C'est la Fin

[CRITIQUE] : This is The End


Réalisateur : Seth Rogen et Jay Baruchel
Acteurs : Seth Rogen, Jay Baruchel, James Franco, Jonah Hill, Danny McBride, Craig Robinson, Emma Watson, Michael Cera, Jason Segel, Rihanna,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : 32 000 000 $
Genre :  Comédie, Fantastique.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h47min.

Synopsis :

Invités à une fête chez James Franco, Seth Rogen, Jonah Hill et leurs amis sont témoins de l'Apocalypse.



Critique :

Comment renouveler, voir même dynamiter tant qu'à faire, une comédie américaine paresseuse et profondément englué dans ses sales travers de productions familiales et populaires ?

C'était la putain de question à un million de dollars que s'était posé le génial Seth MacFarlane l'an dernier, avec son gentiment piquant Ted, mais c'est surtout la question que ce sont également demandés Jay Baruchel et Seth Rogen, pour la conception de leur premier long.
Digne successeur de la méthode Apatow, les deux ont donc décidés d'arpenter, tout comme MacFarlane, la voie casse-gueule du trash, pour se démarquer du lot.
Sauf que contrairement à la peluche vivante fumeuse de crack, les deux lascars ont décidés de faire grimper d'un gros cran, les limites du politiquement correct au cinéma.

C'est la Fin donc, ou un (très) gros fuck sur pellicule, de la part d'acteurs lassés - tout comme le public -, d'un genre de plus en plus mourant, mais surtout un long et bien gras doigt d'honneur bien levé, balancé en pleine tronche à une censure ricaine salement castratrice (et c'est de pire en pire chaque année), reflet d'une société faussement puritaine.


Foutrement décomplexé et savoureusement délirant et intelligent, This is The End reste avant toute chose, un putain de concept de dingue.
Version longue de leur court Jay and Seth Against the Apocalypse, le film conte comment après une soirée copieusement parfumée à l'alcool, à la drogue et au sexe, une poignée d'acteurs va devoir faire face à ni plus ni moins que l'apocalypse, soit en gros la fin des temps dans tout ce qu'elle a de plus Roland Emmerich sur grand écran.

Rien qu'un simple pitch pareil suffirait à foutre la gaule sévère à son cinéphile, sauf que le concept ne s'arrête pas là, chaque comédien jouant ici son propre-rôle, et ce sans faux-semblants mais surtout sans la moindre peur du ridicule.

Dès lors, ce survival comico-SF prends des sales allures de productions irréelles, ou tout le monde exacerbe avec joie sa réputation dans le business.
Jay baruchel se la joue canadien pure souche allergique à Hollywood, Seth Rogen est un vieil ami vendu à ses nouveaux potes " In " et à son statut de star.
James Franco y est archi-vaniteux et joue lourdement sur la rumeur de son penchant gay, Danny McBride est l'enculé de service dans toute sa splendeur, Jonah Hill est un faux-cul qui déborde d'amour et de sensibilité...

Bref, tout le monde prend son pied à jouer des versions plus ou moins arrangées d'eux-mêmes, et pour le spectateur c'est un vrai régal.


Passer un premier quart d'heure en forme de préliminaires appliqués, ou une pléthore de caméos savoureux font la teuf à la casa de Franco (Aziz Ansari est agaçant comme jamais, Jason Segel chie joyeusement sur le côté plan-plan de son rôle dans la série How I Met Your Mother, et Rihanna se fait même claquer le boule par un Michael Cera déchainé et incroyable, accro à la coke qui se fera même sucer et bouffer le cul dans les toilettes !), la bande décolle véritablement au moment ou le groupe se calfeutre dans la maison.

Transformant très vite leur péloche en une sorte de Secret Story de célébrités ou les vannes fusent avec un naturel confondant, Rogen et Baruchel n'auront de cesse de se jouer des limites du grossier avec une auto-dérision shooté au 36eme degré voir même plus.

Ultra référencé à la pop-culture, se jouant autant des codes du survival (la nécessité de boire et manger, la lenteur du temps, la cohabitation difficile entre plusieurs fortes têtes, et la peur du monde extérieur) que ceux du cinéma d'horreur (c'est gore, ça décapite, ça démembre et il y a même de la possession démoniaque et des démons tout droit sorties de l'Enfer), avec une forte touche religieuse, le tout avec un jeu d'acteurs déjantée frôlant follement avec l'improvisation, C'est la Fin s'autorise tout et ne se refuse jamais rien, et nous offre clairement plus d'une heure quarante à hurler de rire, comme rarement on aura eu l'occasion de le faire dans une salle obscure.


On a droit à un Délire Express 2 tourné sous acide avec la caméra de 127 Heures, à un Jonah Hill qui se fait sodomiser par un démon à grosse bite - mais qui en aura une ridicule comparé au démon géant final -, à un Channing Tatum chienne sexuelle d'un Danny McBride cannibale (qui s'engueulera d'ailleurs dans une scène mémorable, avec James Franco, parce que celui-ci à la fâcheuse habitude d'éjaculer partout dans sa baraque), mais également à un Seth Rogen qui boit sa pisse, une Emma Watson menacée de viol et qui manie étonnement bien la hache, ou encore à un retour au Paradis, du boys band oublié les Backstreet Boys...

This is The End va loin, très loin et c'est évidemment ce qui en fait son immense charme.

Film de potes délirant sans aucun sens morale, sous forme - à peine masquée - de critique Hollywoodienne, simplement plombé par des effets spéciaux un poil foireux (production fauchée oblige), C'est la Fin est un cadeau de noël avant l'heure pour les amoureux d'humour immature et foutraque.


Rogen et Cie parlent à leurs fans dans une expérience cinématographique conne, furieusement drôle et vraie.

Avec The World's End, la bande est tout simplement LA comédie de l'année ciné 2013, pur divertissement aussi efficace et unique qu'immanquable.

Définitivement, le Gros plaisir coupable du mois, voir même de cette fin 2013.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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