90's

[CRITIQUE] : 90’s


Réalisatrice : Jonah Hill
Acteurs : Sunny Suljic, Katherine Waterston, Lucas Hedges, Na-kel Smith, Olen Prenatt,…
Distributeur : Diaphana Distribution
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h24min

Synopsis :
Dans le Los Angeles des années 90, Stevie, 13 ans, a du mal à trouver sa place entre sa mère souvent absente et un grand frère caractériel. Quand une bande de skateurs le prend sous son aile, il se prépare à passer l’été de sa vie…



Critique :



Dans la longue liste des comédiens " in " du moment passant derrière la caméra, Jonah Hill était sans doute celui que l'on attendait le moins, non pas que l'on doute une seule seconde du talent du bonhomme, qui a su intelligemment se désolidariser du carcan de la comédie potache pour aller voir si l'herbe des autres genres était bel et bien plus fraîches (notamment chez Scorsese et Van Sant, ou il a brillé de mille feux), mais tout simplement parce que l'on ne pensait pas forcément que le comédien passerait aussi vite le cap de la réalisation, lui qui n'est véritablement établi dans le business depuis à peine une décennie.


Mais ne pas s'attendre à le voir débarquer avec un premier essai derrière la caméra ne veut pas pour autant dire que l'on n'attend pas pour autant de découvrir ce dit film, sobrement intitulé 90's dans l'hexagone, surtout qu'il s'annonçait sur le papier comme une quête initiatique furieusement intime, avec pour cadre géniale les glorieuses - pour tous ceux qui y ont grandi tout du moins - 90's.
Teen movie jusqu'au bout de la pellicule, gentiment lové entre les cinémas de Larry Clarke, Gus Van Sant et Richard Linklater - dont il assume tout du long la filiation -, flanqué au beau milieu des années 90 dont il reprend tous les codes populaires et la nostalgie qu'ils entrainent (de la bande son aux références à la culture pop, les skate-parks,...), le film suit les basques d'un ado - Sunny Suljic, formidable - comme les autres, Stevie, treize ans au compteur et les tourments identitaires qui vont avec, et qui peine grandement à trouver sa place entre une mère bien trop absente et un grand frère tyrannique qui joue plus des coups que des câlins.
Seul contre tous, le gamin va pourtant, lors d'un été comme seuls peuvent l'être ceux de l'adolescence, s'enticher d'une bande de skateurs tous plus âgés que lui, et se crée sa propre famille de substitution.


Chronique vibrante à hauteur d'enfant - ou plus vraiment -, sur l'apprentissage du dur passage à la vie d'adulte observé avec finesse et attention, vrai film de sensation et de sentiments d'une universalité touchante ne tombant dans les facilités larmoyantes du mélodrame grâce à une écriture intelligente et un amour sincère pour ses personnages; 90's, délicat et droit sur son skate, est une belle balade sauvage et authentique à la fois, qui démontre sans forcer que le Jonah Hill cinéaste a définitivement autant à nous dire que le Jonah Hill comédien.
Et ça, c'est une sacrée bonne nouvelle pour le futur.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.