Alexandre Astier

[CRITIQUE] : Une Rencontre


Réalisateur : Scott Waugh
Acteurs : Sophie Marceau, François Cluzet, Liza Azuelos, Alexandre Astier,...
Distributeur : Pathé Distribution
Budget : -
Genre : Romance.
Nationalité : Français.
Durée : 1h21min.

Synopsis :
Elsa écrivain, et Pierre, avocat, se croisent lors de la soirée de clôture d’un salon du livre : un regard, un briquet qui change de mains, des rires un peu trop nerveux, le frémissement d’une histoire possible… Une rencontre ? Sauf que la vie de Pierre, c’est d’abord sa famille : ses enfants et Anne, sa femme depuis quinze ans, celle qui l’aimera toujours, et qu’il aimera toujours, en dépit de la routine et du temps qui passe, il le sait. Elsa, de son côté, se reconstruit peu à peu suite à un divorce compliqué, se partageant entre l’écriture, ses ados qui grandissent trop vite, ses amies et une histoire légère comme l’air avec Hugo, son jeune amant. Pour elle, l’homme marié est un tabou et même pire : une erreur. Pourtant… Dès le premier regard, la rencontre de Pierre et Elsa s’inscrit dans une temporalité différente, comme si présent et futur possible se dédoublaient, s’entrechoquaient... jusqu’à créer une réalité où tout serait possible.




Critique :

On avait laissé Lisa Azuelos avec le pitoyable remake de son Lol déjà pas fameux, Lol USA, portée par une Miley Cyrus qui n'avait pas encore craquer publiquement son string, et une Demi Moore moins jeune de vingt ans comparé à aujourd'hui (la magie de la chirurgie les amis).

Soit deux films foutrement peu recommandable pour les cinéphiles que nous sommes, même les plus sadiques d'entre-nous.

Quoi de plus normal donc d'être un tantinet récalcitrant à l'idée de visionner son nouveau long, pour lequel elle retrouve une Sophie Marceau à qui les années vont de mieux en mieux, et un inestimable François Cluzet que l'on a rarement vu tâter de la comédie romantique dans l'hexagone.


Une Rencontre ou l'histoire de Pierre, avocat depuis quinze ans, père et mari heureux d'Anne, dont il est fou amoureux.
Lors d'une soirée, il fait la connaissance d'Elsa, jolie romancière à succès divorcée, avec qui le courant passe immédiatement. C'est le coup de foudre.
Quinze jours plus tard, il se croisent à nouveau, s'avouent leur attirance commune mais décident de ne pas échanger leurs coordonnées, histoire de laisser faire le hasard.

Vont-ils tout foutre en l'air par amour ? Vont-ils finir ensemble ? Le peuvent-ils réellement ?

D'une durée très, très courte (à peine quatre-vingt minutes), et d'un pitch classique évitant les banalités et les écueils faciles du genre en misant sur la tension sexuelle qui transpire entre les deux héros - regards, silences, fous rires, frôlements -, Une Rencontre est un joli film sur l'amour et ses multiples possibilités, sur ces rencontres, ses naissances de sentiments qui peuvent tout chambouler, ainsi qu'un vif portrait sur les relations humains et la complexité de l'attirance entre deux êtres à l'union impossible.

Lisa Azuelos ne juge jamais ses personnages (Pierre est marié, Elsa à ses principes et ne veut pas briser un mariage), alterne entre de jolies moments de romantismes, de sensualité et d'autodérision, dans un récit ou le fantasme se dispute à la réalité, entre deux amants tentant de résister à leur attraction mutuelle, qui les rattrape pourtant constamment comme deux aimants.


Une romance qui à la fois existe par la sincérité des sentiments partagés, mais qui est dans le même temps irréelle vu l'impossibilité qu'elle a de pouvoir se concrétiser.

Traitant de thèmes aussi large que prévisible dans ce genre de péloche - la famille, les conflits générationnels, l'infidélité, la culpabilité -, la péloche se perd finalement que dans sa volonté de vouloir constamment brouiller les pistes et créer un vertige dans la tête de son spectateur, via une narration jeu de miroirs sur l'intuition mélangeant fantasme et réalité, présent, passé et futur sans jamais réellement maitrisé toutes ses multiples temporalités avec assiduité, là ou justement, l'idée même du film incite à jouer avec le plus de cohérence possible, sur les possibilités et les fausses pistes que peuvent créer le premier échange entre Elsa et Pierre.

Une rencontre un poil confuse donc, et pas forcément toujours drôle - un comble pour une comédie -, mais toute fois difficilement oubliable grâce à un duo d'acteurs d'exception et attachant, à l'alchimie on ne peut plus parfaite.
Sophie Marceau, plus sublime que jamais (on en tombe encore une fois follement amoureux), y est drôle et foutrement sexy, en romancière à succès éprise d'un homme déjà pris, touchante et forte à la fois, tandis que François Cluzet rarement séducteur sur grand écran, est d'une classe folle dans la peau d'un Hugh Grant à la française, sincère et d'un naturel désarmant.

Même Lisa Azuelos, dans l'un de ses premiers rôles sur grand écran, est étonnement crédible et sobre en femme trompée qui sait très bien ce qui se trame dans la tête de son mari.
On regrettera cependant la sous-utilisation de l'excellent Alexandre Astier, ici second couteau de luxe.


Porté par une mise en scène colorée et élaborée (c'est bourré de split-screen, d'effets de montage appuyant volontairement la volonté de la madame à capter le désir à tout instant, dans un visuel pimpant proche de la publicité pour un parfum Lancôme...), un script aussi subtil et référencé qu'intelligent et original - un fait rare dans la romcom à la française -, des personnages réalistes et empathiques et une b.o sympathiquement entrainante, Une Rencontre est un divertissement sur l'envisageable efficace et surprenant, une ode à un amour voué a l'échec pas dénué de défauts mais pourtant joliment poétique et magique.

Dommage cependant, que son final soit un poil téléphoné, et qu'Azuelos se borne à vouloir se pervertir dans un placement de produit franchement regrettable (Apple lui dit merci), à quelques petits détails près, son film aurait clairement pu servir de référence dans le cinéma hexagonal de cette dernière décennie, à l'instar du récent et excellent Situation Amoureuse : C'est Compliqué...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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