[CRITIQUE] : Ni vue, ni connue
Réalisateur : Marc Fitoussi
Avec : Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Ana Girardot, Vincent Dedienne,...
Distributeur : Memento Films
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h55min
Synopsis :
Corinne Maclou est figurante. Elle enchaîne les tournages avec l’espoir d’être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l’aider à se faire une place au sein de la grande famille du cinéma ?
On avait laissé le cinéma gentilent péchu de Marc Fitoussi il y a près de quatre ans déjà, au détour d'une très jolie balade au féminin embaumé de nostalgie, Les Cyclades, où la narration, qui avait pourtant beau voguer dans des eaux familières, jouait habilement sur la dynamique des contraires à la fois pour nourrir son humour (entre dialogues ciselés et cinglants, et des rebondissements savoureux) et son émotion (bien aidé par une vraie profondeur de personnages), d'autant que le cinéaste avait eût le bon goût de réunir le duo gagnant d'Antoinette dans les Cévennes (Laure Calamy et Olivia Côte, énergiques et à la complicité authentique), pour l'occasion.
Une séance aussi tendre et joliment humaine que tendrement enjouée et vulnérable, un poil aux antipodes (même si elle est frappée par le même sens du dialogue piquant et savoureux) de sa dernière réalisation en date, Ni vue, ni connue, une comédie qui penche amoureusement du côté de la farce amusée et satirique sur l'envers du décor et les coulisses du septième art et de l'attirant « monde du spectacle », où il laisse parler ses décennies d'expérience sur le métier au détour des aternoiments d'une Isabelle Huppert parfaitement en contre-emploi, d'une éternelle figurante luttant avec ruse pour attirer l'attention de la caméra.
Soit Corinne, figurante excentrique et trop ambitieuse d’une cinquantaine d’années, qui n'a jamais pu percer dans un métier qui lui a toujours fait de l'œil, et qui n'a de cesse de s'incruster là où elle n'a pas forcément le droit d'être, d'apprendre le texte des autres où même de tout faire pour être sûre d'apparaître à la caméra; un petit bout de femme envahissante qui va néanmoins trouver une oreille attentive totalement improbable, en la personne de Sandrine Kiberlain, avec qui elle va nouer une amitié étrange (parce qu'avant tout intéressée et reposant sur une base assez perverse de fascination/répulsion) et, qu'elle espère, fructueuse pour son avenir dans un métier où la consécration lui échappe douloureusement...
Une figure imparfaite mais expérimentée dans la débrouillardise, qui lui sert d'outil magnifique pour dégainer un fasciné et fascinant petit bal des vanités aux vérités crues et aux petite humiliations exacerbées, qui tourne en dérision toute une industrie (bâtie sur le désir des uns à être une star, et sur le désir que l'on nourrit pour ceux qui le sont) de sa hiérarchie et ses rapports de force à ses gros travers/caprices, avec un plaisir hautement communicatif tant chaque comédien/comédienne semble s'éclater comme jamais (mention à un Vincent Dedienne juste génial), autour d'un tandem Huppert/Kiberlain à l'alchimie folle.
Ce qu'aurait pu/dû être le film Dix pour cent s'il n'avait pas été un long et artificiel épisode (soit ma déclinaison inverse de tout son pendant sur le petit écran), entre critique tout en cruauté et lettre d'amour enflammée pour un septième art parfois ingrat et pourtant magnifique, façonné par les âmes blessées.
Jonathan Chevrier
Avec : Isabelle Huppert, Sandrine Kiberlain, Anne Marivin, Ana Girardot, Vincent Dedienne,...
Distributeur : Memento Films
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h55min
Synopsis :
Corinne Maclou est figurante. Elle enchaîne les tournages avec l’espoir d’être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kiberlain et qu’une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l’aider à se faire une place au sein de la grande famille du cinéma ?
On avait laissé le cinéma gentilent péchu de Marc Fitoussi il y a près de quatre ans déjà, au détour d'une très jolie balade au féminin embaumé de nostalgie, Les Cyclades, où la narration, qui avait pourtant beau voguer dans des eaux familières, jouait habilement sur la dynamique des contraires à la fois pour nourrir son humour (entre dialogues ciselés et cinglants, et des rebondissements savoureux) et son émotion (bien aidé par une vraie profondeur de personnages), d'autant que le cinéaste avait eût le bon goût de réunir le duo gagnant d'Antoinette dans les Cévennes (Laure Calamy et Olivia Côte, énergiques et à la complicité authentique), pour l'occasion.
Une séance aussi tendre et joliment humaine que tendrement enjouée et vulnérable, un poil aux antipodes (même si elle est frappée par le même sens du dialogue piquant et savoureux) de sa dernière réalisation en date, Ni vue, ni connue, une comédie qui penche amoureusement du côté de la farce amusée et satirique sur l'envers du décor et les coulisses du septième art et de l'attirant « monde du spectacle », où il laisse parler ses décennies d'expérience sur le métier au détour des aternoiments d'une Isabelle Huppert parfaitement en contre-emploi, d'une éternelle figurante luttant avec ruse pour attirer l'attention de la caméra.
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Soit Corinne, figurante excentrique et trop ambitieuse d’une cinquantaine d’années, qui n'a jamais pu percer dans un métier qui lui a toujours fait de l'œil, et qui n'a de cesse de s'incruster là où elle n'a pas forcément le droit d'être, d'apprendre le texte des autres où même de tout faire pour être sûre d'apparaître à la caméra; un petit bout de femme envahissante qui va néanmoins trouver une oreille attentive totalement improbable, en la personne de Sandrine Kiberlain, avec qui elle va nouer une amitié étrange (parce qu'avant tout intéressée et reposant sur une base assez perverse de fascination/répulsion) et, qu'elle espère, fructueuse pour son avenir dans un métier où la consécration lui échappe douloureusement...
Une figure imparfaite mais expérimentée dans la débrouillardise, qui lui sert d'outil magnifique pour dégainer un fasciné et fascinant petit bal des vanités aux vérités crues et aux petite humiliations exacerbées, qui tourne en dérision toute une industrie (bâtie sur le désir des uns à être une star, et sur le désir que l'on nourrit pour ceux qui le sont) de sa hiérarchie et ses rapports de force à ses gros travers/caprices, avec un plaisir hautement communicatif tant chaque comédien/comédienne semble s'éclater comme jamais (mention à un Vincent Dedienne juste génial), autour d'un tandem Huppert/Kiberlain à l'alchimie folle.
Ce qu'aurait pu/dû être le film Dix pour cent s'il n'avait pas été un long et artificiel épisode (soit ma déclinaison inverse de tout son pendant sur le petit écran), entre critique tout en cruauté et lettre d'amour enflammée pour un septième art parfois ingrat et pourtant magnifique, façonné par les âmes blessées.
Jonathan Chevrier









