Benedict Cumberbatch

[CRITIQUE] : Le Hobbit : La Désolation de Smaug


Réalisateur : Peter Jackson
Acteurs : Martin Freeman, Richard Armitage, Benedict Cumberbatch, Orlando Bloom, Luke Evans, Ian McKellen, Evangeline Lilly, Lee Pace,...
Distributeur : Warner Bros France
Budget : -
Genre : Fantastique, Aventure.
Nationalité : Américain, Néo-Zélandais.
Durée : 2h41min.

Synopsis :

Les aventures de Bilbon Sacquet, paisible hobbit, qui sera entraîné, lui et une compagnie de Nains, par le magicien Gandalf pour récupérer le trésor détenu par le dragon Smaug. Au cours de ce périple, il mettra la main sur l'anneau de pouvoir que possédait Gollum...



Critique :

Voilà dix ans quasiment jour pour jour, que ce bon vieux Peter Jackson balançait en salles la dernière pierre de son édifice Tolkiennien, le monumental Retour du Roi, ultime opus de l'une des trilogies les plus remarquables et puissantes de l'histoire du septième art, Le Seigneur des Anneaux.

Couronné par dix-sept oscars (sur trente nominations) et de pas moins de trois milliards de dollars au box-office mondial, personne, même les plus hérétiques des cinéphiles, ne pouvait remettre en cause le travail magistrale abattu par le Néo-Zélandais de génie, qui avait su rendre réel le rêve de tout fan du pavé littéraire qu'incarne les tomes de J.R.R Tolkien, grâce à une volonté et une force incroyable, mais surtout grâce à une mise en scène proche de l'état de grâce, trouvant toujours le ton, le rythme, l'image, la réplique juste.

Passé du stade de réalisateur habitué du cinéma de genre et plutôt talentueux à celui d'icone, de cinéaste extraordinaire dont chaque péloche est un rendez-vous immanquable dans les salles obscures, Jackson doit tout ou presque à sa Terre du Milieu chérie.
L'amour qui les unis est d'ailleurs tellement fort que lorsque la MGM frappera à sa porte pour pondre l'oeuvre préquelle des aventures de Frodon Sacquet et de l'anneau - à savoir celle de son oncle Bilbon (et également dans une moindre mesure, de l'anneau) -, celui-ci aura beaucoup de mal à répondre favorablement à l'appel.


Difficile de ne pas le comprendre en même temps, l'aventure a beau avoir été ultra-gratifiante, elle avait surtout été un véritable calvaire pour lui, certes moindre que son King Kong, mais consacrer de nouveau plusieurs années de sa vie à une oeuvre qui en a déjà accaparer pas mal, c'est une décision très lourde de conséquence.

Un temps uniquement producteur, les déboires de la MGM ainsi que la défection du regretté Guillermo Del Toro (rien que l'idée que son immense talent et son gout pour le gothique assumé, soit associé à la franchise nous faisait bander pire que si nous nous étions enfilés comme des Smarties, une boite de viagra entière...) l'auront finalement fait revenir à la barre du projet, comme un juste retour des choses.
Mais pas un juste retour aisé, vu qu'il a dut faire face à un putain d'ulcère carabiné et à une pléthore de luttes syndicales pour pouvoir lâché son premier " action " derrière la caméra...

Bref tout ça c'est de l'histoire ancienne, le tournage est aujourd'hui bien terminé, et si il doit encore faire face à quelques critiques (journalistes jamais content, fans critiquant son idée de faire d'une trilogie un simple bouquin de trois cent pages, les gros défauts de sa technologie 48 images par seconde...), notre cher Peter n'en a que foutre de ce qu'on pense de son Hobbit, ce fut un pari ultra-risqué mais il est fin prêt et ne demande qu'à sacrément nous divertir.

En bon cinéphile qui se respecte, nous lui devons tout simplement le respect, idem pour son Le Hobbit : La Désolation de Smaug qui sort donc cette semaine et qui s'annonce tout simplement comme la claque ciné des fêtes de noël (avec on l'espère, Le Loup de Wall Street).

En sommes, un joli cadeau, en salles mais pas sous le sapin , avec deux semaines d'avance... Merci qui qui ?


Reprenant pile-poil là ou le décevant - pour beaucoup mais pas pour nous - Un Voyage Inattendue s'était achevé, La Désolation de Smaug ne perd pas de temps pour discuter du bout de gras et démarre tambour battant, via une introduction flashback à tendance prophétique, foutrement entraînante.
Jackson donne vite le ton, si le premier opus était là pour mettre en place l'histoire avec légèreté - tout comme La Communauté de l'Anneau -, cette suite directe est en plein cœur de l'aventure et se doit de ne pas lâcher d'une semelle son spectateur salement accrocher à son siège - tout comme ce fut le cas avec Les Deux Tours.

