Critiques

[CRITIQUE] : Get Out


Réalisateur : Jordan Peele
Acteurs : Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre : Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h44min.

Synopsis :
Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.



Critique :


Gageons qu'après avoir sensiblement foiré le virage des années 2010, à une ou deux exceptions près, le cinéma horrifique ricain a tout de même joliment rectifié le tir depuis deux ans.
Pas encore au summum de sa superbe, l'épouvante US a bien retrouvé un poil de sa grande splendeur après quelques années plus que moribonde, un retour en grâce qu'il faut imputer autant à Jason Blum - pas si manchot que ça dans ses productions -, qu'à quelques faiseurs de rêves bien inspirés (Fede Alvarez, David Robert Mitchell et Adam Wingard); mais aussi et surtout au génial James Wan, dont les habiles réalisations (Saw, Death Sentence, Insidious et Conjuring, Les Dossiers Warren en tête) l'ont doucement mais surement intronisé comme le digne successeur de John Carpenter et feu Wes Craven.


Nouvelle preuve de la toute-puissance du Blum dans la jungle Hollywoodienne, Get Out, premier long métrage du délirant Jordan Peele (Key & Peele, et qui fait ici un virage à 180°), est de loin le phénomène majeur de ce début d'année ciné outre-Atlantique (184,4M$ au B.O. mondial, pour 4,5M$ de budget), avec Split, autre prod Blumhouse signé par le (de nouveau) brillant M. Night Shyamalan.
Puissante satire sociale sous couvert d'un véritable moment de pétoche bien haletant, la péloche est sans doute ce qui est arrivé de mieux au cinéma de genre depuis It Follows.
Puisant son intelligence et sa maestria d'un pitch aux abords simpliste dignes d'une comédie familiale pointant gentiment du bout de la pellicule la mixité et le racisme ordinaire (un jeune homme s'apprête à rencontrer ses beaux-parents, qui ne le savent pas noir); Peele crée l'inconfort avec peu d'artifices (une ambiance étrange et des dialogues finement scriptés), et s'amuse avec les genres - et avec d'habiles twists également - pour mieux faire subtilement glisser sa péloche autant dans le thriller psychologique anxiogène, que le film d'horreur pur et dur.


Jouant pleinement avec les préjugés (il ne tape pas uniquement sur " l'homme blanc " bourgeois) et une actualité douloureusement réaliste (les principes de l'Amérique néo-colonialiste n'ont jamais paru aussi proches d'un comeback depuis l'élection de Trump) pour démontrer que le racisme est plus que profondément ancré dans les moeurs du pays de l'Oncle Sam - mais pas que -, Jordan Peele frappe constamment ou ça fait mal, et fait de son premier essai une oeuvre militante, un miroir probant et terrifiant de la société contemporaine et du racisme moderne, dont on ne peut ressortir pleinement indemne.
Prenant, féroce mais surtout méchamment culotté - et le mot est faible -, porté par un casting vedette impliqué et totalement voué à sa cause (Daniel Kaluuya est époustouflant tandis que Catherine Keener est juste formidable), Get Out est une vraie péloche horrifique (il respecte tous les codes du genre avec subtilité) jouissive (on rit, aussi inexplicable que cela puisse paraître) et angoissante.


Purement et simplement, un petit moment de cinéma merveilleux magnifié par un message coup de poing et cohérent de tout son long, qui nous rappelle les grandes heures du cinéma de genre engagé des 70's, poussant les spectateurs autant à réfléchir qu'à flipper sur ce que les salles obscures leur proposaient.
Jordan Peele en descendant direct de papy Romero, qui l'eût cru ?


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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