Anthony Hopkins

[CRITIQUE DVD] : Hitchcock



Réalisateur : Sacha Gervasi
Acteurs : Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson, Toni Colette, James D'Arcy, Danny Huston, Jessica Biel, Michael Wincott,...
Distributeur : 20thCentruy Fox France
Budget : -
Genre :  Drame, Biopic.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h38min.
Date de sortie en salles : 6 Février 2013
Date de sortie en DVD/Blu-Ray : 26 juin 2013

Synopsis :

Alfred Hitchcock, réalisateur reconnu et admiré, surnommé « le maître du suspense », est arrivé au sommet de sa carrière.
A la recherche d’un nouveau projet risqué et différent, il s’intéresse à l’histoire d’un tueur en série.
Mais tous, producteurs, censure, amis, tentent de le décourager.
Habituée aux obsessions de son mari et à son goût immodéré pour les actrices blondes, Alma, sa fidèle collaboratrice et épouse, accepte de le soutenir au risque de tout perdre.
Ensemble, ils mettent tout en œuvre pour achever le film le plus célèbre et le plus controversé du réalisateur : Psychose.



Critique :

Alfred Hitchcock est l'un des plus grands faiseurs de rêves de l'histoire, point barre.
Que ceux qui s'oppose à cette vérité implacable aille littéralement se faire foutre, tout en étant copieusement obliger de se farcir une à une les péloches du bonhomme, toutes potentiellement des classiques.
On peut chipoté sur Orson Wells (je le fais moi-même), mais pas sur le Hitch, et sa filmo parle clairement pour lui.

Point majeur d'inspiration pour une pléiade de cinéastes depuis plus d'un demi-siècle (Brian De Palma étant son descendant le plus remarqué et remarquable), il est donc peu étonnant de voir qu'Hollywood la putain inlassablement en manque d'idées, se décide à lui consacré un biopic rien que pour sa big pomme.
Biopic qui vient un peu sur le tard certes il faut l'admettre vu qu'au moindre bon plan l'industrie se jette dessus comme une boulimique du dollars incurable, car traiter du Hitchcock et de son aura populaire incroyable y'en a franchement peu des filons dans le genre à avoir d'aussi belles allures de gourmandises à billets vert.
Plusieurs années de réflexions et d'attentes donc qui laissait à penser que ce biopic, une fois bien scénarisé et lancé, avait tout pour littéralement casser la baraque.
Et sur le papier Hitchcock représentait bien tout ça, un putain de concept initial qui se veut comme le Lincoln de Spielberg (notre critique ici) soit un décorticage foutrement attractif et précis dans le temps de l'une des figures les plus imposantes (dans tous les sens du terme) du vingtième siècle, porté par un casting dément aussi talentueux qu'attirant.

Du lourd du très lourd même quoi.


Sauf que voilà dans l'état et après l'avoir soigneusement mirer en salles et en DVD, malgré toutes ses belles promesses ce Hitch n'est qu'un mini-biopic décevant, souffrant de beaucoup de maux franchement évitable, certes bourré de détails assez fascinant mais salement bousillé par des partis-pris scénaristiques douteux et une mise en scène fantomatique, aussi plate que la poitrine à Jane Birkin (j'allais dire Paris Hilton mais c'est qu'elle s'en est acheter du nichons la petite depuis grâce au pépette à papa).
Bref avant de plus m’égarer dans plus de comparaisons cul, je m'explique...

Adapté du bouquin Alfred Hitchcock and the making of Psycho de Stephen Rebello, alors que Psychose (ou Psycho, son remake plan pour plan) était lui-même adapté d'un roman, celui éponyme de Robert Bloch (consacré aux horreurs sadiques et inhumaines perpétrées par Ed Gein), on suit donc l'aventure assez mouvementée de la production de Psychose, première incursion dans le genre horrifique du bedonnant et talentueux metteur en scène.
Mais au lieu de complétement s'intéresser à son chaotique chantier, le script se focalisera tout autant sur une partie de la vie privée du Hitch, sur sa relation avec sa femme Alma, qui se trouve également être sa plus fidèle collaboratrice.
Plus romcom pour adulte que portrait surprenant ?

