[CRITIQUE] : Les Lumières de New York
Réalisateur : Lloyd Lee Choi
Acteurs : Chang Chen, Fala Chen, Perry Yung, Laith Nakli,...
Distributeur : KMBO
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain, Canadien.
Durée : 1h45min.
Synopsis :
Lu, arrivé de Chine à New York avec le rêve d’ouvrir son restaurant, voit rapidement ses espoirs s’effondrer, le laissant enlisé dans les dettes et les petits boulots invisibles. Sa femme et sa fille, qu’il n’a pas vues depuis des années, viennent enfin le rejoindre, avec le désir de reconstruire une vie à ses côtés. Alors, le temps de quelques jours, Lu s’efforce de leur offrir un moment de bonheur et de raviver les lumières d’un avenir possible.
Il y a des films qui, même si nous sommes tous sensiblement matraqués par des campagnes promotionnelles qui dévoilent - d'une manière plus où moins consentie - quasiment tous leurs secrets (un constat qui ne concerne pas uniquement les divertissements populaires), arrivent parfois à tromper nos attentes de la plus belle des manières, à voguer vers une voie qu'on ne leur prêtait pas forcément sur le papier et ce, même s'ils ne sont pas forcément frappé par le sceau de l'originalité (ce qui, évidemment, n'est clairement pas un défaut en soi).
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| Copyright Lucky Lu Film LLC / KMBO |
Les lumières de New York, estampillé premier long-métrage du wannabe cinéaste américain Lloyd Lee Choi, fait décemment parti de cette ch'tite liste, chronique désespérée et authentique qui épouse avec une certaine justesse les codes des récits familiers sur le versant sombre et manipulateur de l'American Dream et de ses fausses promesses, pour voguer sur son propre groove mélancolique et humain dans sa peinture profondément honnête d'une Grosse Pomme qui dévore tout, même les âmes les plus méritantes.
Des âmes comme Lu (un exceptionnel Chang Chen), un livreur désespérément optimiste (son rêve d'ouvrir son propre restaurant s'est éteint sous le poids écrasant des dettes et d'une cruelle réalité) qui n'a de cesse de multiplier les efforts en slalomant aux quatre coins d'une Manhattan labyrinthique et tentaculaire, pour mériter son maigre salaire - et des pourboires qui le sont encore plus.
Un quotidien difficile et exténuant marqué par un but essentiel, celui d'accueillir dans les meilleures conditions possibles sa femme Si Yu et sa jeune fille, Yaya, qui débarquent de Chine et qu'il n'a pas vu depuis des années, dans l'espoir de reconstruire une existence à leurs côtés.
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Plongée immersive et sans concession au plus près d'une existence précaire mais digne dont la moindre petite étincelle de bonheur - retrouver les siens - est en passe de virer au cauchemar, bouffé aussi bien par le sacrifice vain d'une partie de sa vie (il a sacrifié une partie de son existence et de l'enfance de la chair de sa chair, pour être encore plus démuni de l'autre côté du globe), que la douloureuse récompense qui en a résulté (il n'a rien à offrir aux siens, pas même un toit décent, alors que leur présence - et l'insistance de sa fille a passer du temps avec lui - ne fait que paradoxalement alourdir le fardeau qu'il porte pour arranger les choses); Les lumières de New York se fait du beau et bon cinéma brut héritier de De Sica (et qui nous rappelle, sous certains points, au bon souvenir autant de L'histoire de Souleymane qu'aux premiers efforts de Sean Baker), bouleversant juste ce qu'il faut et conscient que la conscience sociale est un outil essentiel dans un monde où la déshumanisation des plus faibles et de leur calvaire, est monnaie courante.
Jonathan Chevrier







