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[CRITIQUE] : Fausse note


Réalisateur : Alexandre Arcady
Avec : Benoît Poelvoorde, Kad Merad, Caterina Murino, Pascale Louange,...
Distributeur : Maverick Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français, Belge.
Durée : 1h30min

Synopsis :
Lors de son ultime concert à Paris, un chef d’orchestre de renom est confronté à un admirateur insistant. Sous ses apparences de « Monsieur tout le monde », le « Fan » s’infiltre dans l’Opéra, perturbe la soirée et force un face à face inattendu avec le chef d’orchestre. Surgit alors un passé commun enfoui, où la musique devient le révélateur d’une vérité bouleversante. Une nuit de tension et de vérité où la mémoire, la culpabilité et la justice s’affrontent en sourdine.




Pour les cinéphiles biberonnés au cinéma des 80s dont le bon goût est, évidemment, hautement relatif, Alexandre Arcady, c'est avant tout et surtout le papa de grands films populaires pas toijours recommandables mais mémorables, du Grand Pardon et sa suite (sorte de rip-off juif pied-noir du Parrain) au Coup de Sirocco, en passant par le si sympathique Hold-Up (avec un Bebel des grands jours) où même le buddy movie musclé L'Union Sacrée, avec le tandem Bruel/Berry.
Un cinéma sincère mais désuet, fait de raccourcis (très) facile - voire même irritants -, dont certains efforts vieillissent presque aussi mal que leurs VHS (même quand on y prend soin), parce que cruellement de leur époque aussi.

Tellement que le cinéaste, qui n'a pas forcément changé de style ni de fusil d'épaule au fil des décennies, n'a eu de cesse de se prendre les pieds dans le tapis, au point de croquer de nombreuses bandes aussi grandiloquentes et caricaturales à l'extrême, que profondément indéfendables (coucou Comme les 5 doigts de la main).

Copyright Moonlight Distribution

Et si Le Petit blond de la casbah conjurait un brin ce sort, sorte de cousin The Fabelmans tout en nostalgie et à hauteur d'enfants, où le cinéaste ressuscitait son passé dans une chronique certes gentiment inégale et un poil démonstrative, mais néanmoins honnête et touchante, il retombe méchamment dans ses travers avec le wannabe thriller psychologique sauce huis clos tragique - dans tous les sens du terme- Fausse note (titre prophétique... ou pas loin), mise en images de la pièce de théâtre éponyme de Didier Caron qui convoque - de manière excessivement maladroite, pour ne pas dire gênante  - les traumatismes de la Shoah au détour d'une confrontation revancharde entre un chef d'orchestre de renom et un admirateur insistant (où plutôt entre un homme qui renvoie à un bourreau la culpabilité nichée dans un passé qu'il a consciemment enfoui), au coeur d'un cadre rare (l'Opéra-Comique) jamais véritablement mis en valeur - même s'il incarne une prison labyrinthique pour l'un des deux personnages.

De potentiellement accrocheuse (surtout avec la présence d'un duo Poelvoorde/Merad en contre-emploi), la séance se fait vite téléphonée, croulant sous le poids d'une écriture manichéenne, entre dialogues sur-explicatifs et refus de développer ses thématiques au-delà du statut embryonnaire, que ne vient même pas relever une mise en scène sans ampleur, emprisonnée par ses élans théâtraux datés et aux effets artificiels.
Pas qu'une fausse note donc, pour un ersatz de La Jeune fille et la mort sans tension, mais avec une neige numérique qui fait tâche...


Jonathan Chevrier