Adrianne Palicki

[CRITIQUE] : John Wick


Réalisateur : David Leitch et Chad Stahelski
Acteurs : Keanu Reeves, Alfie Allen, John Leguizamo, Michael Nyqvist, Adrianne Palicki, Willem Dafoe, Ian McShane, Jason Isaacs,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h41min.

Synopsis :
Depuis la mort de sa femme bien-aimée, John Wick passe ses journées à retaper sa Ford Mustang de 1969, avec pour seule compagnie sa chienne Daisy. Il mène une vie sans histoire, jusqu’à ce qu’un malfrat sadique nommé Iosef Tarasof remarque sa voiture. John refuse de la lui vendre. Iosef n’acceptant pas qu’on lui résiste, s’introduit chez John avec deux complices pour voler la Mustang, et tuer sauvagement Daisy…
John remonte la piste de Iosef jusqu’à New York. Un ancien contact, Aurelio, lui apprend que le malfrat est le fils unique d’un grand patron de la pègre, Viggo Tarasof. La rumeur se répand rapidement dans le milieu : le légendaire tueur cherche Iosef. Viggo met à prix la tête de John : quiconque l’abattra touchera une énorme récompense. John a désormais tous les assassins de New York aux trousses.



Critique :

Déjà le troisième long en 2014 pour le beaucoup trop rare Keanu Reeves et pourtant, on ne peut pas réellement dire que son retour au septième art ne se soit pas fait dans la douleur.

Entre le boycottage pur et simple de sa première réalisation, totalement passé inaperçue dans nos salles hexagonales - le pourtant très bon Man of Tai Chi -, qui a d'ailleurs eu beaucoup de mal à se frayer un chemin au cinéma, et le flop retentissant du tout récent 47 Ronin, officiellement gros accident industriel pour Universal, on pourrait même presque dire que le public ne voulait déjà plus de lui.

Mal aimé, le Keanu ?

Autant dire que la question se pose là, vu son impopularité constante auprès du public et au box-office international depuis le dernier opus de la trilogie Matrix datant, déjà, de 2003.
Pourtant, force est d'admettre qu'il s'est toujours donné beaucoup de mal pour contenter les cinéphiles que nous sommes et oser des paris salement opportunistes, la preuve en est avec ce John Wick, première réalisation des anciens cascadeurs David Leitch et Chad Stahelski.


Ou la promesse alléchante (quoiqu'elle nous faisait un poil craindre le pire également, vu ses réals pour la première fois à l’œuvre) d'un bon actionner décomplexé et burné comme on les aime, un genre de plus en plus rare puisqu'à peine soutenue par les tataneries de Jason Statham, les Takeneries de Liam Neeson et les aventures nostalgiques de Stallone, Schwarzie and co.
Certainement pas ce qui rendra au Keanu le statut d’Élu au box office, mais potentiellement une excellente série B comme le mois d'octobre en a connu déjà pas mal (Equalizer et Balade entre les Tombes surtout, The November Man un poil moins).

John Wick donc, ou l'histoire de John Wick (logique en même temps), qui depuis la mort tragique de sa femme qu'il aimait éperduement, passe la majorité de ses journées à retaper sa Ford Mustang de 1969, avec pour seule compagnie sa chienne Daisy.
Une vie sans histoire quoi, jusqu’à ce qu’un malfrat sadique nommé Losef Tarasof remarque sa voiture, et décide de se l'approprier coûte que coûte, que John refuse de vendre, et encore moins à lui.
Losef étant le genre de lascars qui déteste qu’on lui résiste, celui-ci s’introduira plus tard chez John avec deux complices pour voler la Mustang, et tuer sauvagement Daisy...

Ivre de vengeance, John laisse sortir une facette de sa personnalité qu'il a longtemps laissé enfoui au fond de lui, celle d'un tueur à gages à la retraite depuis trop longtemps, et remonte la piste de Losef jusqu’à New York.
Un ancien contact, Aurelio, lui apprend que le malfrat est le fils unique d’un grand patron de la pègre, Viggo Tarasof. Mais la rumeur se répand rapidement dans le milieu : le légendaire tueur qu'est Wick cherche Losef.
Viggo met alors à prix la tête de John : quiconque l’abattra touchera une énorme récompense.

