Charlie Day

[CRITIQUE] : Comment Tuer son Boss 2


Réalisateur : Sean Anders
Acteurs : Jason Bateman, Charlie Day, Jason Sudeikis, Christoph Waltz, Chris Pine, Kevin Spacey, Jamie Foxx, Jennifer Aniston,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h48min.

Synopsis :
Lassés de devoir se plier aux consignes de leurs supérieurs, Nick, Dale et Kurt décident de monter leur entreprise pour ne plus avoir de patrons. Mais un investisseur habile les prive soudain de capital. Sans ressources, ni recours juridique, nos trois apprentis entrepreneurs mettent au point un plan foireux, consistant à kidnapper le fils – adulte – de l'investisseur et à exiger une rançon afin de pouvoir reprendre le contrôle de leur entreprise…


Critique :
Comment renouveler, voir même dynamiter tant qu'à faire, une comédie américaine contemporaine paresseuse et profondément engluée dans ses sales travers de productions familiales, populaires et surtout follement pécuniaires ?

C'était la putain de question à un million de dollars que s'était posé le génial Seth MacFarlane en 2012, avec son gentiment piquant Ted, mais c'est surtout la question que s'est également demandé Seth Rogen, pour la conception de son premier long l'été dernier, C'est la Fin, cornaqué avec son comparse de toujours, Evan Goldberg.

Digne successeur de la méthode Apatow, les deux ont donc décidés d'arpenter, tout comme MacFarlane, la voie casse-gueule du trash, pour se démarquer du lot.
Sauf que contrairement à la peluche vivante fumeuse de crack, les deux lascars avaient décidés de faire grimper d'un gros cran, les limites du politiquement correct au cinéma.


Résultat, This is The End incarnera un bon gros carton au B.O. mais surtout un (très) gros fuck sur pellicule, de la part d'une pléthore d'acteurs lassés - tout comme le public -, d'un genre de plus en plus mourant.

Une expérience cinématographique savoureusement conne, drôle et vraie, que beaucoup auront essayer de reproduire cette année, en vain - excepté 22 Jump Street et dans une moindre mesure, Albert à l'Ouest.
Voilà dans quel constat donc, se trouve la comédie US en cette fin d'année 2014, là ou la comédie française à su, habillement (mais surtout de manière improbable) renaître de ces cendres durant les douze derniers mois.

Alors, à l'annonce de la sortie en salles de ce Comment Tuer son Boss 2, suite surprenante que l'on ne peut que décemment imputer à la volonté de New Line de fortement capitaliser sur le succès monstre - et étonnant - du film original en 2011, on était en droit d'espérer se retrouver face à une bonne comédie aussi potache que maline, qui nous ferait terminer l'année 2014 en beauté.

Mais si cette suite à l'intelligence de plus ou moins reprendre la même recette que le premier opus, sans forcément en calquer les mêmes blagues et rebondissements (cf Very Bad Trip 2), elle incarne avant tout et surtout une péloche inaboutie qui pâti de ses trop nombreuses faiblesses pour pleinement convaincre une audience cinéphile s'étant bien plus éclater chez la concurrence un peu plus tôt dans l'année.


Si dans Comment Tuer son Boss, le trio d'amis voulait se débarrasser de leur boss par mener une vie professionnelle meilleur, cette fois, ils décident de devenir boss eux-mêmes non sans quelques couacs évidemment rocambolesques.
Sur le papier donc, ça envoie joliment du lourd et on se délecte même à l'avance des péripéties improbables et débiles de ces abrutis criminels aux dialogues obsédés par tout ce qui se rapporte en dessous de la ceinture.

Le problème, c'est qu'à l'écran rien ne se passe ou presque, tant le casting en complet roue libre, s'embourbe dans une mécanique tellement bien rodée qu'elle ne laisse que trop peu de place aux surprises et encore moins, aux éclats de rires francs et sincères.
D’où la compréhension presque immédiate, à sa vision, de son flop au box-office outre-Atlantique lors de sa sortie il y a quelques semaines.

Histoire de masquer les faiblesses apparentes du métrage (les dialogues en tête), tout le monde fait le show - Charlie Day en tête encore une fois - et n'a pour seul condition que de se donner à fond dans la décadence pour divertir le spectateur - quitte à tourner en rond parfois dans son jeu -, entre deux sketchs qui ne fonctionnent pas toujours avec brio et des caméos délirants servant plus de bouche-trou scénaristiques que de véritables moteurs à l'intrigue (les retours d'Aniston et Foxx n'étaient pas d'une utilité flagrante).

Bref, ça patine beaucoup (trop) malgré quelques bonnes idées, et l'intrigue a beau s'avérer être au final hautement sympathique - malgré des dialogues la tirant constamment vers le bas -, elle peine grandement à retrouver l'aura génial du film original.


Si le trio de tête assure une partition général convenable (Bateman et Sudeikis, en pilotes automatiques, sont tellement plus savoureux ailleurs), Christoph Waltz - présent en tout et pour tout 10min - et Jennifer Aniston - présente pour un caméo abusivement trash - sont cantonnés à de la figuration de luxe (tout comme le précieux Spacey), tandis que l'excellent Chris Pine lui, vole littéralement le show (énorme, notamment dans une scène qui rappelle la folie de Rosamund Pike dans Gone Girl), immense en fils à papa capricieux et méchamment exécrable.

Gros point positif de cette suite ou il incarnait l'une des attractions principales - avec Waltz -, après l'excellent Stretch de Joe Carnahan il démontre que si les blockbusters d'action ne sont pas réellement son fort, les comédies pimentés peuvent être une belle alternative pour la suite de carrière.

Divertissant et plutôt drôle mas pas transcendant et encore moins bandant, Comment Tuer son Boss 2 s'avère une suite dispensable et inabouti tout en étant hautement agréable tant elle incarne un fourre-tout potache à souhait aux personnages attachants et aux comédiens proprement géniaux.


Difficile aux vues de son pitch alléchant, de ne pas penser à ce qu'aurait pu être le film entre les mains d'un metteur en scène plus chevronné que Sean Anders - pourtant crédité au scénario -, dont la réalisation lourdement fonctionnelle, visuellement et techniquement au rabais (pour être poli), manque cruellement de dynamisme et d'inspiration.

On ne va cependant pas souhaiter à Bateman and Co de revenir corriger le tir pour un troisième long, tant dans nos mémoires d'amateurs de comédie US bien grasse, le premier opus se suffit largement à lui-même...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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