Plus épique, nerveux, rythmé - même si comme dans tout Seigneur des Anneaux, quelques lenteurs se font parfois ressentir -, et bourrés jusqu'à la gueule de moments de bravoures hautement jouissif, le film, via l'habile talent de conteur de son metteur en scène, nous replonge dans la Terre du Milieu comme si l'au-revoir que nous lui avions fait noël dernier, n'était en fait qu'hier, la Terre du Milieu paraissant encore plus belle que dans nos souvenirs.

Multipliant les sous-intrigues avec une certaine maestria - que ce soit la relation complexe et humaine (oui humaine, même pour des Elfes !) entre l'imposant roi Thrandruil et Legolas, ou encore la quête du courageux et téméraire Bard -, jouant tout autant sur la découverte de nouveaux univers et personnages (l'ajout intelligent et important de la combative Tauriel) que sur un usage malin de clins d’œils à la précédente trilogie (les araignées géantes, Sauron entre autres) le tout dans une énergie communicative et débordante, La Désolation est une copie quasi-parfaite, à la densité dramatique imposante et au danger savoureusement palpable.
Une seconde aventure aussi généreuse que spectaculaire et iconique, dans laquelle l'apparition de Smaug incarne la cerise sur un gâteau déjà joliment goûteux.

Comblant la quasi-totalité de nos impatientes attentes - voir même plus -, le dragon plus accro à l'or tu meurs (faut dire que le lascar est prêt à tout pour conserver son bien, au point d'être capable de bouffer peu importe l'espèce, pour se rouler et pioncer dans des richesses dorées comme le ferait Picsou dans son coffre fort), est d'une beauté à couper le souffle, menace directe et frontale sur la petite compagnie de Bilbo.
Son interprétation magistrale signé Benedict Cumberbatch (aussi bien vocale que physique) allié à des effets spéciaux sublimes, en font purement et simplement le monstre le plus précieux et merveilleux de la filmographie du Peter, et ce même devant son pourtant formidable King Kong.


Élément majeur du climax - voir même du film tout entier avons nous envie de dire, avec le retour utile et génial de Legolas -, il est tout simplement ce que tout spectateur est venu chercher en salles même si sa prestance terrifiante se verra décapité dans un final castré franchement mal venu, défaut important d'un film qui, jusque-là, n'était pas atteint par ses petits errements.
Car même si quelques détails sonnent faux (la " vision de l'anneau " assez maladroite, tout autant que certains fonds vert foireux et l'apparition de Sauron franchement vilaine, sans oublier l'interprétation très limite de Stephen Fry en maître de Laketown), c'est bel et bien la conclusion frustrante du climax qui laisse sacrément sur sa faim.

Dommage donc, car comme dit plus haut, la copie était jusque-là quasi parfaite, Jackson ayant également le bon gout de porter un intérêt croissant à certains de ces personnages - Bilbo est toujours justement au centre du récit, les séquences Legolas/Tauriel sont enlevées, tandis que Thorin passe peu à peu du côté obscur de la force -, tout en comblant les puristes en reliant avec délice, sa trilogie préquelle à celle matricielle, telle que l'avait fait en son temps George Lucas avec La Revanche Des Siths et Un Nouvel Espoir.

Préparant salement le terrain pour un troisième opus attendu avec encore plus d'impatience et d'indécence, La Désolation de Smaug est une suite bien plus maîtrisée, divertissante et réussite que le pourtant déjà très emballant Un Voyage Inattendu, qui lui aussi avait la particularité d'offrir une 3D joliment utile et immersive.
Un conte pour enfant follement dense et riche, transcendé en divertissement ambitieux et efficace par un cinéaste toujours impliqué et appliqué à l'idée de littéralement ridiculiser ses petits concurrents sur le terrain friqué mais pavé d’embûches, des grosses productions Hollywoodiennes.


Passant encore une fois comme une lettre à la poste malgré sa durée loin d'être minime (2h41 pour être plus précis) enflammant nos rétines dans un feu ardent craché par son dragon flamboyant, le film est un blockbuster vertigineux, une mécanique de précision on ne peut plus redoutable qui ne peut que pulvériser - dans le bon sens - chaque spectateur sur son passage.

Un pari ardu mais de nouveau relevé avec panache et talent, au point que l'on se mord tous déjà les doigts au sang, à l'idée de devoir attendre encore un an pour enfin découvrir le final...
Bordel que l'année 2014 pourtant foutrement alléchante, passe vite !



Jonathan Chevrier


John Chevrier

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