Adam Johnson

[CRITIQUE] : Kick-Ass 2


Réalisateur : Jeff Wadlow
Acteurs : Adam Johnson, Chloé Grace Moretz, Christopher Mintz-Plasse, Jim Carrey, John Leguizamo,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Action, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h43min.

Synopsis :
Kick-Ass, Hit Girl et Red Mist sont de retour pour le second volet de l’irrévérencieux pastiche de film de super-héros Kick-Ass 2. L’audace insensée de Kick-Ass (Aaron Taylor-Johnson) a inspiré une pléthore de vengeurs masqués autodidactes, le Colonel Stars & Stripes (Jim Carrey) en tête, auxquels notre héros va s’allier pour patrouiller les rues de la ville et assurer la sécurité générale. Mais quand Red Mist (Christopher Mintz-Plasse), réincarné en Mother Fucker, décide de s’attaquer à ces super-héros amateurs, seuls les sabres acérés de Hit Girl sauront les sauver de la destruction.


 Critique :

Lors de sa sortie à l'été 2010, Kick-Ass avait fait l'effet d'une bombe dans l'univers du septième art un chouïa - déjà - gavé par une mode des films de superhéros ne se résumant qu'à deux genres : le sombre (DC comics et dans une moindre mesure, les derniers Marvel et surtout Iron Man 3) et le spectaculaire et lisse (tous les Marvel et les droits de superhéros bousillés par la Fox).

Violent, jouissif et judicieusement référencé, la bande se payait le joli luxe d'être über divertissant malgré un budget riquiqui comparé à la facture minimum de ce genre d'entreprise (au moins deux cent millions de billets vert aujourd'hui, hors campagne promo), tout en révélant à la face du septième art quelques-unes des nouvelles jeunes pousses au potentiel certain (Adam Johnson et Chloé Grace Moretz) et en confirmant le talent d'autres déjà plus ou moins établis (Mark Strong, Christopher Mintz-Plasse et le réalisateur Matthew Vaughn).

La suite se devait donc, au minimum, d'être aussi réussite et, au mieux, faire une impression encore plus surprenante sur les cinéphiles et s'imposer de ce fait illico comme LA bande plus représentative des anti-héros, des gars normaux qui se la joue héros made in Hollywood.


Résultat, si la péloche est tout aussi réussite que l'opus original, elle a surtout mit de côté sa violence graphique outrancière et extrême pour lui préférer un humour hautement plus potache et débile.
Pas un mal pour tout fan qui, comme moi, voue un culte sans borne aux teen movies des années 2000 - la franchise American Pie en tête -, mais certainement un peu déroutant pour qui s'attendait à un festival de gore en tout genre.

Tirant tout l'humour au lieu de la violence - pour le coup, jamais glorifiée - d'un comics assez fouillis de Mark Millar (bien plus inspiré sur le tome 1), sans pour autant en pondre un script à oscars aux enjeux clairs et profonds, Jeff Wadlow (papa des peu inspiré Cry Wolf et Never Back Down) nous sert donc une belle part de fun décomplexé - c'est cul, vraiment cul, et c'est peu le cas de le dire -, n'hésitant pas à plonger tête la première dans le vulgaire facile et même le scato tâche, pour preuve la scène - déjà culte - du vomi/diarrhée, qui a tout pour rentrer dans les annales...

Si Hit Girl jure comme un charretier et se partage des punchlines délectables avec Kick-Ass, le vrai vecteur comique de la bande est sans conteste le génial et mésestimé Christoher Mintz-Plasse, littéralement époustouflant en MotherFucker aux fortes tendances SM et capricieuse.

Conscient, réaliste et sérieux - sympathique traitement du superhéros/ado à la Spider-Man, avec les passages obligés de la remise en question, des conséquences des actes et du besoin de reconnaissance/intégration -, Kick-Ass 2 est un second opus nettement plus mur et divertissant, même si sa plus grande force - son humour - dessert indiscutablement son potentiel le plus alléchant - son côté sombre.


Trash - aussi bien dans sa description punk de sa Justice League du pauvre, que dans sa vision de la vie au lycée dans l'Amérique d'aujourd'hui -, le film ressent cruellement cependant un manque d'approfondissement de son versant obscur - même si quelques moments sont vraiment rude, comme la mort du père de Dave -, via des personnages paumés, décidant de mettre de côté leurs vies sous des allures de travelos redresseurs de torts à l'intolérance pour la violence gratuite aussi totale que radicale.

Si la multiplication des personnages de la Justice Forever n'aide pas vraiment la cohérence ni même la régularité du récit, on peut surtout réellement regretter le développement simpliste du Colonel Stars & Stripes, campé par un Jim Carrey littéralement dément.

Anti-Captain America en puissance, sorte de croisement entre un Charles Bronson à chien et le Hank de Fous D'Irène - indiscutablement l'un des plus grands rôles du Jim - le personnage foutrement intéressant et mystérieux, dont son passé ne sera que trop peu mentionné - c'est un ex-homme de main de la Mafia -, incarnait pourtant l'exemple parfait du vigilante ultime, cher au cinéma engagé des seventies, soit un héros charismatique et badass, prônant et administrant lui-même une justice trop absente des rues gangrenées par le crime.

Dommage donc, surtout que pour ses cinq, six présences tout le long du métrage, Carrey était une fois encore, grandiose dans l'outrance.


Plus ou moins fidèle, toujours aussi référencé - de Batman à One Direction en passant par les dérives Hollywoodiennes, ça cite grave la popculture actuelle -, bourrés de seconds-rôles succulents - le Colonel et la Mother Russia (aka la sœur cachée d'Ivan Drago dans Rocky IV !!!) en tête) -, mais un peu tronqué par une mise en scène foireuse - les scènes d'actions puant le fond vert, sont souvent illisibles -, un script un peu trop simpliste et un final décevant (trop court, et plus axé sur les duels Mother Fucker/Kick-Ass et Mother Russia/Hit Girl qu'autre chose), Kick-Ass 2 n'en reste pas moins une jolie surprise, fun, drôlement potache et qui joue pleinement la carte parodique du film de superhéros actuel.

On attend donc avec un plaisir non feint un troisième opus, en espérant tout de même cette fois, qu'un cinéaste plus chevronné - Matthew Vaughn, revient ! - en prenne la direction.

Parce que déjà que ça frappe fort et que c'est super plaisant à mater dans l'état, alors en plus si ça venait à suivre derrière la caméra...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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