À Bras Ouverst

[CRITIQUE] : À Bras Ouverts


Réalisateur : Phillipe de Chauveron
Acteurs : Christian Clavier, Ary Abittan, Elsa Zylberstein,...
Distributeur : SND
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français.
Durée : 1h32min.

Synopsis :
Figure de la scène littéraire et médiatique française, Jean-Etienne Fougerole est un intellectuel humaniste marié à une riche héritière déconnectée des réalités. Alors que Fougerole fait la promotion dans un débat télévisé de son nouveau roman « A bras ouverts », invitant les plus aisés à accueillir chez eux les personnes dans le besoin, son opposant le met au défi d'appliquer ce qu'il préconise dans son ouvrage. Coincé et piqué au vif, Fougerole prend au mot son adversaire et accepte le challenge pour ne pas perdre la face. Mais dès le soir-même, on sonne à la porte de sa somptueuse maison de Marnes-la-coquette… Les convictions des Fougerole vont être mises à rude épreuve !



Critique :



Alors que le tâcheron Gangsterdam continue gentiment mais surement à engranger les entrées dans les salles obscures sans qu'on l'invite à tirer sa révérence, la comédie française persiste dans la veine embarrassante de son catalogue printanier avec le mal buzzé À Bras Ouverts; nouveau long métrage Philippe de Chauveron, papa du gros carton (aussi consternant qu'impressionnant) français de 2014, Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu ?.
De retour définitivement pour nous jouer un mauvais tour, et accompagné par une partie de la distribution de son précédent film, Christian Clavier et Ary Abittan (déjà associés dans la merdasse qui puire un brin Les Visiteurs - La Révolution), le bonhomme s'échine de nouveau à vouloir jouer avec les clichés de notre bonne vieille France contemporaine au sein d'une comédie façon vraie-fausse satire sociale tapant gentiment sur la caboche des roms et des bobos de gauche.



Initialement intitulé Sivouplééé (true story), et bien loin de la comédie de moeurs efficace espérée, À Bras Ouverts tourne douloureusement en dérision les clichés et les stéréotypes pour accoucher d'une péloche vaudevillesque pas toujours très drôle (mais on rit parfois, il faut être honnête), un moment de cinéma plus ou moins donneur de leçons et qui, en pleine campagne présidentielle, tente de faire entendre un discours abject et malsain qui sonne faux tout du long.
En dehors de la caricature consternante de la communauté Rom - qui en prend plein la poire - et de son mauvais goût évident (on ne parlera pas de racisme facile, mais pas loin), c'est surtout toute l'entreprise qu'incarne le film, qui manque douloureusement de souffle et même d'intérêt; car si l'on ne doute pas forcément des bonnes intentions de Chauveron, son traitement indéfendable de ce " rire de et avec tout le monde " férocement moqueur, est rarement humaniste et au final loin d'être crédible pour un sou.



Lourd, tourné à la truelle tout en étant, étrangement, interprété avec implication par un trio vedette Clavier/Abittan/Zylberstein assez convaincant - malgré quelques excès -, À Bras Ouverts est une comédie aussi facile qu'elle est maladroite, qui gâche autant ses quelques bonnes idées (user de la communauté Rom pour pointer du doigt les vertus et le mode de vie des sociétés occidentales) que le potentiel comique incroyable de son casting.
A oublier, même si le film devrait faire parler de lui encore un bon moment...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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