Bruce Willis

[CRITIQUE] : Sin City : J'ai Tué Pour Elle


Réalisateur : Robert Rodriguez et Frank Miller
Acteurs : Josh Brolin, Eva Green, Jessica Alba, Mickey Rourke, Joseph Gordon-Levitt, Powers Boothe, Dennis Haysbert, Rosario Dawson, Ray Liotta, Juno Temple, Bruce Willis, Jamie King, Jamie Chung, Ray Liotta, Stacy Keach, Jeremy Piven, Lady Gaga,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : 80 000 000 $
Genre : Thriller, Drame, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h42min.

Synopsis :
Dans une ville où la justice est impuissante, les plus désespérés réclament vengeance, et les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices.
Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d'un tas de cadavres. Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark. Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars. De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n'aspire plus qu'à assouvir sa soif de vengeance. Elle pourra compter sur Marv…
Tous vont se retrouver au célèbre Kadie's Club Pecos de Sin City…


Critique :


Parles à mes cultes, mon cinéma est malade...

Voilà ce que pourrait décemment dire aujourd'hui le sympathique et attachant cinéaste mexicain (mais surtout texan) Robert Rodriguez, dont sa dernière décennie de péloches ne nous aura émoustiller que partiellement, Sin City et Planète Terreur - et dans une moindre mesure Machete -, ne pesant finalement pas des masses face à la floppée de déceptions pondues par le lascars (Machete Kills, Desperado 2 et la franchise Spy Kids, pour ne citer que).

Un triste constat pour le papa d'Une Nuit en Enfer, qui ne fera finalement, que nourrir son statut de metteur en scène qui divise salement la communauté des cinéphiles du monde entier depuis plusieurs années maintenant.
Paresseux et impatient pour les uns (ce qui n'est pas entièrement faux), généreux et amoureux inconditionnel du septième art bricolé pour d'autres - dont moi -, le bonhomme a au moins pour lui, le mérite de faire le buzz à chacune de ses sorties en salles.

Jamais aussi bon que lorsqu'il cornaque le script d'un auteur (Une Nuit en Enfer et Planète Terreur co-écrit avec son poto Tarantino, Sin City avec Frank Miller ou encore The Faculty avec Kevin Williamson), le Robert nous revient cette fois avec le tant attendu Sin City 2 : J'ai Tué Pour Elle, une arlésienne qui peinait à pointer le bout de son nez depuis neuf ans, et pour laquelle il retrouve tout son casting d'origine - enfin presque -, avec en prime Eva Green, Joseph Gordon-Levitt, Juno Temple, Ray Liotta, et Josh Brolin, rien que ça.



Une suite foutreusement attendu même si elle s'est méchamment - et pour le coup, inexplicablement - ramassé la gueule au box-office US cet été, la pire gamelle de la saison d'ailleurs...

Sin City ou, comme on le sait, est une ville où la justice est impuissante, ou les plus désespérés réclament vengeance et ou les criminels les plus impitoyables sont poursuivis par des milices.
Marv se demande comment il a fait pour échouer au milieu d’un tas de cadavres.

Quand à lui, Johnny, jeune joueur sûr de lui, débarque à Sin City et ose affronter la plus redoutable crapule de la ville, le sénateur Roark tandis que le flicard Dwight McCarthy vit son ultime face-à-face avec Ava Lord, la femme de ses rêves, mais aussi de ses cauchemars.

De son côté, Nancy Callahan est dévastée par le suicide de John Hartigan qui, par son geste, a cherché à la protéger. Enragée et brisée par le chagrin, elle n’aspire plus qu’à assouvir sa soif de vengeance, et celle-ci pourra d'ailleurs compter sur ce bon vieux Marv...

A la vue de cette suite, tout aussi généreuse que frappées par quelques défauts assez dommageable mais qui n’entache jamais pleinement le plaisir fun qu'elle incarne, on se demande tout de même bien pourquoi le film a autant été boudé et critiqué depuis sa sortie le 22 aout dernier, outre-Atlantique.
Un lynchage aussi bien public que professionnel qui, à priori, à autant pour but d'atteindre la bande que Rodriguez himself.


En ce qui concerne son insuccès, peut-être que dans le fond, le problème vient surement du fait qu'aujourd'hui, plus un trimestre de sortie - et encore moins pendant la période des blockbusters - ne se fait pas sans une ou plusieurs adaptations de comics, du coup, difficile d'attirer son public en masse dans les salles obscures, surtout quand on propose un cinéma aussi sombre, ciblé et en noir et blanc tout du long.
Cela et surement son attente beaucoup trop longue, ôtant de facto son titre de révolution visuelle sur pellicule, pour le rendre nettement moins impressionnant vu l'avancée technique actuelle...

