[CRITIQUE] : Animals
Réalisateur : Ben Affleck
Avec : Ben Affleck, Kerry Washington, Gillian Anderson, Steven Yeun,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Action, Thriller, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h46min
Synopsis :
Quand leur fils est enlevé, un candidat à la mairie de Los Angeles et sa femme s'efforcent de réunir l'argent de la rançon et font des choix qui pourraient bouleverser leur vie.
On avait laissé le pendant cinéaste de Ben Affleck, résolument moins en dents de scie que son pendant comédien, avec le plutôt sympathique Air, pile à l'intersection entre la légende Jordan et un capitalisme qui essore sa magie, petite capsule temporelle pas toujours finaude certes (notamment dans une sorte de buffet maxi best-of de l'iconographie made in 80s) mais intéressante dans sa volonté de capturer la dissonance entre la nécessité de croire au grand art et la volonté de posséder tout ce qu'il produit et incarne; une distrayante et entraînante épopée par un cinéaste ayant confiance en son histoire et en sa brillante distribution, dominée par un solide tandem Matt Damon/Viola Davis.
Pas un slam dunk donc, mais une bonne partie bien rythmée et structurée qui n'a rien d'un documentaire ESPN qui idolâtre son sujet (où se perd dans une vision incohérente voire furieusement romancée de la réalité) et perd ses moyens dans le money time, tellement que l'on n'attendait pas forcément Ben Affleck aussi à l'aise sur ce terrain humoristico-hagiographique... tant mieux.
Deux ans plus tard et un brin accouché dans la douleur (le film devait un temps, avoir Matt Damon et Jennifer Garner pour couple vedette), Animals aurait dû le ramener sur un terrain moins sinueux et beaucoup plus familier (pensez au rugueux Gone Baby Gone), mais sa propension à composer des histoires toutes aussi classiques que percutantes, se heurte cette fois durement aux limites d'une écriture maladroite dans ses velléités à incarner un remake officieux et malade du monument Entre le ciel et l'enfer.
Thriller politique sous fond d'enlèvement qui se rêve haletant mais est constamment bouffé par ses incohérences (jusqu'à son final certes cynique mais surtout affreusement alambiqué) et l'incapacité de l'écriture - comme de la mise en scène - à rendre suffisamment complexe - où consistante - ses figures ambivalentes, cloué aux basques d'une figure ambitieuse et progressiste (une étoile montante de la politique, un ex-avocat brillant et fils d'une famille fortunée paradoxalement criblé de dettes, qui brigue la mairie de Los Angeles et, peut-être plus tard, la présidence du pays) confronté au voile de ses propres convictions et de l'image faussement idyllique familial qu'il renvoie au monde, à la suite du kidnapping de son rejeton qui, chut, ne l'est pas réellement.
Car tout est là, dans cette volonté cloche de ne jamais chercher à dépasser le stade de l'exposition irritante, que ce soit dans sa manière d'effleurer ses thématiques fascinantes et sensibles (l'immigration et le sort des sans-papiers, l'hypocrisie gouvernementale gangrénée par la corruption,...), où de croquer superficiellement la moindre de ses figures (le personnage exaspérant d'Abigail en tête, uniquement définie par son infidélité et qui, avec Jennifer Garner, aurait au moins eu un regain d'intérêt certes méta-malsain, mais au moins digne d'intérêt), qui ne révèlent jamais rien d'elle-même même au pied du mur.
Impersonnel (jusque dans la photographie sans envie de Robert « Inherent Vice » Elswit, qui remet totalement en perspective l'usage affirmée de l'IA par Ben Affleck), cruellement insipide dans sa mise en images ennuyée et ennuyeuse de la - lente - désintégration d'un mariage faussement parfait, Animals a tout du divertissement algorithmique bâclé et dénué d'intérêt, thriller aussi dérivé qu'il est dénué de suspense et d'envie.
Un film oubliable, sans finesse ni élégance malgré sa distribution pimpante (mais jamais mise en valeur), comme Netflix en produit à la pelle.
