Adam Sandler

[CRITIQUE DVD] : Hôtel Transylvanie


Réalisateur : Genndy Tartakovsky
Acteurs : Avec les voix de Adam Sandler, David Spade, Steve Buscemi, Kevin James, Andy Samberg, Molly Shannon, Jon Lovitz, Fran Drescher, Selena Gomez, Cee Lo Green,...
Distributeur : Sony Pictures France
Budget : -
Genre :  Animation.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h31min.
Date de sortie en salles : 23 Février 2013
Date de sortie en DVD/Blu-Ray : 14 juin 2013

Synopsis :
Bienvenue à l’Hôtel Transylvanie, le somptueux hôtel de Dracula, où les monstres et leurs familles peuvent enfin vivre leur vie, se détendre et faire « monstrueusement » la fête comme ils en ont envie sans être embêtés par les humains.
Pour l’anniversaire de sa fille, la jeune Mavis, qui fête ses 118 printemps, Dracula invite les plus célèbres monstres du monde – Frankenstein et sa femme, la Momie, l’Homme Invisible, une famille de loups-garous, et bien d’autres encore…
Tout se passe très bien, jusqu’à ce qu’un humain débarque par hasard à l’hôtel et se lie d’amitié avec Mavis…


 Critique :

C'est un fait, si il y a bien deux acteurs à qui l'ont accorde toutes les volontés chez Sony Pictures, c'est bel et bien Adam Sandler et Will Smith.
En même temps quoi de plus normal tu me diras, ces deux lascars font très souvent péter le box office et rendent, la majeur partie du temps, tous les investissements balancés sur leurs simples noms, rentables.

Si le premier s'est exclusivement consacré à la comédie romantico-familiale et potache (avec quelques péloches cultes comme notamment Waterboy, Big Daddy, Self-Control, Rien Que Pour Vos Cheveux et Copains Pour Toujours) , le second lui transforme en or tout ce qu'il touche, tout genre confondus depuis près de quinze piges.
Mais les deux étaient surtout des performeurs attendus au tournant cette année, et si le premier s'est littéralement fracassé les dents contre le sol dur d'Hollywood Boulevard avec son After Earth, pure commande scientologue pour public en mal de mauvaise SF en salles, le second lui, avait a rattrapé une année 2012 en dent de scie, ou son Jack & Julie purement pitoyable, n'est pas rester dans les mémoires des cinéphiles pour de bonnes raisons.

Et c'est bien sur le Sandler que l'on va s'arrêter aujourd'hui, et plus précisément sur son Hôtel Transylvanie, officieusement (c'est pas officielle mais c'est tellement flagrant après vision) pur produit de commande pour lui et ses potes (ce qui change un peu des délires d'adaptations animés foireuses du studio comme Schtroumpfs, ou encore les futures Alf et Popeye), qui a cartonné à Halloween dernier en salles aux USA, et qui n'aura débarquer in fine qu'en février dans nos salles obscures (ce qui a fait de la France le dernier gros pays à l'avoir exploité en salles).

Vive la distribution made in France...


Hôtel Transylvanie ou l'histoire d'un Comte Dracula comme tu ne l'as jamais vu sur grand écran donc, celle d'un papounet hyper protecteur de sa mignonne progéniture.
En effet, ne pouvant se consoler de l’exécution sommaire de son épouse par une foule d’humains en colère, il a décidé, pour protéger sa fi-fille Mavis de notre folie meurtrière, d'ouvrir en Transylvanie un hôtel où peuvent se réfugier tous les types de monstres, une sorte de Club-Med monstrueux ou chacun pourra se reposer, recharger ses batteries et fuir les persécutions.

