami, au cœur du récit, est un chouia bien croqué, recyclage évident de la dynamique d'Armageddon), tout juste - ou presque - voués à être sexy et glamour.

Mark Wahlberg fait (très bien) ce qu'il peut pour paraitre crédible dans la peau du paternel/inventeur fauché et surprotecteur mais au cœur gros comme ces biceps, tandis que le charismatique Jack Reynor fait le job en beau gosse conducteur de rallye, histoire de s'offrir un petit statut de bankable à Hollywood et de pouvoir par la suite, espérer réellement démontrer ses talents de comédiens (ce qui sera vraisemblablement le cas dans le premier long de Casey Affleck, ou il tiendra la vedette).

Et si Nicola Peltz joue à merveille les belles plantes bien mois sotte qu'elle en a l'air, en revanche, on ne peut qu'être enthousiaste face au jeu délirant d'un Stanley Tucci en forme et en complet roue-libre, tout comme John Turturro sur la précédente trilogie, mais en nettement plus supportable.

Sans scénar (merci encore Ehren Kruger) et avec un argument de vente (les Dinobot, qui n'apparaissent qu'à la fin et ne servent pas à grand chose) tronqué, la vision de cet Age de l'Extinction ne vaut donc finalement que pour son exagération visuelle, qui tient tout simplement du jamais vu auparavant de la part d'un Bay qui fait, il est vrai, preuve encore une fois d'une maitrise incroyable dans l'excès sans limite.


N'y allant jamais par le dos de la cuillère, le génie visuel over the top se fait sacrément plaisir (surtout dans son climax) dans la débauche de moyens technique, accouchant de scènes proprement hallucinantes (Optimus Prime chevauchant Grimlock vs un vaisseau alien/aimant en plein Pékin, ça vaut son pesant de popcorn), des courses-poursuites épiques et d'excellents moments de bravoures qui pourraient pleinement suffire aux cinéphiles si le tout ne paraissait pas souvent, difficile à suivre - la 3D décevante n'aidant pas non plus à la lisibilité.

Car pire que d'en prendre plein les mirettes dans un délire purement fun, c'est de se voir mitrailler les rétines pendant plus de deux heures sans forcément pouvoir réellement suivre tout ce qu'il nous est montré.
Et c'est bien là que réside au final le plus grand défaut du film, cette surenchère abusive, ce trop-plein affreusement lassant sur la durée.

D'ailleurs, comme pour La Face Cachée de la Lune, Bay aurait clairement pu tailler dans le gras (notamment dans un dernier tiers annonçant dans les grandes largeurs un cinquième opus d'ores et déjà officialisé par la Paramount pour 2016) et ôter une bonne petite demie heure à ses deux heures quarante-cinq d'enchainements de déflagrations et de combats titanesques au dosage pyrotechnique démesuré

Assourdissant, patriotique (c'est du Bay), mal rythmé, overdosé aux CGI et aux placements de produits (comme dans les deux précédents opus, enfin surtout La Face Cachée de la Lune, on ne voit que ça, parce que c'est qu'il faut les rentabiliser ces productions-là...), brouillon, sans enjeux aussi bien narratif que dramatique mais bien moins alambiqué que les opus 2 et 3, porté par un Wahlberg qui fait un bien fou à la franchise en tant que Vrai héros, un enrobage fun, une sublime photographie, un manque salvateur de scènes hors sujet (genre celles de Ken Jeong dans le troisième film) et un humour plus enfantin et moins lourdingue sans pour autant paraitre plus adulte (malgré la jolie relation familiale en son centre), l'Age de l'Extinction est un immense délire crétin et éreintant, à l'énormité jouissive et face auquel on serait certainement moins clément si il ne venait pas des mains du pape de la destruction Hollywoodienne.


Bref, pour avoir une suite à la hauteur du Transformers premier du nom et non une grosse pub outrancière sur grand écran, plus iconique que réaliste, on repassera donc, mais certainement sans Bay à la baguette (on l'espère pour lui), le bonhomme semblant seulement s'intéresser ici, à filmer des segments pétaradant et spectaculaire, sans forcément chercher à les lier entre eux.

Qui sait, peut-être que dans le fond, lui aussi est lassé de la franchise qu'il a lui-même si bien popularisé...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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