Arnold Schwarzenegger

[CRITIQUE DVD] : Le Dernier Rempart



Réalisateur : Kim Jee-woon
Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Forest Whitaker, Johnny Knoxville, Eduardo Norriega, Jamie Alexander, Luis Guzman, Peter Stormare,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : 30 000 000 $
Genre :  Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h47min.
Date de sortie en salles : 23 janvier 2013
Date de sortie en DVD/Blu-Ray : 29 mai 2013

Synopsis : 
Après une opération ratée qui l’a laissé rongé par les remords et les regrets, Ray Owens a quitté son poste à la brigade des stupéfiants de Los Angeles. Il est désormais le shérif de la paisible petite ville de Sommerton Junction, tout près de la frontière mexicaine. Mais sa tranquillité vole en éclats lorsque Gabriel Cortez, le baron de la drogue le plus recherché du monde, réussit une évasion spectaculaire d’un convoi du FBI, semant les cadavres derrière lui…
Avec l’aide d’une bande de truands et de mercenaires dirigés par le glacial Burrell, Cortez s’enfuit vers la frontière à 400 km/h dans une Corvette ZR1 spéciale, et il a un otage… Il doit passer par Sommerton Junction, où est massé le gros des forces de police américaines. C’est là que l’agent John Bannister aura une dernière chance de l’intercepter avant qu’il ne franchisse la frontière…
D’abord réticent en se voyant impliqué dans cette affaire, écarté parce qu’il est considéré comme un petit shérif de province incapable, Ray Owens finit par rallier son équipe et par prendre l’affaire en main.
Tout est prêt pour la confrontation…



Critique :

Arnold Schwarzenegger ou n'ayons pas peur des mots, l'un des derniers grands rois du cinéma burné des 80's/90's, le genre de types que l'on ne peut que vénéré si l'on est un cinéphile masculin bien constitué et cultivé, avec Sylvester Stallone et Bruce Willis, et dans une moindre mesure Jean-Claude Van Damme, Chuck Norris et Steven Seagal.

Si Willis a su tirer son épingle du jeu pour survivre à Hollywood durant toutes ses années, grâce à des performances de hautes volées chez certains des cinéastes les plus talentueux du monde (Terry Gilliam, Luc Besson, M. Night Shyamalan, Quentin Tarantino, Edward Zwick, Robert Rodriguez, Antoine Fuqua, Wes Anderson, Rian Johnson,...), par contre Sly et Schwarzy (pour les intimes) eux, ils ont sacrément bouffer du sable pendant longtemps, plus d'une décennie.
Mais si Stallone arrivera pourtant  à se sauver intelligemment (et tout seul surtout) du gouffre de l'oubli grâce à l'aura éternelle et populaire de ses deux rôles fétiches immensément cultes Rocky Balboa et John Rambo, Schwarzenegger lui, ne s'était pas encore octroyer de bouée de sauvetage.

Et on peut même dire d'ailleurs qu'on ne lui en a pas proposé des masses non plus, si ce n'est quelques caméos entre copains dans la franchise Expendables.
Une certaine injustice pour un héros du septième art dont la longue absence dut à une carrière politique de plus de huit piges n'explique pas tout, car si il y a un big man qui aura su habilement faire plier le box office, les spectateurs et les producteurs sous sa botte pendant bien longtemps, et qui n' jamais renié son amour du septième art, c'est bien le colosse autrichien.


Longtemps l'acteur le mieux payé au monde, il aura su flirter avec la SF futuriste (Total Recall, A L'Aube du Huitième Jour, Terminator 1, 2 et 3), limite horrifique (Predator) à la comédie populaire (Jumeaux, Junior) voir enfantine (Un Flic à la Maternelle, La Course aux Jouets), en passant par l'héroic fantasy (Conan le Barbare, Conan le Destructeur, Kalidor), le pur film d'action (Commando, Running Man), le polar musclé (Le Contrat) et même le buddy movie (Double Détente, Last Action hero, True Lies), avec la plupart de la crème des cinéastes des années 80 (John Millius, James Cameron, John McTiernan, Paul Verhoeven, Walter Hill, Ivan Reitman), mais surtout avec un succès constant frisant sincèrement avec l'indécence pour un acteur catégorisé " de genre et populaire ".

Même si il n'a plus rien à prouver, il était temps que le roi de l'entertainment burné reprenne son trône, à soixante cinq ans passés, moins fringuant que Sly et Willis mais avec le même tempérament de winner incroyable qui l'aura caractérisé durant toute son existence.
Première pierre de son édifice de rachat par le business et le public, Le Dernier Rempart donc, ou The Last Stand, premier film en terre américaine du fou génial Kim Jee-Woon, papa, entre-autres, des monumentaux A Bittersweet Life, Le Bon, La Brute et Le Cinglé mais surtout J'ai Rencontré le Diable, qui en aura bousculer plus d'un il y à de cela deux ans en salles (mais surtout en DVD, vu sa programmation de merde...).
Se racheter une seconde jeunesse via des jeunes cinéastes pétris de talent (on le retrouvera bientôt dans Ten, de l'excellent David Ayer) tout en s'amusant à tourner avec ses potes, voilà donc le nouveau crédeau intelligent de l'ex gouverneur Californien... Une stratégie des plus payantes pour la suite ?

