Bill Paxton

[CRITIQUE] : Edge of Tomorrow


Réalisateur : Doug Liman
Acteurs : Tom Cruise, Emily Blunt, Bill Paxton, Brendan Gleeson, Charlotte Riley, Noah Taylor,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : 178 000 000 $
Genre : Science-Fiction, Action.
Nationalité : Américain et Australien.
Durée : 1h56min.

Synopsis :
Dans un futur proche, des hordes d'extraterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles: aucune armée au monde n'a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n'a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l'espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment…



Critique :

Qu'on se le dise, entre le précieux Tom Cruise et la Science-Fiction, c'est une belle et fructueuse histoire d'amour qui n'est décemment pas prêt de s'arrêter.

Après les immenses Minority Report et La Guerre des Mondes de Steven Spielberg (tout simplement deux des meilleurs films de leurs filmographies respectives), et le récent méchamment ambitieux mais un poil foutraque Oblivion, le bonhomme nous revient donc en ce premier mercredi de juin, avec Edge of Tomorrow, nouvelle épopée SF mise en boite par Doug Liman, qui a effleuré le genre par le passé avec le sympathique mais inconsistant Jumper.

Adaptation du light-novel All You Need Is Kill d’Hiroshi Sakurazaka - d'ailleurs pendant un temps, le titre du film - Edge Of Tomorrow suit les aventures, dans un futur proche, du chargé des relations publiques de l’armée américaine, le major Bill Cage, qui par excès de lâcheté, va être rétrogradé en simple bidasse/chair à saucisse sur le champs de bataille d'une troisième guerre mondiale qui bat son plein, entre les humains et des extraterrestres ayant envahit la Terre.

Ceux-ci sont partout en Europe et, depuis l'Angleterre, les humains vont tenter de les combattre pour le bien et la survie du monde, grâce à une arme sur-développée, une armure sous forme d’exosquelette.
Lors de la première journée de combats, durant le débarquement, un événement inattendu va se passer et Cage va méchamment mourir...


Seulement, à la différence des autres, celui-ci se réveille quelques secondes après, et se retrouve tout simplement vingt-quatre heures avant, à la veille du débarquement au camps d’entrainement, tout en ayant conscience qu'il répète les événements qui se sont passer le jour précédent sa mort.

Atteint par une une sorte de virus qui lui fait revivre encore et encore la même journée, il va revivre inlassablement cette même boucle temporelle infernale jusqu'à ce qu'il trouve le moyen de mettre un terme à tout cela, et à la guerre dans le même temps.
Dans sa tache quasi-impossible, il sera aidé par Rita Vrataski, une héroïne de guerre ayant gagnée une célèbre bataille grâce à l'exosquelette...

Sur le papier, Edge of Tomorrow ressemblait à un mélange hautement testostéroné en SFX et alléchant entre Un Jour sans Fin et Starship Troopers, soit deux films diamétralement opposés mais surtout deux chefs d'oeuvres indiscutables qui ont servis de références majeures pour les cinéastes depuis des années.

Sur pellicule en revanche, le nouveau long-métrage de Doug Liman regorge de nombreuses de références diverses et variées au cinéma ricain, d'Aliens (présence de l'inestimable Bill Paxton à l'appuie) à Matrix, en passant par Il Faut Sauver le Soldat Ryan (l'ahurissante scène du débarquement, qui rappelle celle en Normandie de Spielby), un problème en soit si le cinéaste ne faisait que pomper sur ses illustres ainés et de régurgiter le tout dans une sorte de gloubiboulga infâme et rendant faussement hommage à ses pairs.


Ce qu'il ne fera jamais tout du long, car à l'instar de Rian Johnson dans le très efficace Looper - avec qui il partage de nombreux points communs, et pas seulement la présence au casting de la sublime Emily Blunt -, le Liman use à la perfection de ses références pour mieux se les réappropriées et offrir à son film une identité qui lui est propre.

