Critiques

[CRITIQUE] : T2 Trainspotting


Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : Ewan McGregor, Jonny Lee Miller, Robert Carlyle, Ewen Bremner, Kelly MacDonald,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Drame, Comédie.
Nationalité : Britannique.
Durée : 1h57min.
Synopsis :
D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison.
Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non.
Mark Renton revient au seul endroit qu’il ait jamais considéré comme son foyer.
Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent.
Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse...



Critique :



Qu'on se le dise, tout autant que Menace 2 Society, La Haine ou même Ma Cité va Craquer, le merveilleux Trainspotting de Danny Boyle, est de loin l'une des oeuvres générationnelles les plus importantes du cinéma bouillant des 90's.
Pur OFNI délirant sur les dérives destructrices d'une jeunesse écossaise désabusée et sans avenir, totalement livré à elle-même et ses excès au sein d'une société britannique consumériste qui la rejette sans même la comprendre; le second passage derrière la caméra de Boyle (déjà papa du brillant Petits Meurtres entre Amis), est un trip sous acide aussi punchy qu'il est incroyablement sincère, qui marque les rétines dès ses premières images, pour mieux se transformer au fil des visionnages, comme un classique indéboulonnable pour les cinéphiles que nous sommes.



Culte de chez culte, qui démontrait sans filtre les ravages de la drogue - tout comme Requiem For a Dream plus tard -, bourré jusqu'à la gueule de scènes mémorables (les monologues de Renton, la scène des toilettes, le final entrainant...) et sublimé par une bande son démente (les hits y sont légion), Trainspotting est surtout devenu une oeuvre phare grâce aux cinq junkies/hurluberlus attachants qui nous peignait un bout de leur histoire décadente : (feu) Tommy, le sympathique et maladroit Spud, le fou furieux Begbie, le roublard Simon " Sick Boy " et Renton, poumon du métrage et narrateur à part entière.
Succès oblige (Boyle, Carlyle, McGregor et Miller ont depuis su brillamment se composer une carrière), une suite a longtemps été évoqué par les principaux intéressés, une arlésienne qui aura mis ni plus ni moins que deux décennies - vingt et un ans -, pour se concrétiser et voir (enfin !) le jour.



Retour improbable dans les rues d'Edimbourg, embrassé par une nostalgie aussi enthousiasmante que crève-coeur, T2 Trainspotting narre avec une cohérence remarquable, le portrait d'ex-addicts fraichement englués dans la quarantaine, obligés de conjuguer au présent les erreurs du passé.
Loin du bis repettita sans grande originalité, le cinéaste prend le contre-pied du film original pour mieux marquer l'évolution de ces personnages, dans une suite certes moins spontanée et fun, mais bien plus douloureusement amer.
Ces losers magnifiques sont toujours aussi fou, finement croqués et à la dérive (un constat d'autant plus alarmant tant le monde actuel s'avère tout autant en perdition qu'eux), mais ils ne sont plus réellement ce qu'ils étaient; tout comme Boyle derrière la caméra, dont le cinéma ne fait que se bonifier avec le temps.



Dramédie moderne et pessimiste aussi tendre que barré sur le thème de l'acceptation, porté par un enthousiasme (tout le monde est heureux de se retrouver, cela saute aux yeux) et une mélancolie férocement communicative (les clins d'oeil au premier opus sont même nombreux), T2 Trainspotting n'atteint jamais vraiment la maestria de son glorieux ainé - une claque visuelle à tous les niveaux -, mais respecte scrupuleusement son aura magique pour lui concocter une suite différente, jouant la carte de l'originalité (le film ne fait qu'adapter partiellement le roman Porno d'Irvin Welsh) à défaut peut-être de celle, plus bandante mais moins louable, de la redite.

Conçu pour diviser, la péloche n'est certainement pas la séquelle rêvée (quoique...), mais elle n'en est pas moins un plaisant moment de cinéma, émouvant et aussi savoureux à l'oreille qu'un accent écossais à couper au couteau.
Oui, cela valait vraiment le coup d'attendre vingt ans.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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