Mais le hic pour Dracounet c'est que Mavis fête maintenant ses 118 ans, ce qui veut dire qu’elle à la majorité (ouais faut croire que c'est long chez les vampires), et qu'elle a désormais le droit de sortir de la propriété (elle n'est jamais sorti de sa tour et n'a jamais rencontré un seul humain) et de connaître le vaste monde, et le roi des vampires il veut pas ça du tout, du tout !
Super-archi-méga-giga protecteur, il va réussir à lui mettre à l'envers grâce à une supercherie très élaborée (SPOILERS : un faux village, qu'il peuplera de zombies déguisés en humain mais comme elle sait pas ça bah elle va l'avoir dans le babas la petite), à lui faire craindre tout contact avec les mortels et à l’inciter à demeurer dans l’hôtel.
C'est salaud mais bon, c'est vrai que dehors c'est pas la joie non plus pour son espèce, faut le comprendre le daron, il veut pas que sa morveuse crève en mangeant un pieu ou un oignon dans la tronche.

Et alors que la fête d'anniversaire se prépare, voilà que survient Jonathan, un jeune voyageur américain un peu concon, égaré en Transylvanie, qui demande l’hospitalité à Dracula sans trop réaliser au départ qu'il est dans le repère le plus bestiaire du monde.
Mais malgré tous ses efforts, notamment en déguisant le gamin en une sorte de cousin éloigné de Frankenstein pour ne pas affoler la clientèle ni attirer les regards, le papounet ne pourra empêcher Mavis de s’éprendre de ce djeuns qui, à sa grand surprise, lui semblera bien inoffensif, pas étonnant en même temps vu qu'il est con, et qu'il n'a littéralement aucun pouvoir surnaturel...


Sympathique, l'idée centrale de Hôtel l'est clairement, original et rafraichissante non.

Faut dire, miser son film sur le thème (pas complétement mais dans la généralité) plus qu'usé jusqu'à la moelle du mythe du vampire, salement remis au gout du jour avec les succès de Twilight (pas compréhensible), Vampire Diaries ou encore True Blood (déjà plus compréhensible), et en plus faire de son héros le pape des papes des suceurs de sang, le Comte Dracula, y'a pas à tortiller du cul, le constat est qu'on ne se fait plus trop chier chez Sony pour pondre du neuf (alors qu'il y a trois ans, il nous en mettait plein la vue autant visuellement que côté script, avec l'excellent Tempêtes de Boulettes Géantes).

Et encore, faut pas oublier qu'au delà des vampires, faire de l'animation fantastique (Monstres & Compagnie, Monstres Contre Aliens, Coraline et plus récemment  Frankenweenie et les sublimes L'Etrange Pouvoir de Norman et Les Cinq Légendes) c'est également grave à la mode...
Bref, dans le département animation on ne mise que sur le succès facile et sans prise de tête pour les scénaristes, et sincèrement c'est bien dommage.

Parce que pour un premier long métrage sur grand écran, l'excellent papa de Samurai Jack, du Le Laboratoire de Dexter et de Star Wars : Clone Wars (la superbe première monture, pas celle foireuse numérique balancée en série depuis maintenant cinq piges), Genndy Tartakovsky, avait tout pour rendre une copie excellente alors que dans l'état, Hôtel Transylvanie n'est qu'une œuvre bancale, pas toujours belle ni drôle, certes un minimum récréative récréatif mais sans aucune épaisseur ni profondeur, qui ne vaut que pour son casting vocale (en v.o) et ses occasions de bien faire manquées.


Niveau occasion manquée, la plus belle reste bien celle de l'utilisation fantomatique du bestiaire légendaire de l’épouvante, qui bien scripté aurait pu être plus maitrisée et jouissive que le bordélique mais décomplexé Van Helsing de Stephen Sommers.
Si le loup-garou, l’homme invisible, la momie et Frankenstein ont un minimum de présence (mais pas de profondeur) vu qu'ils sont amis avec Dracula, on regrettera clairement leur sous-utilisation (les mioches du loup-garou avait de quoi faire mouche, tout comme la femme râleuse de Frankenstein), tout comme celles du Big Foot, des reptiles et des insectes géants, présent anecdotiquement, et rendant tout l'aspect fantastique et macabre totalement désuet.
Que ce soit le trio Dracula/Mavis/Jonathan ou les seconds couteaux, toute l’exploitation psychologique des protagonistes est anecdotique.

