Critiques

[CRITIQUE] : Shazam !


Réalisateur : David F. Sandberg
Acteurs : Zachary Levi, Asher Angel, Mark Strong, Djimon Hounsou, Jack Dylan Grazer, Grace Fulton,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Action, Fantastique, Comédie.
Nationalité : Américain
Durée : 2h12min

Synopsis :
On a tous un super-héros qui sommeille au fond de soi… il faut juste un peu de magie pour le réveiller. Pour Billy Batson, gamin débrouillard de 14 ans placé dans une famille d'accueil, il suffit de crier "Shazam !" pour se transformer en super-héros.
Ado dans un corps d'adulte sculpté à la perfection, Shazam s'éclate avec ses tout nouveaux superpouvoirs. Est-il capable de voler ? De voir à travers n'importe quel type de matière ? De faire jaillir la foudre de ses mains ? Et de sauter son examen de sciences sociales ? Shazam repousse les limites de ses facultés avec l'insouciance d'un enfant. Mais il lui faudra maîtriser rapidement ses pouvoirs pour combattre les forces des ténèbres du Dr Thaddeus Sivana…



Critique :


À une heure où la stratégie du Worlds of DC est plus que nébuleuse (pour être poli), voir débarquer Shazam !, un temps nommé Captain Marvel avant son rachat par DC Comics, débarquer dans les salles justement peu de temps après Captain Marvel (douce ironie) mais surtout quelques semaines avant le plus gros blockbuster du genre ever, Avengers : Endgame, a de quoi décontenancer un brin - on fait méchamment plus vendeur que ce héros, surtout dans leur (très) riche catalogue -, même si le calendrier méchamment chargé de la firme implique d'avoir au moins un film super-héroïque dans la danse testostéronée et friquée des blockbusters estivaux.


Et force est d'avouer que l'on ne savait pas non plus trop quoi attendre du premier blockbuster du résolument talentueux David F. Sandberg, habitué au cinéma horrifique, porté par le génial Zachary Levi, dont la présence sur grand écran se résumait avant tout à des seconds-rôles dans des bandes familiales/populaires pas forcément défendables.
Surtout que le projet avait connu plusieurs formes bien plus alléchantes, dont une portée par Dwayne Johnson dans la peau de Black Adam, avant que le duo Warner/DC ne se décide à offrir un film solo aux deux personnages.
La surprise à sa vision n'en fut donc que plus grande, tant Shazam ! coche toutes les cases du divertissement familial aussi attachant et bienveillant qu'il est drôle et d'une sincérité à toute épreuve.
Un blockbuster calibré faisant fit de son aspect un poil trop conventionnel (origin story oblige) pour mieux incarner - sans véritablement renouveller le genre pour autant - une vision rafraîchissante et épurée du mythe super-héroïque, proche dans un certain sens, la fraîcheur et la candeur du premier Spider-Man de Sam Raimi et tout récemment, du très réussi Spider-Man : New Generation.


Ludique, décomplexé et intelligemment ancré dans son époque, le film joue avec brio sa carte de péloche super-héroïque déconnectée d'un shared universe, tout en ayant le (vrai) bon goût de ne pas charger son intrigue en action (il y en a peu, juste ce qu'il faut, notamment un final gentiment bordélique) pour mieux faire la part belle à ses personnages, et il réussit presque partout où le récent Aquaman s'était montré un peu plus fébrile.
Si James Wan avait calqué le socle MCU pour faire de son opus solo un divertissement hybride entre bande d'aventure 80's et film de super-héros moderne, ici David F. Sandberg réussit encore mieux son apprentissage de la méthode, et touche à un autre versant du cinéma béni des 80's : les teen movies Amblin, avec un regard résolument enfantin, même dans son versant le plus sombre.
Pure comédie à forte tendance parodique et même " buddy moviesque " très porté sur le second degré, Shazam ! cite Big et la folie des Goonies autant que Last Action Hero dans son appréhension pleine de tendresse et d'autodérision du genre, et ne brade jamais son amour du spectaculaire au point même d'être un poil trop généreux sur la durée (plus de deux heures bien tassées), et de se laisser aller à quelques incohérences grosses comme les biscottos de son héros.


Mais comme dit plus haut, ses menus défauts n'emportent en rien le mojo séduisant et infiniment défendable de Sandberg : vouloir modestement faire un film de super-héros à hauteur d'enfants, plongeant tête la première dans le fun quitte à sacrifier son sérieux (et son vilain majeur, incarné par un Mark Strong terrifiant), pour mieux renforcer son statut de divertissement old school jusqu'au bout de la pellicule.
Une oeuvre maîtrisée où la magie du héros à pouvoir retrouve sa forme pure et originelle - des muscles et une cape -, sous les traits bienveillant et benêt d'un Zachary Levi définitivement trop rare, et complètement fait pour le rôle.
Rythmé, énergique, généreux et merveilleusement sincère autant dans son humour que dans ses émotions, Shazam ! vise continuellement juste et incarne une belle réussite autant qu'une étonnante surprise, qui mérite décemment son petit buzz positif en salles.


Jonathan Chevrier 

John Chevrier

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