Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Taboo : Tom Hardy vs The Old World


(Critique de l'épisode pilote)


Sept jours à peine après les premiers battements de cils d'une année 2017 dans laquelle on fonde énormément d'espoir, la BBC ne traine pas pour séduire les sériephiles que nous sommes en balançant sur ses ondes, ni plus ni moins que le show le plus attendu du moment : Taboo, porté par le vénéré Tom Hardy.
Exit les fresques historiques pimpantes et ronflantes qui sont coutumières de la chaine British (coucou Downtown Abbey) et bonjour la vision inquisitrice ou la violence, les bons mots et les inégalités sociales/raciales sont les rejetons légitimes d'un XIXeme jouissivement sordide ou l'humanité se forge autant dans l'opulence que dans la boue.

Autant drame d'époque inquisitrice que western urbain à forte tendance macabre, dénué de toute subtilité et n'ayant jamais peur du ridicule - ce qui en fait toute sa force -, le show scripté par le génial Steven Knight prend son temps pour tisser le canevas ambitieux d'une vengeance sombre et sourde d'un homme, James Delaney qui ne laissera pas la mort de son père impunie.
Véritable bête imprévisible n'ayant peur de rien ni de personne et se hissant solidement comme la corruption, James revient de l'Afrique tel un fantôme que l'on ne peut atteindre, un antihéros mauvais jusqu'à l'os - et pourtant plus défendable que la plupart des hommes qui l'entourent - mais qu'on ne peut s'empêcher d'adorer, tant il est la quintessence du style Hardy-esque.


Primitif, électrisant et charismatique à mort, entre Bronson et John Fitzgerald (The Revenant), le Tom, parfait pour le rôle, rend le personnage suffisamment mystérieux et fascinant pour faire de l'intrigue, plaisante mais simpliste revenge story aux grosses résonances politico-historique, un mélodrame noir et teinté de surnaturel sur un homme transformé autant par ses actes passés que ceux qu'il s'apprête à commettre, esthétiquement enivrante et au jeu d'acteur convaincant (la sublime Oona Chaplin et Jefferson Hall en tête).

" You send me 12 men, I will return you 12 sets of testicles... in a bag ! "


Morceau de télévision original, brillant et rageur, Taboo en impose dès son épisode pilote mené tambour battant, et ravira au plus haut point les amateurs de séries sombres et burnées, autant que les amoureux de Tom Hardy.

Le premier hit télé de 2017 est bien là.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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