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[CRITIQUE] : La Dernière Valse


Réalisateur : Anselm Chan
Acteurs : Dayo Wong Chi-Wah, Michael Hui, Michelle Wai, Paul Chun,...
Budget : -
Distributeur : Trinity CineAsia
Genre : Drame.
Nationalité : Hongkongais.
Durée : 2h20min

Synopsis :
Après la pandémie, Dominique, wedding planner criblé de dettes, est contraint de reprendre une entreprise de pompes funèbres. Ses cérémonies funéraires, à la fois inventives et touchantes, rencontrent un succès inattendu. Mais il doit composer avec Maître Man, prêtre taoïste respecté et gardien farouche des traditions. Au fil des funérailles, Dominic apprend peu à peu le code d’éthique de Maître Man et découvre la véritable portée de chaque adieu.





Qu'on se le dise, il n'y a rien de plus frustrant (bien évidemment que si, mais ne casse pas tout de suite la dramaturgie de cette introduction) que de clôturer une année sur un mercredi des sorties, puisque cela implique obligatoirement pour les défenseurs obsessionnels des salles obscures que nous sommes, de débuter la suivante avec un nombre déjà déterminé - et souvent conséquent - de séances à rattraper, avant de devoir enchaîner avec les propositions traditionnelles à venir (et, pour ne rien gâcher à la fête, janvier s'annonce particulièrement coton, soyez prêts)

Cette année, heureusement, la liste n'est pas forcément très longue (en même temps, les distributeurs n'ont pas eu la mauvaise idée de surcharger nos multiplexes ces dernières semaines... tant mieux) et elle comporte une potentiellement pépite sur le papier : le nouveau long-métrage du cinéaste hongkongais Anselm Chan, La Dernière Valse (rien à voir avec le film concert de Martin Scorsese, c'est dit), petit morceau de comédie mélodramatique complexe et loufoque qui nous ramène aux belles heures (ironie) du COVID-19.

Copyright Emperor Motion Pictures/Alibaba Pictures/Trinity CineAsia

Fable humaine un poil grinçante et décalée n'ayant pourtant jamais peur de bifurquer vers la tragédie, la narration joue savamment sur la dynamique des contraires entre deux figures dissemblables (Dominic, un organisateur de mariages qui, conjoncture et endettement coton oblige, se reconvertit avec pragmatisme dans le business lucratif de la mort en devenant croque-mort; et Man, un prêtre taoïste rigide et autoritaire qui pratique les rites d'ouverture des portes de l'enfer, censés libérer les âmes des défunts), symboles de la sempiternelle opposition entre modernité et tradition (ici moins binaire et plus complémentaire qu'il n'y paraît, ouvrant un dialogue aussi difficile et maladroit qu'essentiel), pour explorer avec une certaine finesse les notions d’héritages et de transmission - pas toujours heureuse -, de co-existence (lié autour, notamment, de la nécessité de conserver des liens mémoriels et culturels) et de deuil.

Le tout en offrant une double immersion au plus près de la pensée taoïste et de ses rituels, mais aussi de la pratique rarement observée sur grand écran, de la thanatopraxie.
Un bel effort, pas toujours cohérent dans son écriture (l'évolution psychologique de Man en tête), mais définitivement prenant et rafraîchissant.
2026 débute bien donc - où 2025 se termine joliment, c'est selon.


Jonathan Chevrier