Critiques

[CRITIQUE] : OldBoy


Réalisateur : Spike Lee
Acteurs : Josh Brolin, Sharlto Copley, Samuel L. Jackson, Elizabeth Olsen,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : 30 000 000 $
Genre : Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h44min.

Synopsis :

Fin des années 80. Un père de famille est enlevé sans raison et séquestré dans une cellule. Il apprend par la télévision de sa cellule qu'il est accusé du meurtre de sa femme. Relâché 15 ans plus tard, il est contacté par celui qui l'avait enlevé...





 Critique :

" Y'a comme une putain de couille dans le pâté ", voilà ce que tout cinéphile un minimum avertit à dut se dire, à l'annonce de la mise en chantier d'un remake ricain du cultissime Old Boy de Park Chan-wook.

Surtout que dans les prémisses du projet de la loose, les noms loin d'être adéquat à ce titre de prods - Steven Spielberg et Will Smith -, laissaient présager une vision populaire d'une adaptation qui doit à tout prix ne pas l'être.

Fort heureusement - enfin, on se comprend - les deux bonhommes ont très vite lâchés prises avant que le scénariste Mark Protosevich ne s'acharne et fasse signer les précieux Spike Lee et Josh Brolin.
Dès lors, dans un délire assez inexplicable, la production s'est lancé dans un déni totale, affirmant que le film n'étant pas (ou plus) un remake du chef d’œuvre coréen, mais bel et bien une nouvelle adaptation du manga original de Nobuaki Minegishi et Garon Tsuchiya.
WTF ???

Difficile donc pour le coup, de ne pas encore plus crier à l'abberation sur pellicule, surtout quand le premier trailer de la chose puait la version de Chan-wook à plein nez.
Spike Lee, que l'on adulait jadis pour son originalité, son intelligence et sa vision lumineuse d'un certain cinéma racé et protestataire, s'abaisserait-il aujourd'hui à cornaquer de la relecture inutile pour Hollywood la putain ?



Avant même sa vision, on cassait donc salement du sucre sur cette version 2013 d'OldBoy, que l'on jurait foireuse et bancale de bout en bout, en oubliant presque que même si il s'agissait d'une relecture - ou d'un remake - de l’œuvre originale, un film du Spike reste un film du Spike, le bonhomme apportant toujours salement sa patte talentueuse à tous les projets qu'il touche.
Ce qui est bel et bien le cas ici et ce donc, même si dès son commencement, le film annonce clairement se basé sur le métrage coréen...

A quoi bon s'attarder sur ce remake alors, si toutes les libertés prisent par le Park sont les mêmes que celles usées par Lee ?
Les mauvaises langues diront que c'est du temps infiniment perdu, vu la pléthore de sorties débarquant dans nos salles obscures en ce premier jour de l'année, alors que d'autres - dont moi - surement plus minoritaire, lui trouveront une certaine légitimité, et clairement le mérite d'être vu.

Si le postulat de départ est sensiblement le même, et que certaines scènes incontournables y sont plus ou moins calqués, la mise en scène et le traitement du petit cinéaste ricain eux, diffèrent grandement avec celle du génial cinéaste asiatique, faisant donc cet OldBoy une expérience de cinéma à part entière.

Moins tragédie grecque et plus thriller crado, le film mise bien plus sur le sordide et la perversité de cette histoire en tout point malsaine et barrée.
Pas un mal quand Lee filme la violence avec un aspect frontale et résolument gore, mais très dommageable quand celui-ci se borne à rendre (trop) explicative sa narration, et à miser sur l'aspect démoniaque et manipulateur du big vilain, campé par un Sharlto Copley en complet roue-libre.

Une latitude dans le jeu - voir même dans l'improvisation - qui si elle peut parfois à virer au grotesque (Copley, Samuel L. Jackson) peut, en revanche, relever à la hausse l'aura du métrage, comme c'est le cas avec la performance tout en émotion de la sublime Elizabeth Olsen, et celle tout en nuance de l'immense Josh Brolin.
A la fois lessivé et animal déterminé et ivre de vengeance, l'acteur repousse ses limites comme rarement, ne singeant nullement la performance démente de Choi Min-sik (qui comme lui, les collectionne à la pelle), tout en offrant une composition aussi charismatique que désespéré.


Pas régressif mais loin d'être aussi merveilleux, OldBoy 2013 n'en reste pas moins un remake intéressant, à la légitimité toujours aussi discutable selon les points de vues certes, mais à la réinterprétation joliment expérimentale.

Un Spike Lee dans le meilleur comme dans le pire, qui réussit la prouesse - dans tous les cas - de rendre encore plus imposante l'aura qualitative de la bande du Park.

De toute manière, que l'on adhère ou non au concept, il ne sera ni le premier ni le dernier remake d'une œuvre culte que l'on chérit, à voir le jour.

Et si le récent rafraichissement offert à Carrie laissait énervé, celui-ci nous pousse un peu plus à la tolérance cinéphile, vu le chaos créatif ambiant régnant en ce moment à Hollywood...


Jonathan Chevrier




John Chevrier

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