[CRITIQUE] : Le mystère Lucy Lost
Réalisateur : Olivier Clert
Acteurs : Charlie Rosenzweig, Zach Valentin-Dattas, Jessica Monceau,...
Distributeur : Le Pacte
Budget : -
Genre : Animation, Aventure, Famille.
Nationalité : Français.
Durée : 1h29min.
Synopsis :
Lucy vit avec sa famille dans un village sur une petite île isolée. Ses dons extraordinaires suscitent le rejet des habitants. Lorsqu'elle rencontre Milly - une petite fille qu'elle seule peut voir - Lucy embarque dans une grande aventure pour percer le secret de ses mystérieux pouvoirs.
Qu’est-ce qu’on savoure cette année en termes de films d’animation ! En attendant notre chronique positive sur Wildwood, on peut mentionner des œuvres comme In Waves, Le corset ou ce Mystère Lucy Lost qui débarque aujourd’hui dans nos salles. Et ce qui est sûr, c’est que le film d’Olivier Clert a clairement le potentiel pour toucher une large audience familiale au vu de son approche d’un monde de conflits et de fractures, notamment par le biais d’une jeune héroïne passionnante dans son approche narrative et ce qu’elle reflète en elle, sans dévoiler bien évidemment les ressorts de pareil titre assez surprenant.
En suivant l’amitié entre deux jeunes filles, le long-métrage part sur une base à priori classique mais trouvant son sel par le fait qu’une d’entre elles est invisible aux yeux des autres. La jeune Lucy cherche donc à comprendre le lien qui semble l’unir à distance avec Milly, le tout sur fond de conflit historique qui ne fait que mettre en exergue la violence d’un monde adulte. Le rapport au rejet et à la crainte peut paraître classique mais s’inscrit intimement avec une certaine efficacité qui ne peut que résonner par les thématiques soulevées, le tout avec une quête d’empathie et d’émerveillement toujours liée au facteur humain.
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L’approche dans l’animation permet alors de bien renvoyer à ces besoins affectifs et identitaires avec un traitement de la nature qui renverse encore plus la place de l’individu et du soi en général dans le monde. La quête de Lucy se brosse alors avec une certaine aisance technique ainsi qu’un savoir-faire dans le récit qui permet de mieux émouvoir, en particulier quand tout se dévoile au gré d’un dernier tiers clairement chargé émotivement. Il en ressort un affect qui pourra surprendre par sa manière de se réorienter mais cela se fait avec une telle grâce que l’on en sort fortement touché.
Porté par des visuels où le décor naturel fait résonner le pouvoir de l’humain, Le mystère Lucy Lost trouve une certaine pulsion au sein d’un semblant de refuge face aux violences de la guerre, le tout dans un appel à l’empathie et à la reconstruction qui devrait réveiller chez les adultes l’enfant qui sommeille en eux. Une telle ode au pouvoir du lien malgré l’adversité a de quoi faire verser une larme absolument pas honteuse, surtout quand elle coule devant pareil joli premier long-métrage.
Liam Debruel


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