Jonathan Chevrier
Avec : Ben Affleck, Kerry Washington, Gillian Anderson, Steven Yeun,...
Distributeur : Netflix France
Budget : -
Genre : Action, Thriller, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h46min
Synopsis :
Quand leur fils est enlevé, un candidat à la mairie de Los Angeles et sa femme s'efforcent de réunir l'argent de la rançon et font des choix qui pourraient bouleverser leur vie.
On avait laissé le pendant cinéaste de Ben Affleck, résolument moins en dents de scie que son pendant comédien, avec le plutôt sympathique Air, pile à l'intersection entre la légende Jordan et un capitalisme qui essore sa magie, petite capsule temporelle pas toujours finaude certes (notamment dans une sorte de buffet maxi best-of de l'iconographie made in 80s) mais intéressante dans sa volonté de capturer la dissonance entre la nécessité de croire au grand art et la volonté de posséder tout ce qu'il produit et incarne; une distrayante et entraînante épopée par un cinéaste ayant confiance en son histoire et en sa brillante distribution, dominée par un solide tandem Matt Damon/Viola Davis.
Pas un slam dunk donc, mais une bonne partie bien rythmée et structurée qui n'a rien d'un documentaire ESPN qui idolâtre son sujet (où se perd dans une vision incohérente voire furieusement romancée de la réalité) et perd ses moyens dans le money time, tellement que l'on n'attendait pas forcément Ben Affleck aussi à l'aise sur ce terrain humoristico-hagiographique... tant mieux.
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| Copyright Netflix |
Deux ans plus tard et un brin accouché dans la douleur (le film devait un temps, avoir Matt Damon et Jennifer Garner pour couple vedette), Animals aurait dû le ramener sur un terrain moins sinueux et beaucoup plus familier (pensez au rugueux Gone Baby Gone), mais sa propension à composer des histoires toutes aussi classiques que percutantes, se heurte cette fois durement aux limites d'une écriture maladroite dans ses velléités à incarner un remake officieux et malade du monument Entre le ciel et l'enfer.
Thriller politique sous fond d'enlèvement qui se rêve haletant mais est constamment bouffé par ses incohérences (jusqu'à son final certes cynique mais surtout affreusement alambiqué) et l'incapacité de l'écriture - comme de la mise en scène - à rendre suffisamment complexe - où consistante - ses figures ambivalentes, cloué aux basques d'une figure ambitieuse et progressiste (une étoile montante de la politique, un ex-avocat brillant et fils d'une famille fortunée paradoxalement criblé de dettes, qui brigue la mairie de Los Angeles et, peut-être plus tard, la présidence du pays) confronté au voile de ses propres convictions et de l'image faussement idyllique familial qu'il renvoie au monde, à la suite du kidnapping de son rejeton qui, chut, ne l'est pas réellement.
Car tout est là, dans cette volonté cloche de ne jamais chercher à dépasser le stade de l'exposition irritante, que ce soit dans sa manière d'effleurer ses thématiques fascinantes et sensibles (l'immigration et le sort des sans-papiers, l'hypocrisie gouvernementale gangrénée par la corruption,...), où de croquer superficiellement la moindre de ses figures (le personnage exaspérant d'Abigail en tête, uniquement définie par son infidélité et qui, avec Jennifer Garner, aurait au moins eu un regain d'intérêt certes méta-malsain, mais au moins digne d'intérêt), qui ne révèlent jamais rien d'elle-même même au pied du mur.
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| Copyright Netflix |
Impersonnel (jusque dans la photographie sans envie de Robert « Inherent Vice » Elswit, qui remet totalement en perspective l'usage affirmée de l'IA par Ben Affleck), cruellement insipide dans sa mise en images ennuyée et ennuyeuse de la - lente - désintégration d'un mariage faussement parfait, Animals a tout du divertissement algorithmique bâclé et dénué d'intérêt, thriller aussi dérivé qu'il est dénué de suspense et d'envie.
Un film oubliable, sans finesse ni élégance malgré sa distribution pimpante (mais jamais mise en valeur), comme Netflix en produit à la pelle.
Jonathan Chevrier



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