Bah après vision, difficile de ne pas admettre que le film est bel et bien surprenant, mais dans le mauvais sens du terme, car si il est parfois passionnant quand il se penche avec un regard aussi aiguisé que bien informé sur le Hollywood des sixties, ou encore sur la psyché complexe de son héros, il est surtout et avant tout une mise en image un peu ronflante, romancée et loin d'être toujours adroite de la relation fusionnelle et contradictoire qui liait Hitchcock et sa femme, entre scènes de ménages et soupçons réciproques d’adultère.
Sympathique vision mais loin d'être consistante car trop synthétiser et manquant cruellement d'excentricité, soit tout pour qu'elle peine à être accrocheuse sur la longueur...

Psychose ou, au bas mot, l'un des plus grands films horrifique de l'histoire, qui vaut autant pour ses scènes cultes que pour son personnage révolutionnaire, Norman Bates, tueur à forte tendance psychotique aux douces allures de gendre parfait au physique charmeur, dénaturant complétement avec l'idée et l'image que ce faisait l'industrie (et le monde en général) de l'époque, des tueurs en séries.


Si il a déjà inutilement été remaké une fois par Gus Van Sant, que l'on a connu bien plus inspiré ailleurs (refaire un film traits pour traits, scènes pour scènes avec un cast moins talentueux et un budget conséquent pour nada, sans aucune raison valable sauf que de se foutre de la gueule de ses producteurs, franchement faut le faire !), et copieusement salopé par plusieurs suites auxquelles Anthony Perkins y prêta incompréhensiblement sa présence (la plus belle manière qu'il est trouvé pour remercier Hitch de lui avoir offert le rôle de sa vie, faut croire...), Hitchcock peut se targuer d'être le premier à s'intéresser un minimum sur l'envers du décor de la bande et non la bande en elle-même, dite bande qu'il a dut monter en hypothéquant sa maison (selon le film hein, parce que perso vu tous ses succès j'ai peine à croire que le bonhomme n'était pas plein aux as !), et en luttant continuellement contre l'avis de ses amis, la frilosité des producteurs et une censure encore trop puritaine.

Dans cette bataille pour mener à bien une œuvre que personne ne veut (mais qui au final sera, ironiquement, l'un des plus gros succès mais surtout le premier film qui vient en tête quand on pense ou parle du cinéaste), on y découvre (mais sans trop gratter la carapace du lascar non plus) un Alfred au visage à la fois connu (grande gueule, exigeant, bonne patte, déterminé, fana d'humour noir et de belles blondes) mais aussi assez inédit, rongé par ses obsessions sexuelles et sanglantes (le bonhomme usait du voyeurisme, et avait une fascination plutôt indécente pour Ed Gein) et un besoin constant de reconnaissance, de vouloir prouver son talent aux critiques et à ses pairs à jamais insatisfaites, malgré une filmographie à ce moment-là de plus d'une quarantaine de péloches, et pas des péloches de manchots en plus.

Peu sur de lui, à la santé mentale un peu en péril, selon Gervasi il serait donc un grand homme qui ne serait rien sans la grande femme tapis dans son ombre, Alma Reville, celle qui porte la culotte dans le couple, celle qui est consciente de ses défauts mais qui sera toujours à ses côtés jusqu'à la fin (54 piges de mariage, respect), avec un amour et un soutien infaillible.
Passé ce constat et malgré une belle reconstitution des sixties, le film se perd dans une platitude et une complaisance artistique effarante, des causes d'un scénario trop policée et soignée, manquant cruellement de folie et d'éléments surprenants, épousant tous les tics des biopics actuels mais surtout freiné par des enjeux beaucoup trop limités.

Souvent grotesque par peur d'épouser franchement ses thèmes (la représentation de la partie sombre du Hitch, par la présence imaginaire d'un Ed Gein plus gadget scénaristique qu'autre chose) et sans âme (on cherche plus à grimer les acteurs tels que leurs modèles plus que laisser libre court à leur talent), on a donc pas mal de difficulté à garder l'intérêt sur la longueur (alors qu'il ne dépasse qu'à peine les 1h30 !), et ce n'est clairement pas la mise en scène effacée et manquant de rythme de Sacha Gervasi (co-scénariste du déjà pas génial Le Terminal) qui relèvera le niveau, le bonhomme prouvant dés le départ, volontairement ou pas, que le projet est bien trop ambitieux et imposant pour ses petites épaules de novice (ce n'est que son premier long en même temps).
Même le score de Danny Elfman (l'une des seules force du remake, si tentait qu'il en est réellement), plus que palot, fait peine à voir tant le bonhomme était bien plus inspiré et enthousiaste il y a peu pour Hapiness Therapy (notre critique ici).