Car dans l'état, et ce même si il parait nettement plus brouillon - voir faiblard - dans sa narration que le premier opus, J'ai Tué pour Elle ne méritait certainement pas d'être passé autant inaperçu, sort qu'on suppute qu'il lui arrivera également dans l'hexagone.

Mais il faut dire que dans son envie d'offrir une séquelle encore plus généreuse, ce bon vieux Rob s'est aussi un brin mis les fans de l’œuvre original à dos, en n'adaptant uniquement le tome 2 - et un petit bout du tome 6 -, là ou beaucoup s'attendait à ce qu'il fasse le grand écart en adaptant les trois tomes restant (soit deux, cinq et six, Sin City reprenant déjà des passages des premier, troisième et quatrième tomes du comics).

A la place, et c'est aussi bien un parti pris couillu que bancale - Miller n'est plus la plume d'exception qu'il était, tout comme lui -, le texan ajoute à sa péloche des histoires originales, parfois réussites (l'intrigue de Johnny, même si elle laisse perplexe dans sa conclusion expéditive), souvent inutiles (Nancy's Last Dance, la moins bandante du lot et elle aussi, au final incompréhensible), constamment brouillonne, découpé n'importe comment et trop étirée sur la longueur (le premier film comptait trois histoires de tailles équivalentes, ici le tome 2 prend plus d'importance que les deux autres courtes histoires), et dont la seule caution de Vraie suite, puisque toutes les autres histoires sont des préquelles, n'est assurée que par l'histoire de Nancy Callahan.


Si l'effet de surprise visuelle n'est plus là - les deux metteurs en scènes se reposent beaucoup sur leurs acquis -, que les éclats de couleurs sont bien moins maitrisés que dans Sin City premier du nom et que Rodriguez ne se démène pas trop non plus pour dynamiser sa mise en scène (c'est pas digne du foireux Spirit de Miller, mais pas loin), force est d'admettre que ce méchant bordel à tout de même sacrément du charme - hors la 3D pas du tout immersive -, comme tout film du cinéaste, et que l'on reste toujours un brin enthousiaste à la vue de la violence décomplexée de ce polar hardboiled à la savoureuse narration en voix off.

Si les mâles, gueules cassées du métrage, on rarement paru aussi charismatique qu'ici (Joseph Gordon-Levitt surtout), les femmes elles, fruits de toutes les passions et de tous les affrontements, sont l'incarnation même de la puissance et de la détermination dans un noir et blanc épuré et stylisé, qui les iconisent à merveille.

Dans la peau de la " femme à abattre ", Ava Lord, la sublime Eva Green parait plus sculptural et vénéneuse que jamais.
Souvent nu - et le mot est faible - tout en étant aucunement en position de faiblesse, elle est une femme fatale sans scrupule qui joue de ses charmes sur les hommes - et surtout Dwight, campé par un solide Josh Brolin - pour mieux les utiliser et nourrir sa soif de pouvoir.

Une prédatrice pure et dure dont on ne peut que se souvenir, tout comme Nancy Callahan dans le fond, campée par une Jessica Alba des plus convaincantes, dark et sexy, stripteaseuse alcoolique qui use de son corps comme une arme sur les membres du sexe opposé, mais dont l'âme et le cœur reste dévoués à un seul homme, Hartigan, qu'elle rêve de venger.
Sa métamorphose aussi bien psychologique que physique reste une des grandes réussites du métrage.


Face à elles, on retrouve avec plaisir un Mickey Rourke toujours aussi inspiré dans la peau du bourrin au grand cœur Marv, au réflexion aussi censé que la rudesse de ses coups.
Joseph Gordon-Levitt lui, y est également absolument parfait en joueur de cartes et de machines à sous qui ne perd jamais, bien décidé à prouver au sénateur Roark - Powers Boothe, flippant - que son talent le surpasse.

Pas la claque attendue, différent puisque plus déséquilibré voir même un poil ennuyant mais recyclant les bonnes idées du film original avec malice (l'humour macabre, les séquences en ombres chinoises, les fights au ralentit ou encore les animations cartoonesques à souhait) et un joli gout de déjà vu dans l'action (on coupe des têtes au sabre et tout le toutim), le tout dans une démesure faisant planer une atmosphère de cauchemar éveillé constant, Sin City : J'ai Tué Pour Elle a beau aligner les défauts bien plus que ses qualités, il n'en reste pas moins un efficace divertissement, le meilleur pondu par Rodriguez depuis... Sin City justement, et le plus généreux depuis La Planète Terreur.

Pas difficile en même temps de faire mieux que Machete Kills, même si il trouve là aussi ici, le moyen de souvent perdre le fil de son histoire à force de trop vouloir miser sur la redite et une certaine auto-suffisance.

Dommage donc que le métrage se soit viandé au B.O. US, on aurait franchement commandé une troisième aventure sur grand écran, même si la sauce commence déjà à sentir le réchauffée et à démontrer ses limites...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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