Critiques

[CRITIQUE] : Everything, Everything


Réalisateur : Stella Meghie
Acteurs : Amandla Stenberg, Nick Robinson, Ana de la Reguera,...
Distributeur : Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Romance, Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h36min.

Synopsis :
Que feriez-vous si vous ne pouviez plus sortir de chez vous ? Ni respirer l'air pur de la mer, ni sentir la chaleur du soleil sur votre visage… ni même embrasser le garçon qui vit à côté de chez vous ? Everything, Everything raconte l'histoire d'amour insolite entre Maddy, adolescente futée, curieuse et inventive, et son voisin Olly. Car même si la jeune fille de 18 ans souffre d'une maladie l'empêchant de quitter l'environnement confiné de sa maison, le garçon refuse que ces circonstances n'entravent leur idylle.
Maddy n'aspire qu'à sortir de chez elle et à découvrir le monde extérieur et à goûter à ses premiers émois amoureux. Alors qu'ils ne se voient qu'à travers la fenêtre et ne se parlent que par SMS, Maddy et Olly nouent une relation très forte qui les pousse à braver le danger pour être ensemble… même s'ils risquent de tout perdre.



Critique :


Et si le teen movie renaissait définitivement de ces cendres, après plus d'une décennie à subir les outrages d'une vague de potacherie aiguë et de dystopies adolescentes indigestes ?
Dans un genre sclérosé, comptant approximativement un chef-d'oeuvre pour quarante-douze bouses, l'espoir restait entier de ne plus voir le vénéré et regretté John Hugues, aligner les loopings de dépit dans sa tombe.
Depuis environ deux, trois ans, force est d'avouer que l'on aperçoit tout de même le bout du tunnel avec un enthousiasme non feint.


Si quelques comédies bien grasses trouvent de temps en temps notre clémence (le jouissif Projet X), tout autant que les adaptations littéraires aventuro-SF pour boutonneux facilement influençables (la saga Hunger Games, La Stratégie Ender), ou encore les bluettes shooté à la guimauve de supermarché (Nos Etoiles Contraires); le cinéma indé US aura surtout su nous surprendre de la plus belle des manières avec des péloches finement scriptés et ayant toutes - ou presque - fait leurs gammes dans le sacro-saint Festival de Sundance (Le Monde de Charlie, The Spectacular Now, Cet Eté-Là, White Bird, La Face Cachée de Margo, Dope, This is not a Love Story...).
Dans une volonté de continuer à redorer le blason du genre de la plus belle des manières, et quelques mois après le fantastique OFNI Fantastic Birth de Rosemary Myers, voilà que débarque dans les salles obscures hexagonales en cet enthousiasmant début d'été, Everything, Everything, adaptation du roman young adult éponyme, signé Nicola Yoon.


En partant d'un pitch rappelant fortement Le Temps d'un Automne (une romance adolescente avec la maladie en toile de fond), le film de Stella Meghie croque une love story assez singulière entre Maddy, qui a passé sa vie coincée dans une maison stérile à cause d'un trouble du système immunitaire qui la rend vulnérable aux maladies - la maladie de " l'enfant-bulle " -, et Olly, son voisin, qui doit lui aussi lutter avec son propre fardeau (un paternel alcoolique).
Ou quand une princesse belle et intelligente - et qui, comme par hasard, vient tout juste de fêter ses dix-huit printemps -, ne demande qu'à être sauvée de sa prison de verre, par un beau et mystérieux prince charmant, au look de surfeur.
Qu'on se le dise, tout est cousu de fil blanc dans Everything, Everything, sans compter quelques incohérences (la fugue vers Hawaï en tête) et symboles lourdauds, qui sont assénés avec la finesse d'un hippopotame en rûte, jusque dans les habitudes vestimentaires des personnages : la pureté blanche de Maddy à celle plus sombre d'Olly, tout de noir vêtu et incarnant l'interdit (on peut également voir le blanc et le noir comme les habits de deux époux).


Et pourtant, difficile de ne pas croire en cette passion naissante réaliste - jusque dans son étonnant twist -, jamais niaise et férocement empathique (les deux héros sont adorables dans leurs hésitations et leurs tâtonnements), ou la promesse d'un amour sans bornes peut servir de ticket fantastique pour s'évader d'une réalité aussi cruelle que douloureuse.
Petite bulle de romantisme enchanteresse sur l'éveil à l'amour et le difficile passage à l'âge adulte, pas dénué de moments durs (que ce soit la condition de Maddy ou la violence du père abusif d'Olly) mais muée par un joli message d'espoir (la nécessité de prendre des risques pour pleinement vivre sa vie), Everything, Everything fait surtout mouche par la force évocatrice de son brillant duo vedette, Amandla Stenberg et Nick Robinson, à l'alchimie convaincante pleine de tendresse.
Bref, un beau petit moment de cinéma énergique, charmant et poignant, qu'il serait bien dommage de ne pas mirer dans les salles obscures, à quelques jours de la Fête du cinéma...


Jonathan Chevrier




John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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