Chroniques

[FUCKING SERIES] : Love, Death + Robots saison 1 : De la SF rude et glaciale




(Critique - avec spoilers - de la saison 1)

Petit retour en arrière, le vénéré David Fincher avait eu l'intention en 2008, de raviver le projet de remake - ou relecture - du classique animé Heavy Metal, épopée érotico-SF pour laquelle il voulait convoqué de nombreux cinéastes pour mettre en boîte plusieurs courts et signer une anthologie animée pour adultes référence.
Mais comme d'habitude avec le bonhomme, Hollywood a gentiment fait en sorte que le projet capote, l'obligeant à mûrir son obsession pour plus ou moins la concrétiser onze ans plus tard via Netflix, avec Love, Death + Robots, concocté avec l'aide d'un de ses collaborateurs sur son projet perdu, Tim Miller; une anthologie de dix-huit courts articulés autour des thèmes phares annoncés dès le titre (l'amour donc, mais aussi la mort et... les robots), avec une vision profondément rude et glaciale de la science-fiction, et donc profondément addictive.
Ne brossant jamais son spectateur dans le sens du poil, aussi esthétiquement renversant et maîtrisé qu'ils sont tous profondément éclectique tout en brassant une multitude d'émotions diverses, les différents courts de l'anthologie, joliment déconnectés des uns des autres, se rejoignent pourtant sur un point essentiel qui est même en filigrane, le mojo de toute cette première saison.



Tous ou presque incarnent de vrais moments de cinéma anxiogène et étouffant, dilué soit dans un humour volontairement absurde, soit dans une proposition franchement effrayante.
Traitant de sujets très actuels (la crise économique et environnementale, la dépendance de l'humanité envers ma technologie moderne,...) en les exploitant avec beaucoup d'intelligence et de finesse (pas forcément fin à tous les coups, comme pour " The Witness ", très cul - voire culotté vu l'histoire - et gênant), Love, Death + Robots, porté par quelques épisodes/courts absolument merveilleux (" Sonnie's Edge " et " Three Robots " en tête, avec leur animation CGI hyper-réaliste), ne se prive de rien et jouit d'une liberté étonnante (que ce soit du point de vue de l'érotisme ou de la violence, c'est vraiment très, très libre), pour mieux incarner une expérience visuelle et télévisuelle unique, une rafraîchissante et fascinante anthologie animée peut-être pas toujours agréable mais qui défie avec culot le genre.
Et ça fait vraiment du bien.


Jonathan Chevrier 



John Chevrier

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