Adam Wingard

[CRITIQUE] : Blair Witch


Réalisateur : Adam Wingard
Acteurs : Brandon Scott, Callie Hernandez, Valorie Curry,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Epouvante-Horreur.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h30min.

Synopsis :
James et un groupe d'amis décident de s'aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d'élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s'estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu'ils s'enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu'ils pouvaient imaginer...



Critique :



Véritable phénomène de société  part entière, souvent copié et parodié (Scary Movie en tête) mais jamais égalé, Le Projet Blair Witch est non seulement une référence dans le genre horrifique contemporain, mais surtout rien de moins que l'une des péloches les plus effrayantes et efficaces de l'histoire du cinéma de genre.

En avance sur son temps (found-footage style), épurée à l'extrême (pas d'effet spécial, pas de vilain/monstre identifiable, pas de score et encore moins de vedettes au casting) et tournée pour un budget dérisoire, le film de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez - qui n'ont d'ailleurs rien fait de bien bandant par la suite - est une merveille d'horreur suggestive, appuyée par un pitch simpliste (trois jeunes, partis pour un reportage vidéo, se perdent dans une forêt supposément hantée par la sorcière de Blair) et un casting d'inconnu méchamment crédible.



Démarquage malin et appliqué entre autres, de Cannibal Holocaust, la bande avait quelques années plus tard, subit les affres d'Hollywood la Putain en se voyant vulgairement franchisée via un second opus pitoyable au possible - Book of Shadows - Blair Witch 2, et intronisé sans forcer au panthéon des suites/purges les plus indigestes du septième art.
Mais, visiblement, le chef-d'oeuvre de Myrick et Sanchez était appelé à revenir sur le devant de la scène, et pas uniquement pour satisfaire une pléthore de fans désirant enfin, une suite digne de ce nom à leur objet de culte (249 millions de dollars de recette pour seulement 60 000 de budget, ça fait réfléchir).

Produit dans le secret et échoué à l'excellent Adam Wingard, le sobrement intitulé Blair Witch aura savamment constitué un buzz maousse costaud autour de sa pellicule, sa véritable nature n'étant dévoilé que deux mois à peine avant sa sortie dans les salles obscures mondiales (le projet ft un temps nommé The Woods), au Comic-Con de San Diego; calquant sa promotion sur celle très habile, du génial 10 Cloverfield Lane sortie plus tôt dans l'année.



Sur un prétexte assez facile (difficile de lui en tenir rigueur), Wingard nous ramène sur les lieux du crime vingt ans plus tard, en suivant les aléas de James et de sa bande, qui décident de s’aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch.
Et bien évidemment, ils vont très vite réaliser que cette légende est méchamment vraie, et qu'une présence menaçante leur fera regretter de l'avoir dérangé

Sacrément attendu au tournant - et le mot est faible -, marqué par le saut d'un procédé décemment arrivé en bout de course (le found-footage, usé jusqu'à la moelle mais ici pleinement légitimé), ce Blair Witch version 2016, aussi efficace et divertissant soit-il, n'en est pas moins une grosse déception pour les amateurs du cinéma de genre, qui attendait beaucoup du traitement potentiellement novateur de Wingard.
Un brin prévisible, à l'exposition assez laborieuse et trop partiellement stressant là ou Blair Witch premier du nom offrait une gestion de la tension remarquable; le film pêche avant tout et surtout dans sa caractérisation limitée et stérotypée de ses personnages, là ou les héros d'origine, loin des stéréotypes mais certes pas forcément plus esquissés, parvenait pourtant à rendre cette balade/enquête cauchemardesque bien plus immersive et empathique.



Si l'identification est difficile, le réalisme totalement mis de côté (la ou il était farouchement questionné dans le premier opus) et l'expérience un brin frustrante même si relevé par un final complètement barré, cette suite réussie néanmoins à donner plus de consistance à l'univers crée par le film original, et à s'en démarquer (plus de victimes, mais surtout fini les multiples niveaux lectures, ici l'entité maléfique n'est plus vraiment mystérieuse, et elle sévit surtout bien plus) tout en respectant scrupuleusement sa mythologie (sans pour autant en déflorer tous ses secrets, ouvrant la porte ainsi à d'autres suites).

Bien loin de l'aura puissante et viscérale du chef-oeuvre de Myrick et Sanchez, Blair Witch est une séquelle flippante mais point marquante, tronqué par des partis pris scénaristiques fragiles, un manque criant de naturel et des attentes finalement bien trop grandes à supporter pour ses frêles épaules.
On lui préférera sans l'ombre d'un doute, les récents Dans le Noir et Don't Breathe, qui ont su renouveler le genre avec talent et malice.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.