Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Luke Cage : Power Man is in da place !



(Critique - avec spoilers - de la saison 1)



Étrangement boycotté sur le grand écran par Hollywood la putain durant les années 2000, époque folle ou Marvel bradait à tours de bras (portefeuilles) les droits de ses super héros, Luke Cage fracasse (enfin) les limites de nos petites lucarnes par le biais de la vénéré plate forme Netflix.
Second couteau de luxe dans la plaisante Jessica Jones, le bonhomme aussi charisme que méchamment baraqué, se paye son propre show au potentiel au moins autant imposant que la très noire Daredevil, devenue une référence dans le genre.



Troisième membre des quatre Defenders (en attendant Iron Fist), dont les nouvelles aventures sont situées après ses péripéties à Hell's Kitchen avec Jones (et en plein fight Daredevil/Punisher), on retrouve donc un Cage plus taciturne que jamais, ours au grand coeur solitaire, devenu un fugitif planqué à Harlem, enchaînant les petits boulots pour payer honnêtement ses dettes.
Voulant faire profil bas, il va devoir pourtant très vite mettre à profit ses incroyables facultés, pour lutter contre la corruption et la violence qui gangrène sa communauté.

Série sur un personnage populaire à l'image franchement engagée, s'inscrivant pleinement dans son époque et qui a, tout comme Jessica Jones et Daredevil, sa propre musicalité, au sens propre du terme (chaque épisode a pour titre ceux des célèbres tubes du groupe Gang Starr, le travail sonore, tout comme sa bande originale au poil, rend sa facture encore plus singulière); Luke Cage n'en est pas pour autant un puissant véhicule - malgré un portrait de Harlem furieusement réaliste -, là ou J.J. prônait plus ouvertement son féminisme.



Totalement conscient de son héritage culturel, le show chapeauté par Chao Hodair Coker interroge subtilement son auditoire sur ses sujets d'actualités encore bouillants (Black Lives Matter, le racisme et la violence policière, sans oublier la corruption politique), tout en offrant une vision inédite de la figure héroïque à la télévision; redéfinissant les codes du genre comme (toute propension gardée) le chef-d'oeuvre Incassable de M.Night Shyamalan, en montrant un superhéros dans tout ce qu'il a de plus simple et pertinent à la fois, dans son rôle de défenseur/modèle de toute une communauté.

Toujours autant investi dans le rôle, Mike Colter (au jeu limité mais définitivement bâti pour être Cage), incarne avec justesse un héros aussi taiseux qu'il est pleinement conscient de son implacable brutalité, même s'il emprunte une route complètement différente de celle qu'il arpente pour sa " présentation " aux spectateurs dans Jessica Jones; donnant à cette première salve d'épisodes les atours d'un mini-reboot du même personnage.
À ses côtés, les seconds couteaux bien croqués sont légion, de Cottonmouth (Mahershala Ali, génial), vilain dans la glorieuse lignée de Killgrave et Wilson Fisk, à Shades (excellent Theo Rossi) et Misty Knight (drôle et pétillante Simone Missick, qui apporte un petit souffle de légèreté salvateur) sans oublier Claire Temple (sublime Rosario Dawson), réellement au coeur de l'action cette fois, tout en servant de lien évident avec D.D.



Si elle est évidemment frappée autant par les qualités évidentes de la méthode Netflix, que par ces défauts (la durée trop étirée de la saison, nuisant grandement son rythme, un aspect bavard - voir sur écrit - et une action parfois un poil trop mécanique), Luke Cage est surtout un pur western urbain façon polar radical et groovy, joliment sombre, réaliste et référencé (Blaxploitation, The Wire ou encore le cinéma de Quentin Tarantino, jusque dans ses longues et jouissives tirades).

Drame musclé sur la rédemption là ou Jessica Jones incarnait un solide film noir, Luke Cage frappe fort et parvient sans mal à être aussi séduisante et réussite que ses aînées.
Vivement The Defenders donc, et le mot est faible.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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