Brimstone

[CRITIQUE] : Brimstone


Réalisateur : Martin Koolhoven
Acteurs : Dakota Fanning, Guy Pearce, Kit Harrington, Carice Van Houten,...
Distributeur : Les Bookmakers / Capricci / The Jokers Films
Budget : -
Genre : Western, Thriller, Drame.
Nationalité : Danois, Français, Allemand, Belge.
Durée : 2h25min.

Synopsis :
Dans l’Ouest américain, à la fin du XIX siècle.
Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille.
Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite.
Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance…



Critique :



Il ne suffit pas d'avoir le mot cool - ou presque - dans son nom de famille, pour être un cinéaste férocement hype - même si cela aide pas mal quand même.
Néerlandais au nom citant directement dans nos douces oreilles de cinéphiles, celui du " Hollandais Violent " Paulo Verhoeven, Martin Koolhoven n'en est pas à son premier coup d'essai sur grand écran et pourtant, c'est uniquement dès son onzième long-métrage, que le bonhomme est en passe de justement, se faire un nom... ou pas.



Tapant ni plus ni moins que dans le genre phare du septième art US - et cher au vénéré Sergio Leone -, le western pur et dur, tout en se payant comme vedette un talent plutôt coutumier de ce type de films, Guy Pearce (les chefs d'oeuvre Vorace et The Proposition); Brimstone - qui pique son titre d'un autre western signé Joseph Kane - a tout de l'oeuvre maline concocté par un cinéaste qui pense l'être, peut-être, un peu plus que les autres.
Et c'est surement le gros (seul ?) défaut dommageable du métrage, car sous couvert d'un brillant western crépusculaire et violent à souhait, sous fond de revenge movie féroce et brutal, Brimstone laisse un petit arrière gout amer tant il semble reprendre trait pour trait, les délicieuses courbes du cinéma de Quentin Tarantino, la maestria en moins.
Maître du processus de citation/réappropriation qu'il use avec une finesse rare, au sein d'un paysage ultra-référentiel, le papa de Pulp Fiction n'en est pas au premier émule près, en même temps.



Récit féministe entrelacé en plusieurs parties/chapitres, narrant une odyssée violente dans une Amérique post-Guerre de Sécession en pleine mutation, le tout sous couvert d'une réflexion acerbe sur la nature humaine et le pays de l'Oncle Sam, à la violence extrême et asphyxiante (à défaut d'être toujours totalement justifiée)... 
Koolhoven nous ressort la panoplie quasi complète du petit apprenti Tarantino avec une certaine assiduité, là ou il cite bien plus lourdement ses références (Impitoyable et La Nuit du Chasseur en tête).
N'est pas Q.T. qui veut, et le tout aurait très bien pu incarner un simple exercice de style façon citation stérile peu inspiré et indigeste, si le néerlandais n'avait pas un certain savoir-faire caméra au poing.
Excellent directeur d'acteurs tirant sa force autant d'un fabuleux casting (dont un Guy Pearce particulièrement époustouflant en révérend diabolique) et d'une mise en scène élégante, Koolhoven se joue habilement des codes du genre tout en remettant en question les certitudes religieuses, au sein d'un combat entre le bien et le mal sombre, exagéré et haletant (certaines, à la limite du supportable, hante les esprits bien au-delà du générique de fin).



Pas dénué de quelques longueurs, prenant et solide mais point marquant - dans sa généralité -, Brimstone impressionne tout en se complaisant un brin dans une révérence forcée à ses très (trop ?) glorieux ainés.
Reste que pour un western made in Europe, plus de deux ans après le mésestimé The Salvation, le film permet au vieux continent de tenir la dragée haute à son voisin d'outre-Atantique, qui continue d'en produire avec un joli rythme de croisière (Jane Got a Gun, Les 7 Mercenaires, In a Valley of Violence).
Et c'est une assez bonne nouvelle pour être noté.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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