BrainDead

[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #7. Braindead


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Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 90's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 90's c'était bien, tout comme les 90's, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, prenez votre ticket magique, votre spray anti-Dinos et la pillule rouge de Morpheus : on se replonge illico dans les années 90 ! 





#7. Braindead de Peter Jackson (1992)


Bien avant de devenir le réalisateur culte qui un jour réussi le pari complètement fou d’adapter la trilogie du seigneur des anneaux au cinéma, ce qui lui octroya pour toujours une place de choix dans le cœur de cinéphiles et aficionados de fantasy du monde entier, Peter Jackson était un sale gosse néo-zélandais qui n’avait qu’une seule envie : faire du sale. De cette envie irrépressible sont née trois films : Bad Taste, histoire d’aliens ayant abusé du botox et désirant ardemment bouloter de l’humain à la sauce fast-food, tourné avec très peu de moyen avec des amis sur son temps libre, Meet The Feebles qui est une relecture du Muppet Show avec un supplément sexe, drogue et encore plus de sexe, et enfin Braindead, comédie horrifique zombiesque cultissime et gore à souhait dans laquelle un jeune homme adulte vivant encore chez sa mère ultra-possessive devra s’émanciper de l’influence néfaste de cette dernière en se frayant un chemin à travers des kilos de tripes et des litres de sang et de pus suintant. 



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Si le film est une réussite et un classique immanquable, c’est qu’il marie à merveille l’esprit juvénile irrévérencieux et purulent de Peter Jackson, et son talent inné de compteur d’histoire qu’il partage en duo avec son épouse et coscénariste de toujours, Fran Walsh. Braindead est aussi loin qu’on puisse être d’un nanar à hémoglobine, et ses qualités vont jusque dans l’écriture du script qui n’est pas comme on pourrait le penser dans un film qui met à ce point l’accent sur le gore, un prétexte sous-écrit qu’on va arroser de scènes sanguinolentes. C’est un véritable récit d’émancipation, dans lequel le héros devra apprendre à apprivoiser les éléments qui le maintiennent dans un carcan de soumission systématique pour réussir à finalement les combattre, choper la fille, et vivre sa vie heureux et enfin émancipé. Même l’usage du gore est extrêmement intelligent et a souvent une portée symbolique très forte. Je pense en premier lieu bien entendu à la scène finale dans laquelle le héros s’extirpe du ventre de sa mère devenu physiquement le monstre disgracieux à la taille démesurée qu’elle a toujours représenté pour lui, en utilisant le signe de l’étoile et la lune, symbolisant depuis le début sa relation avec Paquita.
C’est merveilleux de voir que pendant tout le climax, qui est une des plus grosses orgies gore de l’histoire du septième art, enchainant des séquences toutes plus tarés et inventives les unes que les autres, le film conserve une clarté narrative à toute épreuve et ne perd jamais le spectateur dans l’action, une véritable masterclass. 


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On pourrait vanter les qualités d’écriture du film pendant longtemps, mais ce ne sont que les très solides fondations qui vont venir soutenir tout ce qui fait du film un monument de fun jouissif et décomplexé.
Braindead affiche une véritable débauche d’effet gore, et chacun d’entre eux est brillant aussi bien dans l’idée que dans l’exécution, c’est la quintessence du body horror ludique. Tripaille, têtes coupés, blessures infectés et purulentes et autres joyeusetés, Peter Jackson s’éclate à montrer tout ça, et fait preuve d’énormément de talent dans sa mise en scène, parfois vraiment audacieuse et magnifiant tous les effets spéciaux par le choix de ses plans et de ses mouvements caméra. Les acteurs sont constamment dans un surjeu voulu et parfaitement dans le ton du film, surjeu relevé par une VF excellente et merveilleusement nanardesque, débordante de répliques cultes.
« AU NOM DU SEIGNEUR, JE VOUS BOTTE LE CUL » est je pense, la meilleure réplique que quiconque n’ait jamais écrite pour un long métrage.
Braindead est indéniablement un indispensable, c’est un antidépresseur à l’ultraviolence gore ultra ludique et cathartique dont le plaisir de visionnage ne s’amenuise pas avec le temps !

Kevin


Kevin B.

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