[CRITIQUE/RESSORTIE] : City on Fire
Réalisateur : Ringo Lam
Actrice : Chow Yun-Fat, Danny Lee, Sun Yueh, Carrie Ng,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Policier, Action, Thriller.
Nationalité : Hongkongais.
Durée : 1h40min
Date de sortie : 13 février 1987
Date de ressortie : 7 janvier 2026
Synopsis :
À la suite d'un assassinat en plein quartier populaire de Hong Kong, l'inspecteur Lau charge un de ses meilleurs flics d'infiltrer un gang de dangereux malfaiteurs. Ko Chow devient ainsi une "taupe", suspecté par les braqueurs et poursuivi par la police qui ignore tout de sa véritable identité. Après un hold-up particulièrement sanglant, Chow se lie d'amitié avec son chef de bande, l'implacable mais loyal Lee Fu.
Quelques années avant d'incarner ce qui est, sans trop de doute possible, la meilleure chose qui a pu arriver à la carrière d'un Jean-Claude Van Damme alors emprisonné dans l'enfer de la coke (foutu boisson gazeuse...), lui offrant de deux ses plus prestations à ce jour (Replicant et sa déclinaison plus burné de sa partition dans Double Impact, mais surtout In Hell, pépite de drame carcéral rugueux et amer), Ringo Lam était avant tout et surtout un sacré faiseur de rêves au coeur d'un cinéma HK où son style résolument plus naturaliste et moins sophistiqué - mais néanmoins musclé -, un temps voué à habiller des comédies romantiques plus où moins conventionnelles, dénotait joliment des envolées lyriques d'un John Wooalors au sommet de ses capacités (même si son romantisme est tout aussi marqué), où même celles plus punks et barrées d'un Tsui Hark (deux artisans du chaos qui lui sont sensiblement supérieurs certes, mais là n'est pas la question).
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| Copyright Metropolitan Films |
Terreau d'inspiration affirmé (restons poli) pour Quentin Tarantino et son Reservoir Dogs, avec qui il partage - entre autres - sa violence crue et sanglante (mais sans découpage d'oreille gratuit), City on Fire, qui a gentiment entériné le statut de superstar - et d'incarnation du cool absolu - de Chow Yun-fat entre deux séances pétaradantes chez le papa de The Killer (et pour lequel il retrouve Danny Lee, dans une inversion totale de leurs rôles dans le plus beau chef-d'œuvre de Woo), incarne un petit délice de polar nerveux et mélancolique au montage frénétique, flanqué dans un Hong-Kong hivernal littéralement sans foi ni loi, où chaque fusillades impactent durement les corps de ses personnages comme les cauchemars de son auditoire - puisque douloureusement réelles.
Filmé caméra à l'épaule, Lam ne quitte jamais les basques de son flic héroïque, figure acculée, traquée et infiltrée au coeur d'un gang brutal qu'il se doit de démanteler (un personnage westernien en diable avec sa clope au bec et ses pantalons en velours côtelé, mais bouffé par un métier qui lui fait frôlé une mort qu'il commence à espérer pieusement, seule issue pour un repos qui lui est continuellement refusée), dite organisation criminelle où il trouve ironiquement plus de camaraderie, de soutien et d'honneur qu'auprès de ses propres collègues (notamment dans son amitié fraternelle au virage final angoissé et désespéré, avec l'impitoyable Fu), qui voit plus en sa mission (quasi)suicide un moyen de briller, plus que d'endiguer une criminalité violente et décomplexée.
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Polar néo noir tout en néons et en bromante touchante, rythmé au ras des rafales et sous le flow de notes jazzies merveilleusement langoureuses, City on fire et son chemin de croix brutal creuse dans le chaos d'une violence angoissée et cruelle, pour empoigner les maigres lueurs d'humanité d'une Hong-Kong hantée et hantante.
Un bijou dont la (re)découverte en salles est des plus essentielles.
Jonathan Chevrier



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