Critiques

[CRITIQUE] : The Witch


Réalisateur : Robert Eggers
Acteurs : Anya Taylor Joy, Ralph Ineson, Kate Dickie, Harvey Scrimshaw,..
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain, Britannique.
Durée : 1h33min.

Synopsis :
1630, en Nouvelle-Angleterre. William et Katherine, un couple dévot, s’établit à la limite de la civilisation,
menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants et cultivant leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage. La mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

 

Critique :


Dans la catégorie des films horrifiques méchamment buzzés ayant fait le tour des festivals dans les grandes largeurs, The Witch se pose bien-là, en bon héritier des récents Mister Babadook et It Follows, qui avaient méchamment agités les festivaliers à Sundance (Prix de la mise en scène), Toronto et Gérardmer (Prix du Jury Syfy).

Vendue comme le " meilleur film horrifique de l'année " - on attendra tout de même Conjuring 2 pour pleinement en juger - et précédée d'une attente monstre de la part des cinéphiles que nous sommes, la première réalisation de Robert Eggers débarque donc dans les salles obscures hexagonales à une date finement choisie (la période estivale et la fête du cinéma qui arrive à grand pas), histoire d'épouvanter en masse des spectateurs en manque de frissons ses derniers mois.


Flanqué en pleine Nouvelle-Angleterre du XVIIème siècle, le métrage suit l'histoire d'une famille de Colons anglais récemment débarqués, et qui doivent réinventer la civilisation, sur des bases utopiques tirées d’une relecture des Évangiles.
William et Katherine, un couple dévot menant une vie pieuse avec leurs cinq enfants, cultive leur lopin de terre au milieu d’une étendue encore sauvage.
Mais la mystérieuse disparition de leur nouveau-né et la perte soudaine de leurs récoltes vont rapidement les amener à se dresser les uns contre les autres…

Pure péloche d'épouvante farouchement indépendante et gothique, s'appuyant sur une atmosphère suffocante et blafarde joliment singulière (le milieu du XVIIeme siècle et la paranoïa puritaine ambiante est un terreau assez inédit de nos jours) tout en s'inspirant de la première chasse aux sorcières connue sur le sol ricain - une folie qui culminera à la chasse aux sorcières de Salem -; The Witch, à l'instar du vénéré Shining, suggère plus qu'il n'en montre en incarnant un vrai huis-clos tendu et ambiguë à l'extrême, à l'angoisse aussi sourde et viscérale qu'elle est proprement fascinante.


Réaliste et appliqué - certains plans sont à tomber - dans son esthétisme tout autant que dans sa volonté de prendre littéralement le contrepied de la production horrifique actuelle, prenant dans son drame familial intimiste à la lisière du surnaturel (les personnages sont très empathique) et au symbolisme marqué; le film de Robert Eggers (dont on attend maintenant avec impatience, le remake de Nosferatu) est une œuvre envoutante et paranoïaque sur l'obscurantisme/fanatisme religieux, une expérience de cinéma sensorielle et totalement épurée.

Diaboliquement efficace et anxiogène malgré un rythme lancinant, certes très limité d'un point de vue scénaristique (l'histoire est très simple et classique, pour ne pas dire creuse, et joue complétement sur son atmosphère et ses nombreuses thématiques) mais admirable dans sa faculté à rendre tangible le satanisme; The Witch ne renouvelle pas la genre mais lui offre un beau moment de (fausse) trouille en attendant le nouveau James Wan - Conjuring 2 -, qui lui, risque de sévèrement faire grimper le trouillomètre à la fin du mois...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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