Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Frequency : Enquêtes multi-temporelle en famille


(Critique de l'épisode pilote)

Plus encore que pour les saisons précédentes, pour les allergiques aux remakes de péloches/séries cultes que nous sommes, la rentrée 2016 fut particulièrement éprouvante, entre les remakes de Lethal Weapon (passable), The Exorcist (enthousiasmant), MacGyver (ouch) ou encore prochainement, celui de Training Day.
Petite série B hautement fréquentable ayant gentiment gagné ses galons de culte lors de sa sortie dans les bacs à DVD, Fréquence Interdite signé Gregory Hoblit, portée par le génial duo Dennis Quaid et Jim Caviezel (définitivement trop rares), aura donc elle aussi les honneurs d'une adaptation sur le petit écran, hébergée par la CW et cornaquée par le talentueux Jeremy Carver, showrunner durant plusieurs saisons sur l'excellente Supernatural.



Surfant sur le phénomène à la mode du voyage dans le temps (Time after Time et Timeless sont elles aussi des nouveautés jouant sur la même thématique cette année), tout en reprenant dans les grandes largeurs le pitch de l'oeuvre original (exit la relation père/fil, bonjour la relation père/fille, avec un paternel non plus pompier mais policier également), Frequency suit donc l'histoire de Raimy Sullivan, jolie détective qui découvre un soir dans son garage, un vieux transmetteur radio qui lui permettra de communiquer avec son défunt père, vingt ans dans le passé.
En empêchant la mort de celui-ci, Raimy change littéralement son existence tout en gardant les souvenirs de sa double vie.
Mais en tentant de résoudre une affaire vieille de plusieurs décennies, les deux détectives ne se doutent pas un seul instant des conséquences que cela pourrait avoir sur le présent, et le cours de leur existence...

Intelligemment rythmé et construit (la mise en place des enjeux et la présentation des personnages est bien orchestrées), joliment divertissant et riche en émotion - comme le film - tout en assumant pleinement ses parts d'ombres (on est plus proche de The 100 et Supernatural que les autres divertissements populaires de la chaine), porté par une écriture aussi solide (le propos SF avec les questions/conséquences des modifications du passé sont bien amenées, les deux temporalités sont traitées avec la même importance) qu'infiniment riche dans sa description des personnages, rendant les deux personnages principaux (Peyton List et Riley Smith, à l'alchimie convaincante) immédiatement empathique; ce premier épisode happe sincèrement son spectateur pour ne plus le lâcher et le rendre complètement addictif aux aventures des Sullivan, dont la transposition sur le grand écran n'a rien perdu de son aspect prenant.



Transposé avec soin, habile dans sa gestion de l'émotion (après Supernatural, le showrunner trouve un nouveau terreau fertile pour développer un tandem familial touchant) tout autant que dans sa gestion des rebondissements, presque vintage dans sa facture très série B; Frequency démarre donc de la plus belle des manières même si tout reste à faire tant on se demande bien si le show de Carver arrivera à tenir la distance sur tout le reste de sa (pour le moment) première saison.
Si sur le papier, le show ne nous emballait pas des masses, après vision, on croit désormais sincèrement en lui.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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