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[CRITIQUE] : Prince - Sign O’ The Times


Réalisateurs : Prince, Albert Magnoli et David Hogan
Avec : Prince, Sheila E., Sheena Easton,...
Distributeur : Pathé Live
Budget : -
Genre : Documentaire, Musical.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h25min

Synopsis :
Prince - Sign O’ The Times est largement reconnu pour avoir saisi Prince à son apogée créative — mêlant des séquences de concert électrisantes à une narration cinématographique, des visuels puissants et un son qui transcende les genres musicaux.
Aujourd’hui, grâce à la précision du son surround IMAX, à la configuration optimisée des salles de cinéma et à des images d’une clarté exceptionnelle, la performance virtuose de Prince promet d’envoûter les fans de toutes les générations dans le format le plus spectaculaire qui soit.

Prince - Sign O’ The Times rassemble certains des titres les plus emblématiques de l'artiste, parmi lesquels If I Was Your Girlfriend, l’hymne Sign O’ The Times ou encore U Got The Look, son duo culte avec Sheena Easton.
Le film met en lumière la musicalité inégalée de Prince, sa maîtrise de la scène et son style unique, soulignant l’empreinte intemporelle qu’il a laissée sur la musique et la culture populaire.





On aurait un peu tord de limiter l'héritage cinématographique de feu Prince, autant à son monument Purple Rain et à sa bande originale absolument fantastique (l'une des meilleures comédies musicales rock de l'histoire, aucun débat), qu'à ses quelques contributions d'estime (comme pour le Batman de Tim Burton), tant le talentueux chanteur a toujours noué une relation intime et, certes, pas toujours heureuse avec le septième art, pour preuve son décrié Under the Cherry Moon (dont la maladresse a sans doute été qu'il le réalise lui-même, comme la suite de Purple RainGraffiti Bridge, à la B.O. cela dit plus prenante), où même son film-concert définitivement moins éparpillé Prince - Sign O’ The Times, qui a les honneurs d'une ressortie en salles à la fois improbable - et en IMAX, pour ne rien gâcher - mais profondément grisante, quelques mois après celle tout aussi pimpante et essentielle du Stop Making Sense de Jonathan Demme, immersion totale et cathartique au cœur du concert de décembre 1983 au Pantages Theatre à Hollywood, des Talking Heads.

Film-concert chapeauté en trio par de Prince, Albert Magnoli (réalisateur de Purple Rain et pompier de service sur le génial Tango & Cash, on n'oublie pas) et David Hogan, conçu en grande partie parce que les ventes américaines de l'album éponyme (qui s'écoulait plus généreusement à l'international) était insatisfaisante pour le duo Warner Bros. Records/Paisley Park Records (un comble, sa version cinématographique sera elle aussi, un échec malgré des critiques élogieuses), Prince - Sign O’ The Times n'est pas uniquement la mise en images tout en chaleur et en couleurs vives d'un concert du chanteur (dont les sonorités, qui trouvent leur propre groove entre la funk et le rock, impriment durablement les écoutilles), mais une vraie proposition nourrit par de courts et pimentés interludes narratifs (dont l'insertion, vendue comme une séquence onirique, du clip de U Got the Look avec Sheena Easton), qui viennent bonifier l'investissement comme l'énergie électrisante (et excentrique, dans sa sexualité assumée comme dans ses excès de violence) du showman incroyable qu'était Prince sur scène - idem pour Sheila E., irrésistible à la batterie.

Un spectacle avec un grand S, qui vaut décemment son pesant de pop-corn, et pas uniquement pour les fans - dont nous - du bonhomme.


Jonathan Chevrier