A en croire le box-office non (père baromètre de toutes les décisions des grosses pontes Hollywood, vérité encore plus vraie aujourd'hui avec la crise, à la fois scénaristique et budgétaire), vu que le film s'est salement bananer la tronche dés sa sortie dans les salles du monde entier, mais d'un point de vue qualité cinématographique là difficile de dire que le bonhomme n'a pas trouvé meilleur moyen pour revenir en grande pompe dans le cœur des vrais cinéphiles amateurs de castagnes, dont le mien.


Le Dernier Rempart ou l'histoire toute simple, qui fleure bon les péloches d'action des eighties, d'un leader d'un puissant cartel de drogues, Gabriel Cortez, qui parvient à s’échapper des mains des très attentionnés flics du FBI, lors de son transfert  dans une zone de haute sécurité.
Dans le plus puissant bolide du monde (lancé à plus de 300 km à priori, si je lis bien le pitch), le lascar ne nous fait pas un remake de Fast and Furious mais se dirige tout droit vers la frontière mexicaine, histoire de se barrer fissa des states, de continuer son sale business et de ne pas risquer l’extradition pour ses crimes, bref le panard pour tout hors-la-loi normalement constitué.

Le seul soucis pour le bonhomme c'est que sur son trajet pour la frontière, il lui reste a passer une toute petite ville dans la bourgade d'Arizona ou le shérif vieillissant Ray Owens fait régner en maitre la loi, après avoir quitté son poste à Los Angeles après une sale affaire.
Entouré d'une équipe de bras cassés pas franchement expérimentée, il va se charger de stopper dans sa folle escapade le dit Gabriel, en se posant là comme le dernier rempart (hé t'as vu c'est comme dans le titre !) de la loi, des États-Unis et de ce bon vieux Oncle Sam.
Leur affrontement promet d'être sanglant, car même si il est motivé le boss du cartel, il va quand même devoir faire face à Terminator, Conan, John Matrix et Ben Richard en même temps et dans le même body certes fatigué mais toujours aussi opérationnel.

Autant dire qu'il est pas arrivé au Mexique le gars...

Comme promis depuis des lustres, et surtout dans la plupart de ses péloches en bon clin d'oeil au T-800, le Arnold est de retour, he's back et franchement pour un comeback le lascar envoie du très lourd, The Last Stand étant un putain d'hommage énergique aux action movies des 80's/90's, qui transcende un script de DTV pour en faire une œuvre d'action comique, quasi-parodique, une sorte de western moderne simple mais puissant.Tout aussi drôle et jouissif que sanglant et bourrin, la bande est maitrisé d'une main de maitre par un cinéaste qui prend autant de plaisir à tourner sa péloche qu'à en donner aux spectateurs qui l'a regarde.

Bref du pur cinéma de bonhomme qui ne se prend jamais au sérieux, fait par des bonhommes pour des bonhommes, et bordel que c'est bon !


Comme d'hab chez Kim Jee-Woon, ça aligne les scènes enlevées (notamment la course poursuite dans le champ de mais, et le final juste incroyable) relevant de sa putain d'ingéniosité et de ses excellentes aptitudes filmiques (il s'est d'ailleurs en prime, adjugé la direction de la photographie du métrage) tout autant que le détournement comico-parodique-respecteux d'un genre populaire du septième art (ici le B movie, détournement tout aussi déjantée d'ailleurs que celui du western pour Le Bon,...), le tout dans une mise en scène théâtrale, dramatique, qui trouve toujours son apogée dans un magnifique affrontement final entre le bien et le mal.
Mais la vraie bonne nouvelle du métrage, outre le fait que le coréen ait eu une parfaite et totale liberté sur le territoire US pour laisser exploser sa folie visuelle hautement dingue et ultra-violente (parce qu'il aurait vraiment été con que le bonhomme se soit fait castrer par Hollywood la putain dés son premier métrage, comme un certain John " Moda fucking genious " Woo, qui lui n'aura quasiment jamais eu, ou presque, la liberté de totalement s'exprimer outre-Atlantique), c'est que le Arnold ait trouvé un vrai cinéaste capable de l'épauler et de faire jaillir le meilleur de lui sur un projet, chose qui lui faisait défaut depuis True Lies en... 1994, mis en boite par son poto Cameron.