Ici on ne cherche pas à faire exister des personnages ou les rendre un minimum charismatique, on ne pense qu'à divertir et amuser (pas toujours) le spectateur à coups de caricatures pas finaudes, de références marquées au septième art (les classiques de l'horreur, mais également l'imagerie Disney et surtout Raiponce, pour le statut du personnage de Mavis, même Twilight et Edward Cullen seront cités) et à la pop-culture (le clin d’œil chanté finale, comme d'hab, mais aussi le stéréotype du jeune d'aujourd'hui, clubber, perpétuellement en pleine crise d'adolescence, utilisant un langage pas toujours compris des adultes et photographiant tout ce qu'il peut avec son smartphone).

Même son animation (en CGI alors que le Genndy excelle dans l'anim classique), très cartoonesque et parfois fluide mais à la 3D clairement brouillonne et pas franchement utile, n'est pas à la hauteur comparé au boulot abattue depuis des années par les concurrents du studio, Dreamworks, Disney, Laika mais surtout Pixar.

Sans fulgurance, la réalisation de Tartakovsky pourtant infiniment talentueux (et je ne cesserais jamais de le répéter) ne s'accorde que quelques moments de grâce (la scène des tables, vraiment très belle), là ou l'ont attendait un richesse visuelle éblouissante, et non une anim aux figures sans aucune texture et aux décors misérables.


Décevant, le film l'est clairement sur ses quatre-vingt dix minutes bien tassées, mais il reste tout de même un divertissement pour mioche convenable, pas transcendant vu qu'on a vu Beaucoup mieux ces derniers mois, mais passable, et ils s'en contenteront vu qu'ils n'auront pas grand chose à se foutre sous la dent pendant les prochaines vacances scolaires.

Ne proposant strictement rien de neuf, plombé par une morale universelle assez lourde (message répétitif sur la tolérance et l'ignorance, l'amitié, l'amour qui triomphe de tout, faire confiance à papa-maman qui eux en retour doivent faire également confiance à sa progéniture et ne pas trop la couver) mais sauver par un casting vocale excellent (Adam Sandler à fait un rameutage énorme de ses potos : David Spade, Steve Buscemi, Kevin James, Andy Samberg, Molly Shannon, Jon Lovitz mais également des talents extérieurs comme Fran Drescher, Selena Gomez et le rappeur Cee Lo Green).

Supervisé, policé, formaté et  beaucoup trop lisse, en de meilleurs mains (Laika !!!), Hotel Transylvanie aurait pu être une magnifique et macabre galerie des horreurs, aux personnages aussi torturées qu'émouvant, à l'impact universelle incroyable.


Un beau gâchis mais qui n'entache pour moi en rien l'aura génialissime de Tartakosky, qui n'a pas eu l’opportunité de marquer de son empreinte une production pensée depuis six ans (et qui aura d'ailleurs connu six metteurs en scènes différents...).

Sympa comme un Schtroumpfs (à petite dose) et ne pouvant pas prétendre autre statut, voilà comment on peut résumer un film venant d'un studio faisant un pas avant (Tempêtes) pour ensuite en faire dix en arrière (les petits bonhommes bleus belges et leur suite, et aujourd'hui Hôtel).

D'ailleurs le prochain hit du studio, outre Schtroumpfs 2 pour cet été (le troisième opus étant prévue pour l'été 2014, youpi...) et l'attendu Tempêtes de Boulettes Géantes 2, sera Popeye cornaqué par ni plus ni moins que... Genndy Tartakovsky !

Hâte de voir ce que cela donnera, en espérant que cette fois-ci il sera Vraiment le seul maître à bord...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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