[CRITIQUE] : Le jardin de Madame Hu
Réalisateur : Zhiqi Pan
Avec : -
Distributeur : Éclumia Pictures
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Chinois.
Durée : 1h42min
Synopsis :
À Shibati, ancien quartier populaire de Chongqing aujourd’hui encerclé par les centres d’affaires et les immeubles modernes, Madame Hu gagne sa vie en tenant une modeste auberge et en récupérant des objets abandonnés. Dotée d’une imagination débordante, elle collecte toutes sortes de rebuts dans les quartiers commerciaux et les transforme en un jardin coloré, un refuge singulier où elle tente de se reconstruire tout en aidant son fils, atteint de dépression, à retrouver l’espoir. Tourné sur près de dix ans, ce documentaire suit le quotidien de Madame Hu, de son fils et des habitants qui les entourent. Il dessine le portrait intime d’une femme qui, au cœur d’une ville en pleine mutation, invente un monde à elle à partir de ce que les autres abandonnent.
Le septième art, et plus particulièrement son pendant documentaire, est souvent fait pour ça (pas uniquement, évidemment, mais t'as compris l'idée hein) : mettre en lumière des personnalités plus où moins singulières et/ou importantes que le grand public n'a pas forcément la chance de connaitre - ne serait-ce que de nom -, les célébrer comme mettre en avant leur parcours, leur art, leurs combats, leurs voix.
Le jardin de Madame Hu, estampillé second effort de Zhiqi Pan, fait décemment parti de ces œuvres, célébration à la caméra vivante d'une figure aussi généreuse et humble que modeste, la dite Madame Hu du titre, une vieille femme vivant à son propre rythme au coeur de Shibati, un enclave historique et populaire de la mégapole de Chongqing dont le documentaire scrute en fond la destruction progressive sous le poids de la gentrification et du réaménagement urbain, dont l'architecture est écrasée par des immeubles modernes gigantesques et déshumanisés.
Mais le cœur de ce témoignage filmique est bien l'histoire comme le quotidien de cette femme à part, ancienne comptable ruinée par des dettes contractées pour autrui et qui tente d'apaiser les maux d'un fils frappé par la dépression (et avec qui la relation est des plus tendus), tenant une modeste auberge où elle loue, pour une poignée de yens - lorsqu'ils lui sont payés -, des chambres aux plus démunis, symbole ultime d'une vie ou elle a continuellement penser aux autres avant elle.
Une retraitée à qui il ne reste rien, pas même l'entraide qu'elle prône comme un mantra infaillible, si ce n'est un jardin jouxtant sa résidence et qui lui sert de sanctuaire apaisant, décoré par des objets qu'elle récupère, recycle elle-même quand elle ne peut pas les vendre, une réponse poétique, artistique et écologique pour contester une logique capitaliste qui vampirise, détruit tout.
Portrait minimaliste et - majoritairement - dénué de tout misérabilisme, d'une figure résiliente et pétri de bonté, qui s'épuise sans réserve pour maintenir à flot un espace qui, tôt où tard, sera rasé par les bulldozers d'une société pour qui ses valeurs sont une anomalie absurde, puisqu'elle considère l'humain plus important que le Dieu argent, Le jardin de Madame Hu se fait la célébration d'une petite femme à l'âme de géante, rempart de bonté dans un monde où les Goliath sont légion.
La belle surprise de la semaine.
Jonathan Chevrier
Avec : -
Distributeur : Éclumia Pictures
Budget : -
Genre : Documentaire.
Nationalité : Chinois.
Durée : 1h42min
Synopsis :
À Shibati, ancien quartier populaire de Chongqing aujourd’hui encerclé par les centres d’affaires et les immeubles modernes, Madame Hu gagne sa vie en tenant une modeste auberge et en récupérant des objets abandonnés. Dotée d’une imagination débordante, elle collecte toutes sortes de rebuts dans les quartiers commerciaux et les transforme en un jardin coloré, un refuge singulier où elle tente de se reconstruire tout en aidant son fils, atteint de dépression, à retrouver l’espoir. Tourné sur près de dix ans, ce documentaire suit le quotidien de Madame Hu, de son fils et des habitants qui les entourent. Il dessine le portrait intime d’une femme qui, au cœur d’une ville en pleine mutation, invente un monde à elle à partir de ce que les autres abandonnent.
Le septième art, et plus particulièrement son pendant documentaire, est souvent fait pour ça (pas uniquement, évidemment, mais t'as compris l'idée hein) : mettre en lumière des personnalités plus où moins singulières et/ou importantes que le grand public n'a pas forcément la chance de connaitre - ne serait-ce que de nom -, les célébrer comme mettre en avant leur parcours, leur art, leurs combats, leurs voix.
Le jardin de Madame Hu, estampillé second effort de Zhiqi Pan, fait décemment parti de ces œuvres, célébration à la caméra vivante d'une figure aussi généreuse et humble que modeste, la dite Madame Hu du titre, une vieille femme vivant à son propre rythme au coeur de Shibati, un enclave historique et populaire de la mégapole de Chongqing dont le documentaire scrute en fond la destruction progressive sous le poids de la gentrification et du réaménagement urbain, dont l'architecture est écrasée par des immeubles modernes gigantesques et déshumanisés.
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Mais le cœur de ce témoignage filmique est bien l'histoire comme le quotidien de cette femme à part, ancienne comptable ruinée par des dettes contractées pour autrui et qui tente d'apaiser les maux d'un fils frappé par la dépression (et avec qui la relation est des plus tendus), tenant une modeste auberge où elle loue, pour une poignée de yens - lorsqu'ils lui sont payés -, des chambres aux plus démunis, symbole ultime d'une vie ou elle a continuellement penser aux autres avant elle.
Une retraitée à qui il ne reste rien, pas même l'entraide qu'elle prône comme un mantra infaillible, si ce n'est un jardin jouxtant sa résidence et qui lui sert de sanctuaire apaisant, décoré par des objets qu'elle récupère, recycle elle-même quand elle ne peut pas les vendre, une réponse poétique, artistique et écologique pour contester une logique capitaliste qui vampirise, détruit tout.
Portrait minimaliste et - majoritairement - dénué de tout misérabilisme, d'une figure résiliente et pétri de bonté, qui s'épuise sans réserve pour maintenir à flot un espace qui, tôt où tard, sera rasé par les bulldozers d'une société pour qui ses valeurs sont une anomalie absurde, puisqu'elle considère l'humain plus important que le Dieu argent, Le jardin de Madame Hu se fait la célébration d'une petite femme à l'âme de géante, rempart de bonté dans un monde où les Goliath sont légion.
La belle surprise de la semaine.
Jonathan Chevrier









