Anne Heche

[CRITIQUE] : Arthur Newman


Réalisateur : Dante Ariola
Acteurs : Colin Firth, Emily Blunt, Lucas Hedge, Anne Heche,...
Distributeur : Mars Distribution
Budget : -
Genre : Drame, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min.

Synopsis :
Wallace Avery ne supporte plus sa vie. Divorcé et insatisfait en amour, il a même laissé la distance s’installer entre lui et son fils. Il opte alors pour une solution radicale : il met en scène sa propre mort, s’achète une nouvelle identité – Arthur Newman – et met le cap sur son paradis personnel – Terre Haute dans l’Indiana – où il espère pouvoir devenir golfeur professionnel. Car pour avoir droit à une deuxième chance, Wallace estime qu’il lui faut se glisser dans la peau de quelqu’un d’autre. Mais ses plans sont remis en question quand il croise la route de Michaela Fitzgerald qu’il découvre sans connaissance au bord de la piscine d’un motel. Tandis qu’elle met deux heures à comprendre qui se cache derrière «Arthur Newman», il faut bien plus de temps à Wallace pour percer à jour la véritable identité de la jeune femme… Peu à peu, ces deux êtres qui tentent désespérément de changer d’identité s’accepteront tels qu’ils sont et s’éprendront l’un de l’autre… 





Critique :

Immense bide au box-office US lors de sa sortie l'an dernier (bide n'est même pas le mot puisqu'il a glané à peine 300 000 $ de recettes sur toute son exploitation...), Arthur Newman débarque dans nos salles obscures cette semaine avec une réputation un peu foireuse de péloche distribuée - trop - sur le tard et dont on ne sait pas vraiment trop quoi faire puisqu'on ne croit pas réellement en elle au fond.

Un comble quand on sait que les deux rôles vedettes sont campés ni plus ni moins que par l'oscarisé Colin Firth - qui oscille entre le remarquable et le passable depuis qu'on lui a décerné sa statuette - et la sublime Emily Blunt, dont il nous tarde de voir sa jolie plastique jouée les bouteuses d'aliens dans l'attendu blockbuster SF Edge of Tomorrow de Doug Liman.

Pourquoi un tel échec cuisant ?
Peut-être parce que, même si son casting a de quoi attirer les cinéphiles les plus endurcis (et le mot endurcis et savamment choisit en pensant à madame Blunt), le film ne fait que conter un thème raconté mille fois mieux ailleurs : le road trip initiatique.


Arthur Newman ou l'histoire de Wallace Avery, qui ne supporte plus sa vie, tout simplement.
Divorcé et insatisfait - comme beaucoup - en amour, il a même laissé la distance s’installer entre lui et son fils.
Et histoire de changer sa condition qui le pèse toujours un petit peu plus chaque jour, le bonhomme opte alors pour une solution on ne peut plus radicale : il met en scène sa propre mort, s’achète une nouvelle identité – Arthur Newman – et met le cap sur son paradis personnel – Terre Haute dans l’Indiana – où il espère pouvoir devenir golfeur professionnel, rien que ça !

Car pour avoir droit à une deuxième chance dans la vie, Wallace estime qu’il lui faut se glisser dans la peau de quelqu’un d’autre et oublier celle dans laquelle nous avons jusqu'alors, vécue.
Mais son habile plan est remis en question quand il croise la route de Michaela Fitzgerald, qu’il découvre sans connaissance au bord de la piscine d’un motel.
Tandis qu’elle met deux heures à comprendre qui se cache derrière « Arthur Newman », il faudra bien plus de temps à Wallace pour percer à jour la véritable identité de la troublante jeune femme.

Mais peu à peu, ces deux êtres qui tentent désespérément de changer d’identité s’accepteront tels qu’ils sont et s’éprendront l’un de l’autre...

D'une trame très classique, peu révolutionnaire dans un genre traité de toutes les manières possibles ou presque, Arthur Newman, à l'image de son personnage principal, prend son temps pour se construire, pour dévoiler sa trame loin d'être complexe, mais qui a le mérite d'user pleinement du sentiment d'errance, de dérive qui habite chacun de ses protagonistes titres.



Hypnotique, peu bavard, à l'émotion sincère, le film est une touchante chronique sur ses âmes bousillées de l'intérieur, infiniment malheureuses dans leur vies de tous les jours et qui ont besoin de fuir la dureté de leur existences pour mieux y (et) survivre, pour mieux lutter face à une solitude et une détresse constante qui les menace - presque - constamment de commettre l'irréparable.

Avec une nouvelle identité comme roue de secours, comme porte de sortie, ils se disent que tout reste encore possible dans un pays de l'Oncle Sam ou il n'est pas si difficile de disparaitre et de se fondre pour tout recommencer à zéro, et oublier son passé.

Autant réflexion loin d'être anodine sur une Amérique individualiste et dépressive - et loin d'être aussi idyllique que le vend son foutu rêve -, que romance existentielle et réaliste ou les deux héros - qui font fit des nombreuses années qui les séparent - puisent dans les faiblesses de l'autre pour en faire des forces qui les poussent à se dépasser et vivre enfin une vie qu'ils se croyaient pourtant interdit de gouter, Arthur Newman vaut surtout pour le duo fort attachant et empathique crée par Emily Blunt et Colin Firth, à l'alchimie mélancolique salvatrice.

Lui, est touchant en père divorcé qui n'a jamais eu la force de trouver les mots justes à dire à son fils, et qui n'a plus la force de lutter contre sa dépression au point même de simuler sa propre mort pour y faire enfin face.
Elle, est lumineuse - malgré ses nombreuses larmes - en jeune femme terrorisée à l'idée d'être frapper par une démence congénitale ayant déjà touchée sa mère et sa sœur.
A leur côté, il serait injuste de ne pas mentionner d'ailleurs la composition tout en retenue de la sublime Anne Heche en femme jamais réellement aimée ni désirée par son ancien amant.


Entre péloche bancale, calibrée pour les oscars et bande honnêtement et profondément indépendante -rappelant parfois le merveilleux Sur la Route de Madison pour son troublant réalisme -, tronqué malheureusement par un manque de rythme flagrant et une certaine répétitivité aussi bien dans ses scènes que dans son ton lancinant (paraissant étouffant sur la longueur), Arthur Newman n'est pas le drame ni même la romance de l'année, mais la sincérité de son propos et de sa mise en scène en fond un joli petit moment de cinéma classique mais sympathique.

Une quête identitaire sur fond de recherche de l'harmonie aussi bien avec soit même que sa propre existence, qui si elle est prévisible et manque franchement de profondeur et d'envergure, a au moins le mérite de faire vivre ses personnages et de rendre le plus crédible possible, leurs émotions.

Évidemment, tous ceux qui ne sont pas insensiblement au charme ravageur de la belle Emily Blunt (dont moi), passeront sensiblement un meilleur moment que les autres...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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