Brick Mansions

[CRITIQUE] : Brick Mansions


Réalisateur : Camille Delamarre
Acteurs : Paul Walker, David Belle, RZA, Gouchy Boy,...
Distributeur : EuropaCorp Distribution
Budget : -
Genre : Action.
Nationalité : Français, Canadien.
Durée : 1h38min.

Synopsis :
Détroit, 2018. Damien, policier expert en arts martiaux, est chargé d'infiltrer le dangereux ghetto de Brick Mansions. Sa mission : neutraliser une arme de destruction massive détenue par le gang de Tremaine, qui règne sur les lieux. Pour ce faire, Damien devra faire équipe avec Lino, un habitant du quartier qui connaît la banlieue comme sa poche… mais qui a surtout une affaire très personnelle à régler avec Tremaine.



Critique :

Dire que le remake US - tout en étant bien français dans sa production - de Banlieue 13 était foutrement attendu, est un doux euphémisme tant la petite série B produite et scénarisé par Luc Besson himself, incarne à elle seule le virage productif simpliste et peu qualitatif, entreprit par Europa Corp sur la décennie écoulée.

Plus encore que les franchises Taxi et Transporteur, B13 pondu il y a pile poil dix piges (anniversaire coïncidence ?) fut le véritable fer de lance des films d'action made in Europa Corp, des Go Fast au Colombiana en passant par From Paris With Love, balancés à la vas-y comme jte pousse dans les salles obscures, en mode " je pars au chiottes, jte ponds un bon concept et j'en chies dix calques en cinq minutes ".

Consciemment bourrés de défauts - un jeu d'acteurs aussi mauvais ne peut pas s'improviser -, la péloche n'en restait pas moins foutrement attachante dans son hommage à peine masqué, au New-York 1997 de l'immense John Carpenter, et aux prods musclées et décomplexées " à l'américaine ", simplistes mais pétaradantes, qui faisait la gloire des 80's.
Mieux, elle restait même - à l'instar de sa suite -, comme l'une des plus efficaces produites par Besson, avec Taken (Neeson Forever !!!), également réalisé par Pierre Morel.


Difficile donc de ne pas admettre qu'un ravalement de façade façon encore plus US style, avec un Vrai casting de talents et un Vrai décor de ghettos comme on les compte à la pelle dans le pays de l'oncle Sam (même si le tout est tourné à Montréal, chut !), ça avait de quoi faire méchamment triqué son cinéphile amoureux de cinéma burné.

Un sentiment d'impatience malheureusement décuplé par mille depuis le décès de feu le regretté Paul Walker, catapulté vedette aux côtés du toujours présent David Belle.
Une disparition brutale qui ajoute un parfum encore plus " spécial " à ce remake, puisqu'il est officiellement la dernière composition complète de l'acteur, sachant qu'il n'avait pas pu pleinement tenir son rôle dans le septième opus de la franchise Fast and Furious.

Alors tant pis si cette version 2.0 est calqué à outrance sur l'original (des plans aux dialogues !), tant pis si, au lieu d'avoir engagé un metteur en scène chevronné, Besson s'est borné à offrir le tout une fois encore, à l'un de ses yes man, Camille Delamarre (monteur sur Transporteur 3, Colombiana et Taken 2, dont c'est ici le premier long), Brick Mansions est avant tout et surtout, une œuvre nostalgique pour tous les fans du Paulo, un hommage involontaire mais vibrant à l'un des visages les plus sympathiques du cinéma d'action ricain.

Côté pitch donc, on reprend presque les mêmes et on recommence.


Dans un monde plus ou moins futuriste puisque l'histoire se déroule en 2018, on suit à Détroit, l'histoire de Damien, policier expert en art martiaux, qui se voit confier une mission d'infiltration au sein du plus dangereux ghetto de la cité, Brick Mansions.
Sa mission : neutraliser une arme de destruction massive détenue par le gang de Tremaine, qui règne sur les lieux.

Pour ce faire, Damien va devoir faire équipe avec le bondissant Lino, un habitant du quartier qui connait la banlieue comme sa poche, et qui a justement une affaire très personnelle à régler avec Tremaine...

Côté originalité donc vous l'aurez compris, Brick Mansions ne vole pas très haut, et tout comme l'original, c'est ce qui en fait instinctivement sa plus grande qualité, puisque débarrassé de toute futilité scénaristique encombrante pour ce genre de production, le métrage n'a plus qu'à se focalisé pleinement et uniquement sur son but ultime : en mettre le plus possible plein la poire à son spectateur pendant un tout petit peu moins d'une heure et demie.

Esthétiquement plus travaillé, plus rythmé et nerveux mais surtout bourré jusqu'à la gueule de scènes d'actions toute plus réussites et spectaculaires les unes que les autres, le film de Camille Delamarre, à défaut d'être surprenant pour qui a vu l’œuvre originale, transcende tous les bons points de celui de Pierre Morel, pour en faire un divertissement total plus efficace et cohérent.


Dommage cependant, que la mise en scène de Delamarre n'investisse pas plus en profondeur le cadre bouillant et précaire de la ville de Détroit, capable à elle seule de décupler la tension du métrage.

Énergique, époustouflant, plus électro que rap dans sa B.O. à la différence du premier et film - et malgré la présence de RZA dans les rôles-titres -, parfois ridicule dans sa caractérisation des personnages (la tigresse SM qui accompagne Tremaine, parait pourtant moins ridicule que la majeur partie du cast original), mais honnête dans sa volonté de mélanger humour, cascades réelles et CGI pas trop dégueulasse, Brick Mansions ne se prend jamais au sérieux et emporte surtout la donne grâce à ses deux rôles vedettes, David Belle et Paul Walker, physiquement impliqués dans l'aventure.

Le premier, la quarantaine approchant, parait plus jeune que jamais et repousse encore plus loin les prouesses physiques qu'il nous avait offert dans B13 et sa suite tandis que le second, habitué des séries B explosives, y est d'un charisme ravageur.

Si il ne trouve pas ici le meilleur rôle de sa carrière (sa composition dans le mésestimé La Peur au Ventre reste un bon cran au-dessus), il n'en est pas moins infiniment convainquant, et compte tenu de la réalité douloureuse de sa disparition, le voir déambuler sur presque tous les plans, pendant près d'une heure trente, est tout aussi troublant qu'émouvant à vivre.


Ce qui pourrait passer pour un acte de fainéantise et mercantile à l'extrême de la part d'un producteur qui ne tente même plus de dissimuler l'aspect limitée de ses productions, s'avère en fait un habile moyen de bonifier une histoire certes bourrés de défauts, mais suffisamment divertissante et réjouissante pour contenter tout cinéphile un minimum sensible au cinéma d'action.

La présence du Paulo ajoute même une plus-value indéniable, maintenant on aurait quand même du mal à dire amen à Besson, pour qu'il produise un pelleté de remakes de ses autres prods, même si dans le fond, les séries Taxi Brooklyn et Transporteur sont déjà de sortes de remakes masqués...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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