Aaron Eckhart

[CRITIQUE] : Divergente

 

Réalisateur : Neil Burger
Acteurs : Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet, Aaron Eckhart, Miles Teller, Zoe Kravitz, Ray Stevenson, Jai Courtney, Maggie Q, Ashley Judd,...
Distributeur : SND
Budget : 85 000 000 $
Genre : Science-Fiction, Action, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h19min.

Synopsis :
Tris vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq clans (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels). À 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitude n’est pas concluant : elle est Divergente. Les Divergents sont des individus rares n’appartenant à aucun clan et sont traqués par le gouvernement. Dissimulant son secret, Tris intègre l’univers brutal des Audacieux dont l’entraînement est basé sur la maîtrise de nos peurs les plus intimes.




Critique :

On le sait, les franchises Twilight et Harry Potter ne sont plus présentes dans le paysage du septième art actuel, quoique pour le second, sa résurrection est plus ou moins, actuellement en route.

Du coup, depuis quelques années maintenant, le jeu à la mode à Hollywood et auquel toutes les grosses majors - ou presque -, s'adonnent en se tirant salement la bourre, c'est le jeu du " qui qui c'est qui leur trouvera un successeur littéraire solide et franchisable ", capable de faire plier le box-office et d'autant faire pleuvoir les billets vert.

Mis à part Lionsgate et son pari fructueux Hunger Games - qui il est vrai, boxe dans une catégorie bien plus qualitative que celle des aventures guimauves de Bella et de son vampire brillant -, le constat est sans appel : toutes les majors se sont méchamment vautrées la gueule.

Aucune n'a réussit à trouver sa nouvelle poule aux œufs d'or et pire même, le cinéma fantastique pour ados boutonneux commence sérieusement à entamer son déclin, mort qu'il s'est auto-infligé en répétant inlassablement son recyclage abusif du peu d'idées originales qu'il a pu avoir sous la main.


Des clones de la franchise littéraire et cinématographique des aventures de Katniss et Peeta, Divergente en est certainement le plus populaire, mais surtout le plus étrangement semblable.
Loin de nous l'idée de critiquer son auteure, Veronica Roth, mais tout de même, le pitch centrale voyant une jeune ado rebelle se liguer contre la dictature qui régie son monde, tout en tombant in love d'un de ses compagnons de combat, le tout dans un univers d'anticipation un poil futuriste, c'est, en gros, une caractérisation dans les grandes largeurs d'Hunger Games.

Fort heureusement, Divergente n'est pas uniquement que cela, et il est honnête d'avouer que sa mythologie est plus fouillée qu'elle n'y parait.
Le monde décrit dans ce nouveau phénomène de la littérature pour jeunes adultes, y est une dystopie, à savoir une version futuriste et post-apocalyptique d'un Chicago ravagée.
La société est divisée en cinq factions auxquelles les valeurs humaines y sont fermement attachées : les Audacieux, les Erudits, les Altruistes, les Sincères et les Fraternels.

Chaque année, tous les jeunes âgés de 16 ans participent à la Cérémonie du Choix, ou ils doivent choisir leur appartenance à une faction pour le reste de leur vie.
C'est là que Beatrice " Tris " Prior, née et élevée parmi les Altruistes, décidera pourtant de rejoindre les Audacieux, et ainsi de couper les ponts aussi bien avec sa faction que les membres de sa famille.
Mais très vite, elle découvrira qu'elle est une Divergente, soit des individus n'appartenant à aucun clan, et considérer comme dangereux par un gouvernement qui les traque sans relâche.

En passant le dur entrainement de l'initiation des Audacieux, elle va devoir cacher son secret pour ne pas être en danger, mais surtout, elle va devoir également déjouer un terrible complot...



Passé l'inévitable jeu des sept différences avec un Hunger Games dont il n'atteindra jamais l'excellence, force est d'admettre que la vision de Divergente laisse une impression mi-figue mi-raisin dans la bouche de tout cinéphile un minimum endurcis, là ou il semble pourtant faire l'unanimité sur le public lambda outre-Atlantique, vu son joli carton au box-office ces dernières semaines.
Si la richesse de l'univers SF déployé durant plus de deux heures est très impressionnant, en revanche côté réalisation, on tombe limite plus bas qu'un téléfilm de luxe, pompant allégrement à ce que le genre à fait de mieux durant les trois dernières décennies (Matrix surtout).