John a désormais tous les assassins de New York aux trousses, et ce n'est pas pour autant que sa quête de vengeance frémira d'un poil...


Après une bande annonce tellement bandante et aguichante que s'en était indécent, force est d'admettre que ce sympathique John Wick, loin d'être un grand film et encore moins celui qui renouvellera les codes de la série B de plus en plus cantonné aux DTV (coucou Cage, Seagal, Lundgren et Van Damme, pour ne citer que), répond présent à toutes ses promesses et remplit pleinement son contrat de divertissement décomplexé et fun, un vigilante flick tendance B movie - et limite Z même - violent et hautement jouissif.

Monté sur un pitch méchamment risible - pire encore que pour toute série B basique -, facilement résumé en un " t'as tué mon chien et volé ma caisse, t'es un homme mort ", mais avec un profond respect des codes du cinéma d'action des 80's - on tire avant, on parle après -, le film assume complétement son esprit décalé voir même irréaliste, à coups de gunfights homériques et de scènes d'action joliment maitrisées, tout en s'évertuant judicieusement à ne pas que simplement offrir un enchainement de séquences bourrines pour les amateurs du genre.

En prenant le temps de raconter l'histoire de ce mystérieux Wick, qui avait décidé de quitter le monde criminel afin de mener une existence paisible avec sa femme jusqu'à ce que celle-ci décédé et que le début de ses emmerdes commence, Leitch et Stahelski justifie non seulement l'avalanche de violence cataclysmique qu'incarnera la vengeance du bonhomme, mais offre également (et surtout) un point d'encrage émotionnel et dramatique permettant au spectateur de réellement se sentir impliqué par l'histoire.

Radical voir même amoral, noir, jouissivement régressif, référencé (l'univers du jeu vidéo, l'intensité bourrine du The Raid de Gareth Evans ou encore la scène de la boite de nuit rappelle celle dans le Collateral du grand Michael Mann), d'un ton résolument léger voir même très comics, autant pétri de bonnes idées (l'hôtel à tueurs sous forme de no man's land mais surtout le concept du monde des tueurs à gages, une micro-société dans la notre qui est régit par ses propres codes et ses propres règles) que de clichés et de stéréotypes presque obligés dans une telle production (une musique assourdissante signé par le pourtant génial Tyler Bates, un scénario et une linéarité invisible, une absence d'ambition autre que de jouer la carte du fun à tout prix...), la bande vaut clairement son pesant de popcorn pour sa volonté de remettre au top de la chaine alimentaire Hollywoodienne, un Keanu Reeves auquel on présageait peu à peu à mesure des flops, une suite de carrière peu reluisante à la Nic Cage.


Inexpressif - un défaut parfois dans sa filmo mais pas ici -, n'ayant rien perdu de son charisme ni même de sa noirceur,  il vampirise complétement l'écran et prouve qu'à cinquante ans maintenant, le bonhomme n'est pas encore trop vieux pour ses conneries.
A ses côtés, et même si les personnages sont simplement là (en gros) pour le mettre en valeur, la belle brochette de seconds couteaux que sont John Leguizamo, Michael Nyqvist, Adrianne Palicki, Willem Dafoe, Ian McShane et Jason Isaacs, font admirablement bien le boulot.

Bouillonnant, spectaculaire et hautement jouissif, John Wick est un excellent et sur-vitaminé B movie aussi décalé que délirant et joliment maitrisé, une apologie de la castagne furieuse, nerveuse et sans concession sur un peu plus d'une heure trente, conçue uniquement pour offrir un pied monumental aux cinéphiles amoureux du cinéma à la fois badass, rentre-dedans, un brin bas du front et distrayant.

Bref, le beau, bon et gros plaisir coupable du moment méchamment recommandable est bien là.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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