Schwarzy n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est dans son élément et qu'il est bien encadré, idem pour Stallone en même temps (voilà une nouvelle raison de les comparer, même si il n'en manque clairement pas).
C'est vrai quoi il ne leur faut pas grand chose à ses deux types-là, un bon réalisateur et deux-trois scènes bien costauds et le tour est joué, on en a pour notre argent et même pas besoin de pondre un scénar aimant à oscar, leur charisme fait tout le boulot.
Et c'est bien encore une fois le cas ici pour ce Last Stand, haut la main le meilleur film d'Arnold depuis très longtemps.

Dans le rôle du shérif badass Ray Owens taillé pour sa carcasse vieillissante et monolithique, l'ex Gouvernator fait mal autant que les cascades l'endolorissement de plus en plus.
Filmé avec passion et respect, le mythe vivant qu'il incarne n'hésite pas une seule seconde à mouiller la chemise comme à la belle époque, chutes, cascades et fights à la clé, quitte à sacrement le regretter hors caméra...
Mais c'est pour le bien des fans, et les héros du cinéma ça n'hésitent jamais à prendre des coups pour prouver à tous qu'ils méritent bien l'amour qu'on leur porte, et l'autrichien en est sans nul doute l'un des plus grands.


Il n'est plus fringuant certes, mais il castagne toujours aussi bien, lâche toujours autant ses taglines cultes, manie son gun et zigouille du malfrat comme jamais, mais surtout il fait plaisir à voir sur plus de quatre-vingt dix minutes, là ou ses dix minutes toutes mouillées dans la franchise Expendables laissait un gout assez amer au fond de la gorge.

Derrière, tout le cast ou presque gravite autour de sa performance généreuse, chacun remplissant son rôle aux fonctions " logiquement " peu développées dans ce genre de production :
Forrest Whitaker (bien content de le retrouver ailleurs que dans des seconds rôles de DTV peu fameux) et Peter Stormare sont en complète roue libre (ils en fond des caisses mais ils le font bien donc...), la belle Jaimie Alexander continue à trainer son jolie minois avec intelligence dans des prods musclés (elle sera de retour dans la suite de Thor en novembre) et Eduardo Norriega, d'habitude excellent, peine tout de même un peu à convaincre en vilain ultime, parce qu'il faut l'admettre, faut la tenir la comparaison face à papa Conan...

Le seul au final a vraiment tirer son épingle du jeu, c'est Johnny Knoxville, l'idiot du village collectionneur d'arme aussi décalé que courageux, genre de personnage comique que le coréen affectionne.
Plus cabotin que dans le sympathique Tolérance Zéro avec le " Rock " Dwayne Johnson, il est surtout bien plus drôle et touchant que ses pitreries " Jackassiennes " l'ont toujours laissé penser.
Je persiste à dire que le type est plus un acteur qu'un bouffon, il a vraiment du talent et ce n'est pas un mal de le rappeler.

Décalé, purement fun, ironique, burné et blindé à ras bord de répliques de malade, Le Dernier Rempart est une petite bombe surprenante qui certes peine un peu à partir (malgré un générique grave sympa, la première partie reste calme et moins dynamique, tout simplement parce qu'elle installe l'intrigue et se consacre à la traque de Gabriel Cortez), mais qui vaut son pesant d'or une fois l'intrigue lancée, notamment grâce à un climax tellement gore, jouissif et drôle qu'il parvient aisément à égaler l'impact de l'intro et du final du pourtant costaud Expendables 2 (c'est dire l'impact du truc quoi).


Comme pour toute bonne série B foutrement bandante et culte qui se respecte, le film n'est pas exempt de défauts (sentiments de déjà-vu, rebondissements, quelques dialogues et décors, parfois, à deux balles), mais c'est également dans ceux-ci qu'il gagne une partie de sa force.
Kim Jee-woon s'en donne à cœur joie dans ce déballage, jamais sérieux, de jouissance pour cinéphiles avertis, il y va sans aucune réserve et réalise ce qui risque d'être ni plus ni moins comme l'un des films les plus tripants de 2013 avec Django Unchained, mais également l'un des (si ce n'est LE, n'ayons pas peur des mots) meilleur départ possible pour un cinéaste asiatique sur les terres de l'Oncle Sam, à l'instar de Park Chan-wook et son puissant Stoker.

C'est donc vraiment con que le film se soit salement casser la gueule au box-office, et que sa sortie en DVD/Blu-Ray soit un peu passé inaperçue, à croire que les bigs stars du cinéma d'action de jadis ne font lever les foules (et encore) que lorsqu'elles sont toutes ensembles sur la même affiche...
Le fait de revoir nos vieux héros au cinéma et dans de solides divertissements comme à la belle époque ne fait plus bander personne, tant pis en même temps, qu'ils aillent tous se faire foutre si ils ne sont pas capable d'apprécier les bonnes choses tant qu'on peut encore avoir la chance d'y gouter.

Mes héros me font et me feront toujours rêver c'est un fait indiscutable, et je suis bien heureux qu'ils s'accrochent encore un peu comme ils peuvent dans le business.
Même si comme on dit un héros un vrai, ça ne meurt jamais...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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