On appréciait bien Neil Burger jusqu'à présent (les très sympas Limitless et l'Illusionniste) mais ici, le lascar irrite salement notre rétine, via une mise en scène foutrement fade, des décors palots aux effets visuels minimalistes - même l'action y est mal dosée -, sans oublier une photographie au rabais et des costumes manquant cruellement d'inventivités - chaque faction à son propre code vestimentaire, au point que l'on se croirait limite dans The Warriors, la violence en moins.

En moins oui, car comme pour le 1er Hunger Games (et heureusement pas le 2nd), celle-ci est totalement aseptisée - les morts sont tous hors-champ - histoire de ne pas choquer nos petites têtes blondes et la critique/censure bien pensante, pour mieux racoler en masse dans les salles.
Un comble quand la base même de l'histoire, évoque la rébellion face au totalitarisme et au fascisme...

Un style visuel artificiel fortement mou et discutable, qui s'avère in fine nettement plus défendable que le script, alignant tous les défauts du genre dans un mélange foutraque dénué de toute idée puissante et originale.


Simpliste à outrance, bourré d’approximations et d'incohérences, manquant de partis-pris et parcourut de personnages caricaturaux à la limite du ridicule, Divergente s'étire dangereusement sur la longueur pour mettre en place son histoire, histoire qui ne transcende d'ailleurs jamais les thèmes joliment aguicheur que promettait le roman, à savoir le brutal passage à l'âge adulte (via le rite initiatique de la Cérémonie du Choix notamment), l'éveil à la sexualité, l'apologie de la différence et du libre arbitre dans une société contre l'émancipation et prônant le conformisme (c'est dangereux d'être différent, blablabla...).
Pire, le tout semble finalement totalement se focaliser sur la relation amoureuse entre Tris et Four, plutôt confuse et mal amenée, que sur l'évolution de l'héroïne, manquant d'intensité...

Du coup, difficile de ne pas comprendre que la bande manque en crédibilité de tout son long, et ce n'est pas le jeu des acteurs pourtant exceptionnels, qui la sauvera du naufrage.
Si on se demande bien ce que Kate Winslet vient faire ici - même si elle est remarquable de froideur en méchante Jeanine Matthews -, Shailene Woodley elle, est excellente en Tris, personnage très intéressant même si elle n'est pas réellement aidée par des dialogues bourrés jusqu'à la gueule de punchlines ridicules.

Portant la péloche sur ses larges épaules, elle offre une composition naturelle, impliquée et sincère dans un rôle dont il est difficile de ne pas s'identifier un brin, malgré la folle légèreté de sa caractérisation.
A ses côtés, Theo James rend plus ou moins les coups avec conviction, tandis que Miles Teller fait ce qu'il peut pour donner du relief à un personnage de tête-à-claque (comme pour Shailene, on les préfère ensemble dans le sublime The Spectacular Now), et que le beaucoup trop rare Tony Goldwyn nous rappelle au bon souvenir de son talent et de son charisme.

Manquant cruellement de fond et de maitrise là ou son propos et sa facture plutôt justes, paraissaient un minimum prometteur durant son imposante campagne promotionnelle, Divergente est une déception bourrée de défauts et jouant beaucoup trop la carte de la facilité et de la simplicité malgré quelques petits points positifs (le casting, la b.o. démente) non-négligeable.


On pourrait imputer tout cela à une volonté de vouloir inscrire le film comme une œuvre de mise en place pour la suite, tel un premier film pilier dont le second opus gommerait la majeure partie des défauts, comme Hunger Games d'ailleurs.
Mais à la différence des aventures de Katniss, celles de Tris semble (trop) majoritairement motivées par un objectif purement commercial plus qu'autre chose.

Et si les ados n'y verront que du feu, face à un vrai public de cinéphiles, de tels ambitions ne se verront pas digérer aussi facilement...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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