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[COEURS D♡ARTICHAUTS] : #17. Definitely Maybe

© 2008 - Universal Pictures

Parce que l'overdose des téléfilms de Noël avant même que décembre ne commence, couplé à une envie soudaine de plonger tête la première dans tout ce qui est feel good et régressif, nous a motivé plus que de raison à papoter de cinéma sirupeux et tout plein de guimauve; la Fucking Team vient de créer une nouvelle section : #CoeursdArtichauts, une section ou on parlera évidemment de films/téléfilms romantiques, et de l'amour avec un grand A, dans ce qu'il a de plus beau, facile, kitsch et même parfois un peu tragique.
Parce qu'on a tous besoin d'amour pendant les fêtes (non surtout de chocolat, de bouffe et d'alcool), et même toute l'année, préparez votre mug de chocolat chaud, votre petite (bon grande) assiette de cookies et venez rechauffer vos petits coeurs de cinéphiles fragiles avec nous !



#17. Un Jour, Peut-être d'Adam Brooks (2008)


Si on ne louchait que sur son simple synopsis, on pourrait affirmer que Definitely Maybe aka Un Jour, Peut-être par chez nous, a vulgairement pillé le pitch de base de la sitcom How I Met Your Mother, presque même à la ligne près.
Sauf que le film, heureusement, a le bon ton de se détacher assez vite de cette fausse idée de plagiat pur et simple de la création du tandem Craig Thomas/Carter Bays, pour voguer vers une voie certes conventionnelle mais qui lui est propre, histoire de mieux incarner l'une des plus douce et attachante comédie romantique des années 2000; une romance en trois temps - mais quatre coeurs - sous fond de relation père-fille attachante et de flashbacks offrant des petits instantanés des époques dont ils sont - plus ou moins finement - extraits.

On y suit tout du long l'histoire sentimentale de Will, un père fraîchement dans la trentaine et en instance de divorce qui se voit " obligé " de donner une réponse constructive et fouillée à sa petite fille de dix ans, Maya, sur la question essentielle du " Comment est-ce que t'as rencontré maman ? " (elle aurait pu lui demander comment on fait les bébés, et la pub de la bouteille des Nuls aurait été la meilleure réponse possible à lui donner).

© 2008 - Universal Pictures

Pas rancunier (même si un divorce ça peut toujours piquer son homme), mais bien décidé à ne pas lui lâcher le morceau sans la titiller un brin, il va lui parler des trois relations les plus importantes de sa vie, tout en changeant subtilement les prénoms des trois femmes pour voir si elle est capable de deviner qui est sa môman au fil du récit.
Tout démarre alors en 1992 ou le bonhomme est encore un jeune idéaliste engagé politiquement, qui quitte son Wisconsin natal et sa petite amie Emily - première femme importante de son récit donc -, pour débarquer dans la Grosse Pomme et bosser dans le QG de campagne de Bill Clinton, alors candidat démocrate pour la Présidence des États-Unis.

Là-bas, il fera la rencontre des deux autres femmes de sa vie : April, employée anticonformiste (et préposée à la photocopieuse) au dit QG qui devient son ami, et Summer, une aspirante journaliste qui est également une ancienne connaissance d'Emily (et avec laquelle elle a eu une très brève relation adolescente).
Peu de temps après avoir été éconduit par Emily, qui lui annonce au moment même où il l'a demandait en mariage, qu'elle avait couché, en son absence, avec son colocataire (mais aussi parce qu'elle ne partage pas ses aspirations politiques, entrée-plat-dessert donc), il débutera une relation avec Summer, alors que leurs vies professionnelles sont en plein boom (son entreprise d'organisation de campagnes politiques lancée avec son BFF Russell cartonne; elle perce en tant que journaliste).

© 2008 - Universal Pictures

Parti faire un tour du monde après la campagne de Clinton, April fera son comeback à New York pour avouer son amour à Will, mais celui-ci l'accueillera avec un uppercut, en lui annonçant qu'il s'en va demander Summer en mariage.
Nouveau couac pour les plans de fiançailles, la jeune journaliste fout tout en l'air en privilégiant sa carrière à leur couple, et en descendant publiquement le client de Will dans un article vérité assassin.
Désabusé et se laissant franchement aller, il perdra son travail et n'aura qu'April comme bouée de sauvetage, mais leur amitié prendra du plomb dans l'aile quand à son tour, il lui avouera ses sentiments de la manière la moins romantique qui soit - le mec est doué, vraiment.

Les années passent et le hasard veut qu'il retrouve Summer, enceinte, qui l'invite à une fête où il y verra également parmi les convives son ex-copine Emily, installée à New York depuis quelques années.
Une rencontre heureuse, puisque ce sera finalement avec elle qu'il se mariera et fera une partie de sa vie, permettant à Maya de venir au monde.
Mais à la fin de cette histoire, la jeune fille réalise que son père aime toujours April, lui qui n'a pas changé son prénom dans son histoire (Emily se nomme en réalité Sarah, et Summer s'appelle elle Natasha).
Encouragé par sa fille, Will va alors avouer à celle qui fut pendant longtemps sa meilleure amie, qu'il l'a toujours aimé...

© 2008 - Universal Pictures

Autant récit initiatique joliment mélancolique d'une poignée de jeunes adultes qui se cherchent au coeur de la décennie de tous les possibles - les 90s -, que vraie romance s'affranchissant - mais pas trop - des codes du genre en faisant de la relation père-fille le coeur de son histoire, tout en n'ayant jamais peur de montrer l'union amoureuse sans trop de glucose Hollywoodien (enthousiasmante, merveilleuse, frustrante, douloureuse et même parfois non-partagée ou victime du timing); le quatrième long-métrage d'Adam Brooks articule subtilement son écriture autour du suspense entourant l’identité de la mère, mais aussi et surtout sur une description fine et crédible de ses personnages, tous interprétés avec justesse (Ryan Reynolds et la craquante Isla Fisher en tête).

Pimenté juste ce qu'il faut à la pop-culture et ce dès son titre (tiré d'un album d'Oasis, on connaît nos classiques), mué autant par un sentiment de désillusion que d'optimisme, Definitely Maybe convoque d'une manière assez méta autant l'innocence de l'enfance (on est tous captivé par les histoires qu'on nous raconte) que la complexité de l'âge adulte, et incarne un petit bout de cinéma férocement addictif qui pétille en bouche et qui réchauffe le coeur à chacune de ses visions.
Et les fêtes de fin d'année sont justement la période parfaite pour le faire.


Jonathan Chevrier