Basé sur un script hautement improbable et simpliste, mais brillant et bien ficelé puisqu'il se débarrasse de toute complexité futile (il ne s'attarde pas vraiment, entre autres, sur le pourquoi de la présence des aliens sur Terre) pour pleinement à l'essentiel et jouer la carte du divertissement fun et pétaradant, jamais ennuyeux malgré une intrigue puisant sa force justement dans la répétitivité - Cage revivant les mêmes mésaventures et devant constamment réexpliquer son histoire -, puisque Liman n'use pas abusivement du procédé et fait en sorte qu'il permet de vivre chaque discussion, chaque moment comme nouveau même si ils ne le sont pas réellement, le film se vit comme un puzzle géant sur un peu moins de deux heures, ou chaque pièces/scènes - mêmes celles d'actions, constamment lisibles - sont utiles, parfaitement liées entre elles et viennent appuyer l'histoire.

Via une mise en scène fluide et dynamique très inspiré des jeux vidéos dont le pitch même suit, instinctivement, la logique vidéoludique de tout hits sur console (à chaque fois que l'on meurt, on recommence le niveau à zéro, tout en ayant de plus en plus connaissances des obstacles à surmonter pour gagner), le film se déleste complétement de la vision de l'invasion extraterrestre des blockbusters lambdas - genre Independance Day - et même des guerres futuristes du type Terminator ou encore Matrix, pour en offrir une image méchamment ancrer dans la réalité, et donc nettement plus familière et passionnante.

Mieux, il se paye même le luxe d'une histoire d'amour bouleversante puisque bâtit hors des chantiers battus de la comédie romantique.
Si dans Un Jour sans Fin, Bill Murray tombait amoureux d'Andie MacDowell et cherchait à la séduire chaque en revivant la même journée, ici Cruise doit faire face à l'atrocité de la guerre et de sa condition de soldat sacrifiable, et voir sa belle inlassablement périr tout comme lui, chaque jour jusqu'à ce que l'idée même de la voir mourir ne lui soit plus supportable.


Habile cocktail entre film d'action, SF et de guerre cocasse, efficace et (très) souvent jouissif et créativement inspiré, citant malicieusement la Seconde Guerre Mondiale dans sa guerre de tranchée en pleine Europe (le fait que l'action soit ciblée en Angleterre et en France n'est pas si anodin que cela en à l'air), car dans le fond " toutes les guerres sont les mêmes " - ce qui appuie encore plus son concept de répétition, ici appuyé par l'Histoire de l'humanité elle-même -, Liman embrasse tous les codes du genre tout en y apportant un brin de fraicheur (le design vraiment unique de ses aliens notamment) et de sensibilité qui lui est propre.

Dans la peau de Bill Cage, Tom Cruise est éblouissant en héros qui n'en est pas (encore) un, personnage qui évolue du statut de loser à badass imbattable puisqu'il est dans un sens, immortel, de lâche à véritable héros de guerre.

D'une étonnante profondeur, façonnant lentement mais surement son rôle, il ne tire jamais la vedette sur lui, et l'alchimie qui le lie avec une Emily Blunt pleine de panache, tout en émotion et plus badass que jamais, est réellement convaincante.

Difficile de ne pas notifier également la présence lumineuse du beaucoup trop rare Bill Paxton, excellent dans la peau du sergent Chef Farrel.

" Live. Die. Repeat. "


Edge of Tomorrow ou une belle surprise donc - à peine amputée par un dernier tiers un peu trop classique -, guerrière, intelligente et efficace, indiscutablement la plus réussite des péloches de Doug Liman qui exploite à merveille toutes les possibilités du concept qui lui est offert, permettant ainsi en prime à Tom Cruise, de signer son meilleur rôle depuis bien longtemps (La Guerre des Mondes en gros).

On va donc prier pour que sa campagne promotionnelle sacrément maladroite, associée à une sortie en salles post-Festival de Cannes qui l'est tout autant, n'est pas raison de son succès dans les salles obscures.

Ce serait quand même dommage que l'un des meilleurs blockbusters de l'année (mais pas que), deviennent un accident industriel pour un simple soucis de calendrier...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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