Côté performance d'acteur par contre, c'est un peu mieux si on oublie avant jugement, de retenir leurs grimages et mimétismes forcées.
Si Anthony Hopkins impressionne tout autant qu'il cabotine (en même temps, Hitch cabotinait grave aussi) et plus " latexé " que jamais en Hitchcock plus sosie de Pierre Tchernia et Raymond Devos qu'autre chose, et qu'Helen Mirren (la Grosse perf du métrage, et de loin) justifie ses récentes nominations dans les cérémonies de prix, grâce à une interprétation tout à fait poignante et juste d'une Alma bien plus séduisante sur grand écran que dans la réalité, derrière c'est un peu la débandade.

Oui la débandade vu que tous les talents impliquées, que ce soit Scarlett Johansson (en Janet Leigh), Toni Colette (en Peggy Robertson), James D'Arcy (en Anthony Perkins), Michael Wincott (en Ed Gein) ou encore Jessica Biel (en Vera Miles), essayent de faire ce qu'ils peuvent sans trop plonger dans la caricature, obligé de représenter fidèlement des personnages réels (et donc du coup, de ne pas jouer mais uniquement interprété), pas forcément approfondit et dont le manque de présence pour certains, rend encore plus difficile l'immersion.

Produit parallèlement avec un autre projet sur le cinéaste, le téléfilm de HBO The Girl, d'après le bouquin Spellbound by Beauty, Alfred Hitchcock and His Leading Lady de Donald Spoto (qui s'intéresse lui à la plus bandante relation entre Hitch et son actrice des Oiseaux et de Pas de Printemps pour Marnie, Tippi Heddein), Hitchcock peine donc à convaincre par sa vision trop académique et laisse salement sur sa fin son spectateur, et ce malgré une volonté de bien faire (et surtout d'aller chercher de l'oscar) via une plastique irréprochable et une flopée d'anecdotes fascinantes et fouillées (la scène de la douche est, notamment, savoureusement décortiquée), qui ferait foutrement lever le chibre à tout étudiant en cinéma voulant pondre un devoir sur le célèbre papa de Sueurs Froides.

Sympathique, intimiste, mais manquant salement de passion et de panache, le film est une bande sans génie, qui conte pourtant une période de la vie d'un metteur en scène justement célébré pour son génie, ça fait un peu tâche il faut l'avouer, mais ça fait surtout très con vu les talents et les espoirs impliqués dans le projet.
Si le crime était presque parfait, le métrage lui est loin, très loin de l'être, celui-ci n'arrivant qu'à peine à la cheville des plus foireuses péloches du " Maitre du suspens ", alors qu'il avait pourtant en lui tout le potentiel pour être un grand film.


Hitchcock ou perso ma première Vraie grosse déception de l'année, au même niveau ou presque du Master de Paul Thomas Anderson, lui aussi porteur de beaucoup d'espoir vu son buzz du bon gout.
Le film se termine sur un petit clin d’œil " volatile " à son film suivant (SPOILERS : un corbeau vient se poser sur son épaule, donc ça fait lourdement référence aux Oiseaux).

Je lance un appel à tous les producteurs US et surtout à la FOX (productrice et distributrice du film), pitié n'ayez pas également la fausse bonne idée de s'attarder sur la production de celui-ci, le Hitch à déjà assez donné de sa personne et de sa filmo, qu'on le laisse un peu reposer en paix.

Une prière qui, soyons honnête, n'a aucune chance de les émouvoir, car il est bien connu qu'Hollywood la putain n'a jamais eu de pitié pour ses héros et ses rois vu qu'ils sont toujours potentiellement glaneur de pépette, et ce n'est certainement pas avec Hitchcock qu'elle va commencer à éprouver des remords.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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