Brie Larson

[CRITIQUE] : Don Jon


Réalisateur : Joseph Gordon-Levitt
Acteurs : Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore, Tony Danza, Brie Larson, Glenne Headly,...
Distributeur : Mars Distribution
Budget : 6 000 000 $
Genre : Comédie, Drame, Romance.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h30min.

Synopsis :
Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques. Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant. Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation…


 Critique :

Dire que le précieux Joseph Gordon-Levitt était salement attendu au tournant avec sa première réalisation, est un doux euphémisme, non seulement parce que tout comédien se la jouant réalisateur est scruté plus que de raison par les cinéphiles que nous sommes, mais surtout parce que le bonhomme a su depuis plus de deux décennies (dans la généralité), se constituer une filmographie aussi dense et pointue qu'enthousiasmante.

Un baptême du feu sous haute tension donc, sachant que pour pimenter le tout, le Joseph ne sait pas facilité la tache, en voulant narrer dans sa péloche, l'histoire d'un crétin pour qui tout est objet, et qui a, en plus, une sérieuse tendance à être accro au porno.

C'est réellement ce qu'on appelle, un putain de pari osé...

Don Jon - ex Don Jon's Addiction -, ou l'itinéraire de Jon Martello, un italo-américain beau-gosse, dont les sports favoris dans la vie sont l'entretien de son corps, de sa baraque et de son sex-apeal, passer pour le fils modèle auprès de sa môman et aligner les plans culs à tout va, tout en veillant bien tous les dimanches, a confesser ses pêchés journaliers à l’église.
Mais ce qu'il aime le plus dans la vie le Jon, c'est la branlette et ce, dans le sens le plus simpliste du terme.



Le porno c'est son dada, mieux que faire l'amour à une femme dans tous les sens possible, s'astiquer le manche pour lui, c'est le nirvana.
Un kiffe ultime qui cependant, se voit lourdement contrecarré par Barbara, une bombe sexuelle accro aux romcoms remettant sérieusement en cause sa virilité, et Esther, une milf tout aussi portée sur la chose, mais moins castratrice...

Après vision, inutile de dire que tous ceux qui attendaient JGL avec la fâcheuse - et stupide - idée d'en découdre et de saquer son premier long, risque de bien se mordre les doigts jusqu'au sang, car non seulement Don Jon s'avère être un premier long plein de malice et d'intelligence, mais surtout, il répond avec maestria à toutes les attentes que sa belle et aguicheuse campagne promo avait promis (et même bien plus encore).

Proche du sublime Shame de Steve McQueen dans son propos - l'addiction au sexe -, même si son approche est bien plus comique que sérieuse et bouleversante, le film est un portrait acide et emballant d'un égocentrique machiste et beauf dans toute sa splendeur.

Caricatural à l'extrême tout en étant infiniment juste, décomplexé sans pour autant tomber dans la facilité de l'excès de voyeurisme, Don Jon est un récit initiatique aussi ludique et passionnant qu'audacieux et simple sur un bourreau des cœurs et de la chair, prisonnier de ses pulsions qui devra in fine changer l'image qu'il a du sexe opposée et de l'amour, pour enfin vivre libre et goûter aux joies de l'affection dans un couple " normal ".


Transcendant avec indécence son simple statut de romcom pour offrir une vraie dramédie pétillante qui a toujours quelque chose à dire, la péloche interroge joliment son spectateur sur la chosification des choses/personnes imposée par la société d'aujourd'hui, mais également sur le rapport au sexe et à l'amour des générations actuelles, complètement infecté et altéré par le pouvoir écrasant et omniprésent de l'image.
Malin, JGL met un point d'orgue à ne jamais juger ses personnages, les regardant toujours avec bienveillance, riant avec eux mais jamais à leur dépens (ou alors sporadiquement).

De quoi permettre à son casting talentueux de s'exprimer à la perfection, lui-même tout d'abord, plus libéré et attachant que jamais dans la peau de l'excessif Jon, mais également les sublimes Scarlett Johansson (excellente en addict aux romcoms, quasi-pétasse sur les bords) et Julianne Moore (comme d'habitude lumineuse, en milf expérimentée et rassurante), sans oublier le mésestimé - et définitivement beaucoup trop rare - Tony Danza, merveilleux en contre-emploi dans la carcasse du père colérique et égoïste, image calque sur laquelle son rejeton s'est instinctivement construit.

Intime, intense et brillant, Don Jon est une première réalisation sous forme de coup de maître, signé par un Joseph Gordon-Levitt véritable couteau-suisse de talent dans une Hollywood de plus en plus balisée et manquant cruellement d'originalité.
Et si il est vrai qu'il peine - un chouïa - à boucler le tout, la mise en scène du Joseph elle, fait le job tout du long avec panache, entre belles idées créatives et récurrences de montage pour le coup très cute et clipesque, donnant au tout de fausses allures cartoonesque par instant.


Très ouvert - même si il reste en marge de la production actuelle et qu'il ne parlera certainement pas à tout le monde -, profondément empathique et passionnant, et parsemé de belles touches d'humour salvatrices, le métrage est un joli petit film sympathique comme on aimerait en voir plus souvent.

Décomplexé, moderne et d'un charme fou, on ne peut qu’espérer que dans un futur proche, Gordon-Levitt repasse très vite derrière la caméra pour nous offrir un autre pur moment de cinéma quatre étoiles.

La balle est dans son camp...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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