Anne-Marie Duff

[CRITIQUE] : Avant d'Aller Dormir


Réalisateur : Rowan Joffe
Acteurs : Nicole Kidman, Colin Firth, Mark Strong, Anne-Marie Duff,...
Distributeur : UGC Distribution
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Britannique, Français, Suédois.
Durée : 1h32min.

Synopsis :
Suite à un accident quatorze ans plus tôt, Christine est affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille sans se souvenir de rien, ni même de son identité. Son dernier espoir réside dans son médecin, Ed Nasch, qui lui conseille de tenir un journal vidéo. Elle pourra ainsi enregistrer les informations qu’elle traque et se souvenir peu à peu de son passé, reconstituant progressivement le fil de son existence.
Mais très vite, ses rares certitudes vont voler en éclat.


Critique :

Nicole Kidman et Colin Firth ne se quittent plus, tout du moins d'un point de vue cinématographique.

Suite à deux péloches respectives qui laissent franchement à désirer - Arthur Newman pour lui, et Grace de Monaco donc pour elle -, les voilà ensemble de nouveau, quatre mois à peine après nous avoir émerveillé dans le douloureux mais très beau Les Voies du Destin, pour Before I Go To Sleep aka Avant d'Aller Dormir par chez nous, adaptation du roman éponyme de J.S. Watson.

Ou la seconde réalisation de l'excellent scénariste - mais surtout rejeton de l'immense Arthur Joffe -, Rowan Joffe (28 Semaines Plus Tard), après son sympathique Brighton Rock.


Un second passage derrière la caméra sous forme de thriller psychologique résolument ambitieux, puisqu'il propose une histoire tout aussi alléchante que son casting : Nicole Kidman et Colin Firth donc, mais également le beaucoup trop sous-estimé Mark Strong.

Before I Go To Sleep ou l'histoire de Christine, amnésique depuis qu'elle a été victime d'un accident il y a plusieurs années de ça.
Ne se souvenant plus de son identité, ni même de ce qu'elle a pu faire ces quatorze dernières années, chaque jour elle se réveille dans un brouillard colossale, au côté d'un mari qui l'aide comme il le peut, dans sa quête de souvenir.

Encouragée par un neurologue, Ed Nasch, elle tient quotidiennement un journal vidéo pour conserver une trace de ses découvertes intimes.
Mais plus son enquête avance, plus elle va réaliser que son passé est trouble et que les gens autour d'elle ne sont pas forcément ce qu'ils semblent être...

Sur le papier, le film faisait méchamment saliver son cinéphiles, et ce même si sa trame narrative ultra classique, citait une pléthore de péloches ayant fait le succès du genre par le passé.
A l'écran malheureusement, c'est une autre paire de manche, tant le second long de Joffe, sorte de Memento du pauvre (n'est pas Nolan qui veut, on le répète mais c'est tellement vrai), est d'un ennui sans nom, un somnifère indigeste sur pellicule que rien ne sauve, ou presque.


N'apportant rien de plus aux amateurs du bouquin de Watson, soporifique et maladroit à souhait, Avant d'Aller Dormir accumule les maladresses au point de devenir très vite foutrement prévisible pour son spectateur - le twist final peu convaincant, est vu une heure à l'avance -, dézinguant de facto le facteur essentiel de tout bon thriller qui se respecte : le suspens.

Convenu, froid, plat, n'attisant jamais l'intérêt et frisant souvent avec le ridicule en cherchant à embrouiller le spectateur à coups de pistes multiples, ce jeu du chat et de la souris à la mémoire cassée pâtit également de ses nombreux choix hasardeux, d'une narration fragmentée à une mise en scène manquant cruellement d'audace et d'énergie, sans oublier des décors lourdement anxiogène et une incarnation générale dénuée de toute conviction.

Si Colin Firth - aux choix de plus en plus douteux - et Mark Strong font peine à voir (surtout le second, en psy venu de nulle part), c'est surtout Nicole Kidman qui déçoit le plus, plus froide que jamais dans ce qui reste sa plus mauvaise interprétation depuis belle lurette.

Perdue dans la peau d'une femme justement fragile et perdue, inexpressive des causes d'un visage bouffé par le botox, la belle australienne ne fait illusion que dans une poignée de séquences en gros plan.


Laid, creux et décevant sur tous les points, Avant d'Aller Dormir est un thriller psychologique dépourvu justement, de consistance psychologique, une péloche ratée comme on en voit que trop souvent dans un genre ou il est très (trop) facile de se prendre dans le propre piège que l'on essaie de tendre aux spectateurs bien plus endurcis qu'ils ne laissent le croire.

Certains se feront certainement avoir, d'autres (gageons la majorité) éviteront clairement ce suppositoire sur pellicule, avant d'aller se pieuter...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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