Critiques

[CRITIQUE] : Tarzan

 

Réalisateur : Reinhard Klooss
Acteurs : avec les voix de Kellan Lutz, Spencer Locke, Trevor St. John,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Animation, Aventure.
Nationalité : Allemand.
Durée : 1h34min.

Synopsis :

Au cœur d’une des régions les plus reculées d’Afrique, John Greystoke, ambitieux président de Greystoke Energies, a découvert une étrange météorite qui semble être la source d’une énergie colossale. En essayant de prélever un échantillon, il provoque un cataclysme auquel seul son tout jeune fils, Tarzan, survivra, perdu au milieu de la jungle.
Recueilli par Kala, une femelle gorille, Tarzan est devenu un jeune homme fort et agile. Pour la première fois depuis la mort de ses parents, il rencontre des humains, notamment Jane Porter, une jolie jeune fille qui accompagne son père, anthropologue, lors de son exploration. Lorsque Jane et son père repartent, c’est un déchirement pour Tarzan. Écartelé entre la part d’homme qui se réveille en lui et sa famille de la jungle, il choisit de vivre seul.
Cinq ans plus tard, William Clayton, à la tête de Greystoke Energies depuis la mort de Greystoke, organise une nouvelle expédition pour retrouver la météorite. Jane l’accompagne… Jane et Tarzan se rapprochent, mais il va leur falloir affronter à la fois Clayton, un homme cupide prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, et les dangers de la jungle… Tarzan va devoir faire appel à son instinct et à toutes ses ressources pour protéger sa maison, sa famille gorille et la femme qu’il aime…


Critique :

Il ne serait pas vraiment exagéré de dire que Tarzan est indiscutablement la figure de la littérature la plus mythique et incontournable de la popculture, tant il nourrit depuis des lustres l'imaginaire collectif.

Tellement adapté sur tous les médias possible que s'en est limite indécent, le personnage crée par le talentueux auteur Edgar Rice Burroughs, va donc une nouvelle fois squatter le grand écran dans la section animation - quinze ans après la brillante version signé Disney -, avec Tarzan 3D, en attendant l'alléchante version live préparée par la Warner, avec, entre autres, Alexander Skaarsgard dans la peau de l'homme-singe, Margot Robbie dans celle de la jolie Jane, mais également les immenses Christoph Waltz et Samuel L. Jackson.

Pourvu d'un pitch foutrement moins bandant, Tarzan 3D se veut une relecture du mythe pour nos petites têtes blondes, très loin d'imaginer le blasphème qu'incarne tous les choix scénaristiques entreprit par le cinéaste allemand Reinhard Kloos - cornaqueur du sympa Animaux et Cie pour Disney -, dont c'est le cinquième long.


Présentation du personnage une fois jeune enfant et non plus bébé, ajout d'un élément SF incohérent (une météorite extraterrestre à la puissance dévastatrice, objet de toutes les convoitises) ainsi que d'une modernisation bourrée de clichés constamment à la limite du ridicule, bref le dépoussiérage grossier du personnage aura très vite raison de larguer le public adulte, tant il n'incarne que purement et simplement un produit commercial bas de gamme pour un public cible véritablement très, très jeune et indulgent.

Tout pour rebuter les cinéphiles que nous sommes jusqu'au clap de fin, si tenter bien sur, que vous résistiez jusque là et que vous ne vous barriez pas avant tant la vision esthétique du métrage pourra franchement en rebuter plus d'un, surtout quand on regarde l'excellente concurrence animée balancées dans nos salles obscures en ce moment même (La Grande Aventure Lego, Mr Peabody et Sherman, Jack et la Mécanique du Cœur ou encore Tempête de Boulettes Géantes 2 : L'Ile des Miam-nimaux).

Visages figés, jungle aux couleurs criardes, 3D anecdotique, paysages limités et pauvres et techniques en retard face aux grosses majors Hollywoodiennes, Constantin Films - mis à part une motion capture intéressante, des gorilles réalistes et une modélisation fluide dans les balades nature de Tarzan -, prouve constamment son manque d'efficacité et le déséquilibre flagrant de sa technologie, que seuls deux, trois fulgurances arrivent à sauver du néant.

Un amas de mauvais point, dont le comble reste bien entendu les clins d'oeils forcés aux oeuvres cultes ayant impliqués Tarzan (la version Disney bien sur, mais surtout le film de 1930 avec Johnny Weissmuller, et le puissant Greystoke avec notre Totoff national).



Impersonnel, sans action - ou presque puisqu'elle n'apparait que dans le dernier quart d'heure - et n'arrivant pas une seule seconde à développer la genèse de son personnage sur près d'une heure trente de péloche, malheureusement, ce nouveau Tarzan ne peut se rattraper sur aucune branche de sa production et n'a d'autre choix que de foutrement se ratatiner la tronche sur le sol, la bouche grande ouverte.

Arrivant à plomber comme jamais un mythe en ayant pris pourtant plein la gueule durant les décennies, Tarzan 3D est d'un ennui confondant sur l'un des héros d'aventures les plus populaires.

Ou quand le manque d'ambition artistique allié un produit purement gadget et commercial, atteignent leur paroxysme...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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