Bloodline

[CRITIQUE SÉRIES] : Bloodline - Une guerre familiale au paradis


(Critique de la saison 1)

A l'instar du vénéré David Duchovny, Kyle Chandler est de ces monuments du petit écran qui n'ont pas eu pleinement la chance de pouvoir percer sur le grand, malgré quelques participations remarqués par-ci, par-là (on pense, évidemment, aux récent Le Loup de Wall Street de Scorcese et Carol de Todd Haynes). A la télévision en revanche, il a su joliment imposer sa marque de Nord et Sud à Homefront en passant par Demain à la Une et Friday Night Lights ("Clear Eyes Full Heart, Cant Lose"); dont le bon souvenir reste encore prégnant dans la psyché des sériephiles que nous sommes.
Que Netflix lui offre le leadership de sa nouvelle série, Bloodline, scénarisé par les précieux frangins Kessler (Damages), n'a donc rien d'étonnant.

Balancé un peu dans le flou total l'an dernier, au milieu des hits House of Cards, Daredevil et Orange is The New Black, le show mérite pourtant méchamment que l'on y s'intéresse de plus près, que ce soit pour la partition merveilleuse d'un casting vedette au talent certain (Ben Mendelsohn et Kyle Chandler bouffent l'écran, sans oublier les inestimables Sissy Spacek et Sam Shepard, parfaits en parents imparfaits) mais surtout pour le merveilleux drame familial qu'il incarne.


La série s'attache durant treize épisodes, au destin de la famille Rayburn, famille aux apparences parfaite au sein d'un cadre qui l'est tout autant, qui voit sa vie tranquille troublé avec l'arrivée du vilain petit canard, Danny. Une arrivée indésirée qui réveillera de lourds secrets intelligemment dévoilés au sein d'une première salve habilement maitrisée et déjouant complétement le ton faussement léger de son épisode pilote. Sous ses apparences banales, la série incarne un drama familiale intense et prenant, un formidable duel fermé entre deux frères ou le mensonge, les trahisons et les menaces règnent en maitres.
Tortueux et émouvant à la fois, dénué de tous clichés et immédiatement addictive, elle tiraille son spectateur de tout son long en le faisant passer par toutes les émotions possible grâce à une histoire prenant lentement son temps pour distribuer toutes ses cartes, mais également grâce à des personnages aussi follement empathiques qu'ils sont finement approfondis.

Complexe et volontairement désordonné (la timeline, complètement déstructurée, est l'une des valeurs ajoutées du show), esthétiquement irréprochable, bourré jusqu'à la gueule de rebondissements en tout genre jusqu'à un final terrible, l'ambitieuse Bloodline frappe fort et démontre toute l'indécente qualité du catalogue créatif d'une plateforme Netlifx qui ne s'arrêtera décemment plus de nous surprendre.


Une superbe chronique sur une famille encerclé par le sang, le malheur et la honte, qui amorce lentement mais surement une longue descente aux enfers sous nos yeux de sériephiles conquis.
Bonne nouvelle, Netflix a déjà commandé une saison 2 qui devrait débarquer d'ici le 27 mai prochain.

On en bave d'avance...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

0 commentaires:

Publier un commentaire

Fourni par Blogger.