Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Taken : Rollo fait son entrée à la CIA


(Critique de l'épisode pilote)



En étant tout à fait honnête, et à une époque ou les séries B ne grappillent plus autant de billets vert au box-office que durant les glorieuses 80's, personne n'a réellement vu venir le succès public du génial Taken, petite claque violente, haletante et frontale, férocement jouissive pour les amateurs de cinéma burné que nous sommes.
Personne et encore moins tonton Luc Besson, qui s'est pourtant empressé de pondre une franchise indigeste aux scripts " à emporter ", singeant ni plus ni moins le même modèle chaotique de la saga Le Transporteur (sorry Jason...).

Après que la politique internationale ait laissé libre court à l'irlandais badass de se la jouer génocide sur toute la populace du crime organisé d'Albanie durant les deux premiers opus, Luc Besson avait changé de disque rayé pour le troisième opus, en offrant à Bryan Mills une ultime aventure sous forme de plagiat peu inspiré de la cultissime série Le Fugitif.



Pas forcément enclin - et on le comprend - à reprendre du service dans la peau d'un personnage qui en a pourtant fait le nouveau Charles Bronson du cinéma d'action contemporain, Liam Neeson a donc rendu les armes, obligeant (enfin, on se comprend) la franchise à se renouveller au plus vite pour capitaliser encore un peu, de son aura fédératrice.
Exit l'idée d'un reboot avec un nouveau casting, les aventures de Mills reviendront donc sous la forme d'un prequel à la télévision, chez une NBC qui était encore étrangère au bal des " remakes télévisés " qui a lourdement débuté à la rentrée 2016 (Training Day, Lethal Weapon, Frequency, L'Exorciste, The Shooter,...).
Porté par le génial Clive Standen (le Rollo de la merveilleuse Vikings), Taken la série, loin de l'origin story plus ou moins espéré, s'échine durant les quarante minutes qui composent son pilote assez mitigé, à nous démontrer par A + B que sa déclinaison sur le petit écran d'une oeuvre à la solidité discutable, ne sera pas là pour développer autant la mythologie du personnage, qu'étayer sa connexion avec la franchise mère.


N'utilisant que le concept de " Terminator humain " qui caractérisait les épopées vengeresses de Bryan Mills, en y accrochant une pointe d'émotion assez bateau (il perd sa soeur adorée dans les dix premières minutes), le pilote singe les films en dépeignant un héros liquidant à tout va du terroriste pas gentil gentil, histoire de se faire draguer par une CIA qui en fera le Superman qu'il est appelé à être; sauveur de la veuve et de l'orphelin chaque semaine.
Scénaristiquement limité - on s'en doutait un peu - et confus, bourré jusqu'à la gueule de dialogues foireux et d'une caractérisation des personnages restreinte, le show se devait donc de pleinement miser sur une action bandante à souhait, pour éviter de sombrer dans les limbes du mauvais gout et rejoindre les incidents de la saison 2016/2017 (MacGyver en tête).
Et, fort heureusement, s'il ne nous émoustille pas réellement dans ses séquences " banales ", Taken version NBC envoie méchamment du paté quand Mills décide de dessouder du vilain, avec des scènes d'action franchement enthousiasmantes et bien troussées, à la violence décomplexée rappelant le mordant du premier film.



Pas inventif ni original pour un sou (on va certainement se diriger vers un sous-Strike Back par la suite), porté par un casting vedette moins convainquant (Standen, aussi excellent soit-il, n'a ni le charisme, ni le talent de Neeson) mais finalement divertissante et pas plus indéfendable que Taken 2 et 3; la série incarne un thriller intéressant, qui devrait néanmoins très vite souffrir de son exécution trop network, qui risque de l'enfermer d'un carcan mi-procédurier, mi-revenge basique et sans fulgurance (l'arrivée prochaine de The Punisher sur Netflix, risque de lui faire beaucoup de mal).
Car, même si l'on a un petit attachement au personnage, changer le nom du héros et celui de la série, ferait rien de moins que de ce Taken, une série semblable à n'importe quelle autre série d'action rapidement oubliable.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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