[TOUCHE PAS NON PLUS À MES 90ϟs] : #158. Eraser
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Nous sommes tous un peu nostalgiques de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 90's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars. Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se baladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leur mot à dire... Bref, les 90's c'était bien, tout comme les 80's, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération. Alors attachez bien vos ceintures, prenez votre ticket magique, votre spray anti-Dinos et la pilule rouge de Morpheus : on se replonge illico dans les années 90 !
#158. L'Effaceur de Chuck Russell (1996)
Sors ta DeLorean et réponds à cette question ultra simple : t'es de retour dans la seconde moitié des 90s, époque où les action men ont perdu de leur superbe à Hollywood, et on te propose un film d'action bien burné avec le monument Arnold Schwarzenegger en vedette et James Cann dans la peau d'une crevure géniale, avoues que ça titille ton intérêt, non ?
Alors ouais, si t'as la mauvaise foi d'un cinéphile élitiste qui ne sait pas ce que peut flairer l'odeur de la bisserie de luxe, squattant furieusement les bacs à DVD de ton Leclerc préféré (un parfum oscillant entre le souffre, le pet concentré et la transpiration), tu pourrais dire que tout film impliquant le bonhomme passé le second tiers des années 90, est une horreur à regarder (Junior, La Course aux jouets et Batman & Robin dans nos veines).
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C'est toute la promesse donc de L'Effaceur, opus de destruction massive chapeauté par un Chuck Russell fraîchement aureolé du succes de The Mask (!), et qui se revendique dans la lignée du pétaradant et jouissif Commando de Mark L. Lester, dont Schwarzy reprend peu ou prou le même héros invincible à la profondeur taillée à la serpe (un clone de John Matrix, John Kruger aka L'Effaceur, super-agent du FBI qui assure la securite d'informateurs impliqués, et qui prend sous son aile Lee Cullen, une cadre d'une importante societe d'armement americaine qui découvre, par hasard, que ses patrons sont impliques dans un gros trafic d'armes auprès de trafiquants russes... les 90s), le film ne fait jamais dans la dentelle, que ce soit via une affiche mémorable (Schwarzenegger, un fusil à plasme de l'espace, du feu en fond et une punchline terrible " il effacera votre passé pour protéger votre avenir "), où une propension à enchainer les séquences spectaculaires (l'intro, les scènes de l'avion et du zoo, où encore le final sur le port).
Déroulant avec une assurance rare une intrigue prétexte se rêvant autant polar qu'actionner décérébré (autodérision et punchlines folles en prime), tout autant qu'il surfait de manière délibérée sur une expression presque cartoonesque de la violence, Eraser, certes plombé un brin par sa mise en scène conventionnelle et sans ampleur (heureusement qu'Alan Silvestri est là à la B.O.), vaut néanmoins gentiment son pesant de pop-corn une soirée de galère intense.
Puis un éternel Conan qui lâche un " sac à main " après avoir zigouiller un crocodile lancé à ses trousses, ça vaut tout l'or du monde...
Jonathan Chevrier







