Critiques

[CRITIQUE] : Evil Dead

 

Réalisateur : Fede Alvarez
Acteurs : Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : 17 000 000 $
Genre : Épouvante, Horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h30min.

Synopsis : Mia a déjà connu pas mal de galères dans sa vie, et elle est décidée à en finir une bonne fois pour toutes avec ses addictions. Pour réussir à se sevrer de tout, elle demande à son frère David, sa petite amie Natalie et deux amis d’enfance, Olivia et Eric, de l’accompagner dans la cabane familiale perdue au fond des bois. Dans la cabane isolée, les jeunes gens découvrent un étrange autel, et surtout un livre très ancien, dont Eric commet l’erreur de lire un passage à haute voix. Les plus épouvantables des forces vont se déchaîner sur eux…


 Critique:

Autant l'admettre tout de suite, cette idée de remake de l'une des œuvres les plus cultes des eighties (et que dire de sa suite !), moi je n'en voulais absolument pas, parce qu'honnêtement comment peut-on faire plus puissant, violent, crade et délirant qu'Evil Dead ?

On ne touche pas au culte et encore moins aux miens sinon je me transforme en cinéphile colérique et caractériel, à tendance capricieuse comme un morveux de six ans à qui l'on a pas acheter le dernier jouet con à la mode.
Mais là pour une fois je ne t'apprends rien cher fan, mon dégout des remakes tu commences à le savoir depuis le temps que tu lis les news de notre blog.

Mais il faut comprendre mon dégout deux minutes, les remakes d’œuvres horrifiques cultes ne donnent jamais ou presque, de bonnes choses et puis pour moi Evil Dead (tout comme Evil Dead 2), c'est le chef d’œuvre d'horreur de mon enfance avec Les Griffes de la Nuit de Craven et The Thing de Carpenter (étant lui-même un remake mais ne cherchez pas à m'embrouiller, là c'était un remake utile et maitrisé !), donc si tu y touches c'est que tu cherches vraiment les emmerdes avec moi.


Bon pour le coup là ce fut deux œuvres qui en ont pris sacrément dans la gueule ces dernières années (un remake/reboot foireux pour le premier, un prequel prometteur mais foireux également pour le second), donc normal que je montre les crocs quand on s'attaque à la péloche ultime de Sam Raimi, surtout que depuis peu le bonhomme s'est foutrement fourvoyé en vendant sa fierté et son talent à Mickey et Disney studio (oui, Le Monde Fantastique d'Oz ne m'a pas du tout convaincu).

Autant donc dire que je ne partais pas super confiant en salles, ne connaissant pas vraiment ce qu'avait ce Fede Alvarez dans le ventre, et ce même si la promotion séduisante de ce remake, m'avait quand même bien fait saliver (du gore, du gore et encore du gore).

Je fus donc hautement bien surpris au final après sa vision, tant en tout point, Evil Dead 2013 se trouve être aussi génialement jouissif que son opus original, incarnant tout simplement une pure descente morbide et saisissante dans les tréfonds de l'enfer, une virée affreusement cauchemardesque comme Hollywood n'en a plus produit depuis belle lurette (soit Saw de James Wan, ou même La Maison des 1000 Morts de Rob Zombie, il y a tout pile dix ans).


Chiant littéralement sur la mode du cinéma de genre actuel (torture porn, found footage et compagnie), tout en veillant à faire une habile et fidèle révérence au film original de Raimi (il use très peu des CGI, et les éléments familiers sont légions, les arbres violeurs, la cabane dans les bois, le fusil à pompe, les hectolitres de sang mais surtout la tronçonneuse, dans un final délirant !), Fede Alvarez s'approprie avec merveille la mythologie des deux premiers Evil Dead tout en y apportant sa propre touche personnel, soit un casting savamment bien choisit, une photo infiniment crasseuse, un sujet plus mature et grave et une densité psychologique inédite pour une telle production.

Franchement old school, sans pour autant avoir en lui l'esprit libertaire du premier film (qu'on se le dise, cette époque est définitivement révolue), très inventif et terrifiant, la bande prend toute sa splendeur destructrice et rageante dans un climax sous forme d'apothéose, aussi dantesque que barbare et intense, qui vaut à lui seul le prix du billet.

Audacieux, culotté, sincère, violent, sanglant au possible (si tu n'aimes pas le sang, passes ton chemin très vite), mais surtout très éprouvant et physique, le film ne surpasse certes pas l'aura mythique de son ainé, mais évite tout rapport de force avec celui-ci en lui offrant une relecture tout aussi légitime et choquante, et à l'impact sincère autant imposant.

Oui sans l'ombre d'un doute, Evil Dead 2013 ce pose bien là comme un digne descendant de l'horreur pure et maitrisé, de plus en plus mourant aujourd'hui.


Rare sont les relectures aussi enthousiasmante (Massacre à la Tronçonneuse, L'Armée des Morts et Maniac font maigre dans le panier des Trop nombreux remakes), Sam Raimi peut dormir sur ses deux oreilles, le film n'a pas du tout entaché sa péloche bien au contraire, il lui a limite fait un bien fou.

Si tous les remakes pouvaient être comme ça, surement qu'on aurait de moins en moins envie de cracher aux visages des producteurs Hollywoodiens de plus en plus en mal d'idées fraiches.

Evil Dead ou un nouveau petit classique fédérateur en puissance, dont il serait bien criminel de ne pas en faire l'expérience en salles, cependant âmes sensibles clairement s'abstenir...



Jonathan Chevrier


John Chevrier

0 commentaires:

Publier un commentaire

Fourni par Blogger.